Zémio : Le transfert des deux suspects azandés à Bangui gelé après une manifestation populaire

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Zémio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, au sud – est de la République centrafricaine, le transfert vers Bangui de deux miliciens azandés, soupçonnés d’avoir participé au meurtre sauvage de deux jeunes Peuls le 15 mars dernier, a été suspendu. Cette interruption fait suite à une mobilisation massive des jeunes de la ville, qui ont bloqué le processus, exigeant que les suspects soient jugés localement. Les deux individus restent pour l’instant détenus à la gendarmerie de Zémio.
Il y’a lieu de rappeler que le drame s’est produit le 15 mars 2025, à 8 kilomètres de Zémio. Deux frères peuls, âgés de 20 et 22 ans, avaient quitté leur campement dans la brousse à 6 heures du matin pour se rendre en ville et s’inscrire sur la liste électorale. Arrivés à Zémio vers 9 heures, ils ont accompli leur démarche avant de repartir aux alentours de 14 heures. Sur le chemin du retour, ils ont été suivis discrètement par des miliciens azandés. À 8 kilomètres de la ville, les assaillants les ont interceptés et sauvagement égorgés.
Les rumeurs de cette atrocité ont rapidement circulé dans Zémio, atteignant la communauté musulmane. Des jeunes de ladite communauté se sont rendus sur les lieux et ont découvert les corps sans vie des deux frères. De retour en ville, ils ont alerté l’imam de la mosquée centrale. Ce dernier, évitant le sous-préfet Romaric Sangou Zirani en raison de ses accointances avec les miliciens azandés, a sollicité l’intervention des Mercenaires russes du groupe Wagner, présents à Zémio. Accompagnés de gendarmes, de policiers et des jeunes de la communauté, les Russes se sont rendus sur le lieu du crime, où ils ont filmé la scène et récupéré les dépouilles. Les deux victimes ont été ramenées à Zémio et inhumées le même jour, dimanche 16 mars 2025.
Les mercenaires russes ont ensuite tendu un piège qui a permis l’arrestation de deux miliciens azandés, soupçonnés d’avoir participé à cette exécution parmi un groupe plus large d’assaillants, dont plusieurs ont pris la fuite. Les deux captifs ont été placés en garde à vue à la gendarmerie.
Le transfert bloqué par la population
Les mercenaires russes avaient planifié le transfert des suspects, d’abord vers Obo, puis à Bangui, pour une enquête approfondie. Toutefois, ce projet a été stoppé par une manifestation d’ampleur, alors que quelques jours plus tôt, madame le maire de Zémio aurait tenu une réunion à son domicile avec les jeunes de la ville, les encourageant à refuser que « leurs frères » soient envoyés dans une prison à Bangui et à exiger un jugement sur place.
Au moment où le transfert devait se concrétiser, les jeunes azandés sont sortis en masse, bloquant toute tentative de déplacement des suspects. Face à cette pression populaire, les Wagner ont gelé l’opération. Les deux miliciens demeurent donc incarcérés à la gendarmerie de Zémio, dans un climat de tension croissante dans la ville.
Une ville au bord du chaos
Cet épisode s’ajoute à une série de violences ethniques qui fragilisent Zémio, où Peuls, Azandés et autres communautés coexistaient autrefois dans une relative harmonie. La suspension du transfert, bien que répondant aux revendications d’une partie de la population, risque d’attiser les ressentiments et de compliquer davantage la quête de justice dans une région isolée et instable….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
