
L’occupation des établissements scolaires par les mercenaires russes du groupe Wagner ne concerne pas uniquement Boromata. Les informations recueillies par la rédaction du CNC font désormais état de la même situation à Zinzir et à Oulu , deux autres localités de la préfecture de la Vakaga. Dans ces trois villages, les mercenaires russes ont pris possession des écoles et empêchent les enfants de suivre normalement leurs cours. Un inspecteur local de l’éducation, venu demander la libération des bâtiments, s’est vu proposer la construction d’un hangar pour accueillir les élèves. Parallèlement, des habitants sont contraints d’effectuer des travaux pour les mercenaires, tandis que des commerçants se font retirer leurs marchandises sans paiement.
Trois villages, trois écoles occupées par les mercenaires russes
Les nouvelles informations recueillies dans la région confirment que l’occupation des établissements scolaires s’étend au-delà du village de Boromata.

À Zinzir et à Oulu, les mercenaires russes du groupe Wagner ont également installé leurs hommes dans les écoles. Les salles destinées à l’enseignement servent désormais aux besoins de ces éléments de la milice russe hautement criminelle.
Ces deux localités viennent ainsi s’ajouter à Boromata, où les élèves sont privés de cours depuis une semaine. Les responsables communautaires avaient déjà tenté d’obtenir la restitution de leur établissement, sans succès.
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Pour le moment, les constatations portent sur ces trois villages. Elles ne permettent pas encore de déterminer combien d’autres établissements scolaires sont occupés dans cette partie de la Vakaga.
Le même problème se répète pourtant d’une localité à l’autre. Les mercenaires s’installent dans les bâtiments scolaires, tandis que les enfants perdent l’accès à leurs salles de classe.
L’inspecteur de l’éducation intervient, les mercenaires refusent de quitter les écoles
Face à cette situation, un inspecteur local de l’éducation a entrepris une démarche auprès des mercenaires russes du groupe Wagner.
Son intervention visait à obtenir la libération des établissements afin de permettre la reprise des activités scolaires.
Mais les mercenaires ont maintenu leur position. Ils ont refusé de restituer les bâtiments et ont proposé une solution qui reporte entièrement la responsabilité de l’enseignement sur les familles.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, ils ont expliqué à l’inspecteur que les parents d’élèves pouvaient construire un hangar pour accueillir leurs enfants.
Autrement dit, les familles devraient elles-mêmes trouver un terrain, réunir les matériaux et construire un abri provisoire pour permettre aux enseignants de dispenser les cours.
Les mercenaires russes conserveraient ainsi les salles de classe, tandis que les élèves seraient contraints d’étudier dans des installations improvisées.
Cette réponse confirme le refus déjà opposé aux autorités communautaires de Boromata. Lors de leur première démarche, les responsables du village s’étaient entendu dire que les enfants pouvaient étudier sous un manguier, avec quelques tabourets et un contreplaqué fixé contre un arbre.
Cette fois, c’est à un responsable de l’administration scolaire que les mercenaires russes du groupe Wagner ont proposé de faire construire un hangar.
Malgré l’intervention de l’inspecteur, aucune restitution des établissements n’a été obtenue.
En même temps, des villageois contraints d’effectuer des corvées
L’occupation des écoles n’est pas le seul problème signalé dans ces localités.
Les informations recueillies par la rédaction du CNC font également état de travaux imposés aux habitants par les mercenaires russes du groupe Wagner.
Des villageois sont réquisitionnés pour effectuer des corvées au profit des mercenaires de Touadéra. Ces travaux leur sont imposés sans qu’ils puissent librement refuser.
Cette pratique rappelle celles déjà rapportées dans d’autres localités centrafricaines où les mercenaires russes du groupe Wagner sont présents.
Les habitants se retrouvent ainsi confrontés à plusieurs contraintes. Ils voient leurs établissements scolaires occupés, leurs enfants privés d’enseignement et certains membres de leurs communautés obligés de travailler pour les hommes armés.
Les informations disponibles ne permettent pas encore de préciser le nombre de personnes concernées par ces corvées ni la durée des travaux exigés.
