Zémio : le boucher Irogodja, arrêté parmi les 10 suspects dans le camp des déplacé de l’église catholique,  disparu durant son transfert vers Bangui par Wagner

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Zémio : le boucher Irogodja, arrêté parmi les 10 suspects dans le camp des déplacé de l’église catholique,  disparu durant son transfert vers Bangui par Wagner

 

Zémio : le boucher Irogodja, arrêté parmi les 10 suspects dans le camp des déplacé de l’église catholique,  disparu durant son transfert vers Bangui par Wagner
Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA

Rédigé le 08 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Embarqué avec neuf autres jeunes dans un hélicoptère des Wagner lundi, le boucher Irogodja n’a jamais atteint Bangui. Sa disparition demeure inexpliquée à ce jour.

 

Les attaques contre les positions russes et des soldats FACA à Bambouti et Zémio ont débuté le 1er janvier et se sont poursuivies jusqu’au 4 janvier. Ces offensives menées par les miliciens Azandés ont semé la panique dans les rangs des mercenaires du groupe Wagner qui ont rapidement cherché des boucs émissaires parmi la population.

 

Dès le lendemain des affrontements, Wagner, appuyé des éléments centrafricains de forces de défense et de sécurité intérieure  a investi le camp de déplacés installé près de l’église catholique de Zemio. Les mercenaires russes ont ratissé le site méthodiquement, fouillant les abris et interrogeant les occupants sans ménagement. Plus d’une dizaine de personnes ont été extraites du camp ce jour-là.

 

L’opération ne s’est pas limitée aux arrestations. Les forces gouvernementales ont confisqué tous les téléphones portables un par un qu’ils trouvaient, vidant les poches des déplacés. L’argent liquide que possédaient ces familles déjà démunies a également été saisi  par ces criminels.

 

Parmi les personnes raflées sur le camp des déplacés figurait Irogodja, un homme dans la trentaine qui gagnait sa vie comme boucher au marché central de Zemio.

 

Ce métier de boucher constituait toute son existence. Il n’avait jamais porté d’arme ni fréquenté les groupes armés qui sillonnaient la région. Sa journée se résumait à son commerce, aux conversations avec la clientèle et au retour chez lui le soir venu.

 

Pourtant, lorsque Wagner a débarqué au camp, son activité professionnelle ne lui a servi d’aucune protection. Les mercenaires l’ont désigné comme suspect au même titre que les autres jeunes présents sur place. Aucun interrogatoire approfondi n’a précédé son arrestation.

 

Tous les détenus ont subi le même traitement. Leurs têtes ont d’abord été recouvertes de sacs plastiques qui les plongeaient dans l’obscurité totale. Puis les mercenaires les ont menotté les mains un par un.

 

Le lendemain de ces arrestations, un hélicoptère Wagner s’est posé à Zémio. L’appareil avait initialement pour mission d’évacuer les combattants russes blessés lors des accrochages avec les miliciens Azandés. Mais l’équipage avait reçu l’ordre d’embarquer également les détenus civils pour les transférer à Bangui.

 

Les dix jeunes ont été poussés à l’intérieur de l’appareil, toujours cagoulés et encapuchonnés de plastique. Leurs mains étaient attachées dans le dos, les empêchant de retirer ce qui les étouffait. L’hélicoptère a décollé en direction de la capitale avec cette cargaison humaine entassée à bord.

 

Le vol entre Zémio et Bangui dure plusieurs heures selon les conditions météorologiques et les escales éventuelles. Durant ce trajet, quelque chose s’est produit concernant Irogodja. Ce qui exactement reste un mystère que personne ne peut élucider pour l’instant.

 

À l’atterrissage dans la capitale, les forces chargées de récupérer les prisonniers ont procédé au comptage. Neuf hommes sont descendus de l’appareil. Le dixième, le boucher de Zémio, manquait à l’appel sans que l’équipage ne fournisse d’explication immédiate.

 

Les proches d’Irogodja ont appris son arrestation par d’autres déplacés témoins de la rafle au camp. Ils ont ensuite reçu la confirmation que neuf personnes avaient été incarcérées à Bangui. Mais le nom d’Irogodja ne figurait pas sur la liste des détenus arrivés dans la capitale.

 

Cette absence a immédiatement alimenté les pires craintes. Dans d’autres régions du pays, des témoignages ont fait état de prisonniers jetés d’hélicoptères en plein vol par les mercenaires russes. Ces récits circulent depuis des mois parmi les populations qui vivent sous le contrôle de Wagner.

 

Une chute depuis un appareil volant à plusieurs centaines de mètres d’altitude ne laisse aucune chance de survie. Le corps s’écrase au sol avec une violence qui ne permet aucun secours. Si Irogodja a subi ce sort, son cadavre gît quelque part entre Zémio et Bangui, peut-être dans une zone forestière difficile d’accès.

 

La famille du boucher tente discrètement d’obtenir des informations auprès de quiconque pourrait savoir. Mais Wagner ne rend de comptes à personne concernant ses opérations. Les mercenaires russes jouissent d’une impunité totale qui leur permet d’agir selon leur bon vouloir.

 

Les neuf autres jeunes croupissent actuellement dans une cellule de la capitale. Ils ont peut-être assisté à ce qui est arrivé à Irogodja durant le vol. Leurs témoignages pourraient éclaircir le mystère de sa disparition s’ils parvenaient à communiquer avec l’extérieur.

 

Mais les conditions de leur détention rendent cela pratiquement impossible. Wagner contrôle leur environnement carcéral et filtre rigoureusement tous les contacts. Les familles n’ont aucun accès à ces prisonniers dont le sort juridique reste suspendu au bon vouloir des mercenaires.

 

Les accusations retenues contre eux n’ont jamais été formellement établies. Wagner les soupçonne d’avoir aidé les miliciens Azandés lors des attaques de début janvier. Ces soupçons reposent uniquement sur leur présence dans le camp de déplacés et sur des dénonciations invérifiables.

 

Irogodja vendait de la viande. Un autre était menuisier. Un troisième cultivait un petit lopin de terre. Aucun d’eux n’avait jamais manipulé d’armement militaire ni participé à des formations de combattants. Leur quotidien se déroulait loin des préoccupations stratégiques des groupes armés.

 

Mais dans la logique qui prévaut à Zémio depuis l’arrivée de Wagner, appartenir à l’ethnie Azandé suffit à éveiller les soupçons. Les mercenaires russes considèrent chaque membre de cette communauté comme un informateur potentiel des miliciens qui les harcèlent.

 

Cette approche collective de la culpabilité frappe sans distinction les civils qui n’ont d’autre tort que leur origine ethnique. Le camp de déplacés où Irogodja a été arrêté abritait justement des familles Azandées qui fuyaient les combats et cherchaient refuge auprès de l’église.

 

Les jours passent et l’angoisse grandit chez les proches du boucher. Ils savent qu’un corps abandonné en brousse ne sera probablement jamais retrouvé. Les animaux sauvages et les éléments naturels effacent rapidement toute trace dans ces vastes étendues peu fréquentées.

 

Les neuf détenus à Bangui attendent de connaître leur avenir. Personne ne sait combien de temps durera leur incarcération ni devant quelle juridiction ils comparaîtront éventuellement. Wagner impose sa propre justice expéditive qui se moque des procédures légales normales​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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