Le chef du village de Ligoua traqué par les mercenaires russes après avoir réclamé ses panneaux solaires et des batteries volés

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Le chef du village de Ligoua traqué par les mercenaires russes après avoir réclamé ses panneaux solaires et des batteries volés

 

Le chef du village de Ligoua traqué par les mercenaires russes après avoir réclamé ses panneaux solaires et des batteries volésL’analyse du politologue Fari Tahéruka Shabazz  sur  les conditions de l’effondrement des Wagner à l’Est de Centrafrique
Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou

 

Rédigé le 03 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Dans l’extrême sud-est de la République centrafricaine, un chef de village est aujourd’hui en fuite, recherché par des mercenaires russes du groupe Wagner pour avoir simplement osé dénoncer publiquement le pillage de sa communauté par des criminels de Touadéra et de Poutine.

 

Pour comprendre cette histoire, il faut bien situer cette localité martyrs du Haut-Mbomou. En effet, le village de Ligoua se trouve à 25 kilomètres de Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, sur l’axe menant à Bambouti. En partant de Obo vers Bambouti, on parcourt 125 kilomètres au total : à 25 kilomètres, on arrive à Ligoua, et 100 kilomètres plus loin se trouve Bambouti, elle-même à 5 kilomètres seulement de la frontière avec le Soudan du Sud.

 

Depuis près d’un an, toute cette région du sud-est vit au rythme d’une crise profonde, nourrie par des tensions entre miliciens Azandé, mercenaires russes et soldats FACA. Des prises d’otages, des exactions et des fuites massives de population ont meurtri le quotidien des habitants du Haut-Mbomou, au point que la plateforme religieuse centrafricaine, réunissant catholiques, protestants et musulmans, a décidé de se rendre sur place pour tenter de rétablir un semblant de paix.

 

C’est ainsi que des évêques, pasteurs et imams ont fait le déplacement jusqu’à Obo pour y tenir une réunion avec le préfet, les autorités militaires et les représentants de la MINUSCA. C’est lors de cette rencontre que le chef du village de Ligoua a pris la parole. Il a raconté comment les mercenaires russes et les soldats FACA avaient débarqué dans son village, semant la panique jusqu’à pousser la majeure partie de ses habitants à fuir vers la République démocratique du Congo.

 

À l’issue de cette réunion, la MINUSCA a proposé d’organiser une mission sur le terrain, en passant d’abord par Ligoua avant de rejoindre Bambouti. Le samedi 21 février, la délégation composée de la MINUSCA, du préfet et de membres de la plateforme religieuse est arrivée au village. Les habitants restés sur place ont alors décrit ce qu’ils avaient vécu : les mercenaires russes étaient venus avec les soldats FACA, avaient semé la terreur, et la majorité de la population avait pris la fuite. Ceux qui étaient encore là ont prévenu : si les Wagner revenaient, ils partiraient tous sans exception.

 

Les villageois ont aussi expliqué qu’au moment de leur départ, les mercenaires avaient emporté des panneaux solaires, des torches, des batteries et d’autres équipements fournis par des organisations humanitaires. Le préfet, visiblement pris de court, a dit à la population présente qu’il n’est pas informé de cette affaire de vol. Il s’est tourné alors vers le chef du détachement militaire FACA présent à ses côtés pour lui demander d’expliquer à la population les raisons qui ont poussé les FACA et les russes à emporter ces panneaux solaires. Mais le chef des FACA, de son côté, a prétendu ne rien savoir de cette affaire, une réponse qui a aussitôt irrité le préfet : comment pouvait-il ignorer ce que ses propres hommes, envoyés avec les Russes, avaient fait ? Il lui a été demandé d’aller vérifier et de revenir avec des réponses.

 

La délégation est rentrée à Obo sans suite immédiate. Mais une semaine plus tard, dans la nuit du samedi 28 février 2026, des mercenaires russes accompagnés de soldats FACA se sont présentés au domicile du chef de village, dans le site des déplacés de Ligoua installé non loin de l’église catholique d’Obo. Ils ont frappé, fouillé, interrogé. Le chef n’était pas là.

 

Depuis cette nuit-là, l’homme est introuvable. Ce que le chef du détachement militaire est allé raconter aux mercenaires russes après la réunion reste inconnu, mais le résultat, lui, est clair : un homme qui a parlé devant les autorités pour réclamer la restitution de panneaux solaires et de batteries est aujourd’hui pourchassé dans sa propre ville.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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