Au marché, les mercenaires prennent des marchandises sans payer et exigent aux vendeurs d’aller voir Touadéra
Les commerçants subissent également les agissements des mercenaires russes du groupe Wagner.
Dans les marchés de ces localités, des éléments armés prennent des marchandises sans les payer. Ils choisissent les produits qui les intéressent et les emportent malgré les demandes de paiement formulées par les vendeurs.
Lorsqu’un commerçant réclame son argent, les mercenaires lui répondent d’aller le demander à Touadéra.
Cette formule, déjà rapportée lors de précédents incidents impliquant des mercenaires russes du groupe Wagner dans d’autres régions du pays, réapparaît dans les villages de la Vakaga.
Les commerçants perdent ainsi une partie de leurs marchandises sans recevoir la moindre compensation.
Pour ces petits vendeurs, dont les revenus dépendent directement des produits écoulés au marché, ces prélèvements forcés constituent une perte financière immédiate.
Les habitants doivent désormais composer avec des hommes armés qui occupent leurs écoles, imposent des travaux et prennent des marchandises sans paiement.
Boromata, Zenzir et Youlou : une occupation qui dépasse les établissements scolaires
Ces nouveaux faits interviennent après le déploiement des mercenaires russes du groupe Wagner dans le nord-est de la République centrafricaine.
À Zinzir et Oulu, les mercenaires russes installent leurs hommes dans les salles de classe tandis que les marchés sont le théâtre de pillages systématiques par les miliciens.
Partis notamment de Birao, les mercenaires, accompagnés de rebelles tchadiens et de leurs supplétifs russes noirs, ont progressé vers la zone de Sarayebo, à proximité de la frontière tchadienne.
Ils ont ensuite établi des positions dans le secteur, notamment à Sarayebo et à Boromata.
Les constatations effectuées à Zenzir et à Youlou montrent désormais que les conséquences de leur présence touchent plusieurs communautés villageoises.
Les écoles, qui devraient accueillir les élèves, sont utilisées par les hommes armés. Les marchés, qui constituent des lieux essentiels pour les échanges commerciaux, sont également concernés par les prélèvements forcés.
Cette situation rappelle les occupations d’établissements scolaires déjà signalées à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto, où des mercenaires russes du groupe Wagner et d’anciens rebelles ont utilisé des écoles pendant plusieurs mois.
À Boromata, Zenzir et Youlou, les mêmes pratiques sont aujourd’hui rapportées.
Où sont les autorités chargées de protéger les écoles et les populations ?
L’intervention de l’inspecteur local de l’éducation pose désormais la question de la réaction des autorités nationales.
Un responsable scolaire s’est déplacé pour demander la restitution des établissements. Les mercenaires russes du groupe Wagner lui ont répondu que les parents pouvaient construire un hangar.
Que compte faire le ministère de l’Éducation nationale après ce refus ? Le gouvernement de Félix Moloua a-t-il été informé de l’occupation de ces trois établissements ? Quelles dispositions seront prises pour permettre aux enfants de reprendre leurs cours ?
Ces questions concernent également les ministres originaires de la Vakaga, notamment le ministre d’État chargé de la Justice et le ministre des Transports.
Ces responsables ont eux-mêmes bénéficié d’une scolarité qui leur a permis de poursuivre leurs études et d’accéder aux fonctions qu’ils exercent aujourd’hui. Que répondent-ils aux familles de Boromata, de Zenzir et de Youlou, dont les enfants sont privés de leurs salles de classe ?
Le président Faustin-Archange Touadéra, professeur d’université de formation, est également concerné par cette question. Comment son gouvernement entend-il garantir le droit à l’éducation lorsque des mercenaires russes du groupe Wagner refusent de restituer des établissements scolaires ?
Les autorités doivent aussi répondre aux informations concernant les corvées imposées aux villageois et les marchandises prises sans paiement dans les marchés.
À ce stade, les trois villages de Boromata, Zenzir et Youlou sont les localités concernées par les nouvelles constatations recueillies par la rédaction du CNC. Les écoles restent occupées, les demandes de restitution n’ont pas abouti et les familles attendent toujours de pouvoir renvoyer leurs enfants en classe.
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