Comment les exploitants miniers chinois ont transformé la corruption en salaire mensuel en RCA

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Comment les exploitants miniers chinois ont transformé la corruption en salaire mensuel en RCA

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Le chinois capturé par les rebelles dans une embuscade près de Koundé le 31 octobre 2024 et libéré le 01 novembre 2024. CopyrightCNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les entreprises chinoises d’exploitation aurifère ont trouvé leur parfaite formule de corruption en Centrafrique. Plutôt que de construire des écoles ou des routes conformément à leurs cahiers de charges, elles préfèrent distribuer des billets. Du simple chef de quartier jusqu’aux hauts responsables, personne n’échappe à cette rente mensuelle qui achète leur complaisance et leur silence.

 

Difficile de savoir si cette procédure mafieuse figure quelque part dans un document officiel du pays, ou c’est Touadera qui l’a instauré en tant que expert en corruption. Les cahiers des  charges de ces sociétés minières restent inaccessibles au public. Le ministre des Mines devrait pourtant les rendre disponibles pour chaque citoyen. Ces textes contiennent normalement des clauses précises sur les infrastructures à bâtir, les routes à aménager, les établissements scolaires à ériger. Ils imposent également le respect de normes environnementales strictes et prévoient des actions au bénéfice des populations riveraines.

 

Sur le terrain, rien de tout cela n’existe pourtant. Les patrons chinois ont opté pour une stratégie plus directe et visiblement plus efficace. Ils versent de l’argent, point final. Chaque dernier jour du mois, c’est la même chorégraphie : chefs de quartier, chefs des villages, maires, adjoint au maire, responsables communautaires, sous-préfets se présentent aux bureaux des compagnies. Ils repartent avec leur enveloppe. Un système bien connu de la mafia centrafricaine qui fonctionne sans tâche.

 

La nature exacte de ces transactions demeure ambiguë. Comment les qualifier ? Personne n’ose prononcer le mot qui fâche, mais l’évidence saute aux yeux. Ces versements n’apparaissent dans aucun budget public, ne financent aucun projet collectif, ne répondent à aucune obligation contractuelle connue. Ils servent uniquement à garantir la tranquillité des opérations minières.

 

Les bénéficiaires de cette manne ferment les yeux sur tout. La forêt disparaît ? Pas grave. L’environnement se dégrade ? Aucune importance. Les cours d’eau sont pollués ? On regarde ailleurs. L’argent qui tombe chaque mois semble effacer toute velléité de contrôle ou d’exigence. Les autorités censées faire respecter la réglementation sont devenues les premières employées du système qu’elles devraient surveiller.

 

Pendant ce temps, la population locale ne voit rien venir. Aucune école ne sort de terre. Aucune route n’est réhabilitée. Aucun dispensaire n’ouvre ses portes. Les infrastructures promises dans les discours officiels lors de l’installation de ces entreprises restent des mirages. L’argent circule, mais uniquement dans un sens : des coffres chinois vers les poches des intermédiaires et des décideurs.

 

Ce réseau de distribution grimpe probablement bien au-delà des échelons sous-préfectoraux. Les sommes versées laissent imaginer une chaîne qui remonte jusqu’aux plus hautes instances. Le ministre du secteur touche-t-il sa part ? Le président de la commission environnement à l’Assemblée nationale fait-il partie du circuit ? Le président de l’Assemblée lui-même bénéficie-t-il du dispositif ? Et pourquoi pas le chef de l’État ? Impossible d’obtenir la moindre confirmation, mais la logique du système et son efficacité redoutable explique une complicité à tous les niveaux.

 

Les compagnies chinoises se comportent comme si elles opéraient en territoire conquis, affranchi de toute contrainte légale. Le Code du travail centrafricain ? Inexistant pour elles. Les jours de scrutin ou de référendum, leurs employés doivent se présenter au travail. Les fêtes nationales ne justifient aucun repos. Les lois sociales du pays semblent ne pas s’appliquer dans leur périmètre d’activité. Elles ont créé leur propre zone de non-droit, achetée à prix d’or auprès de ceux qui devraient garantir le respect des règles.

 

Certains responsables chinois vont encore plus loin dans l’impunité. Ils circulent armés de Kalachnikov en plein jour. Ils exhibent leurs armes, menacent qui bon leur semble. Interrogés, ils brandissent des permis de port d’armes. Des autorisations officielles pour se balader avec des fusils d’assaut dans des zones civiles. Qui délivre ces documents ? À quel prix ? Ces questions restent sans réponse. Mais ces permis ressemblent davantage à des licences d’intimidation qu’à de simples autorisations administratives.

 

La question centrale demeure entière : ces entreprises contribuent-elles au développement de la Centrafrique, ou ont-elles simplement acheté le droit d’extraire l’or sans rendre de comptes ? Les enveloppes mensuelles remplacent-elles les cahiers des charges ? L’argent distribué dispense-t-il de toute responsabilité sociale et environnementale ? Visiblement oui. Les autorités centrafricaines, du plus modeste agent local jusqu’aux sommets de l’appareil d’État, ont accepté cet échange. Leur silence et leur inaction ont un prix, payé rubis sur l’ongle chaque trentième jour du mois​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim

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