Voilà la vérité : 500 mètres de route en deux mois à Bangui . Le rythme pathétique des travaux du pouvoir

Rédigé le 29 mai 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Bangui, la réalité des travaux routiers est un scandale à ciel ouvert. Un scandale qui se mesure en mètres, en mois, et surtout en souffrances quotidiennes pour les habitants. 500 mètres. C’est la distance dérisoire qu’il a fallu deux mois entiers pour « réparer » sur l’axe menant au PK-12, selon les propos accablants de Raymond Adouma, figure de l’opposition lors du débat Patara sur la radio Ndékè-luka. Deux mois d’embouteillages monstres, deux mois de paralysie, deux mois de promesses traînées dans la boue. Deux mois pour 500 mètres. Voici, en chiffres, la mesure exacte de l’échec du pouvoir.
Raymond Adouma ne mâche pas ses mots : « Ça, vous le savez, même déjà à Bangui, ça se voit. » Et en effet, comment ne pas le voir ? Comment ne pas constater l’absurdité d’un État qui met soixante jours pour avancer d’un demi-kilomètre, comme s’il s’agissait d’un chantier pharaonique et non d’une portion de route dans une capitale ? « On n’a pas vraiment construit un bon agenda pour réparer nos routes, » dénonce-t-il. Pire : « On attend que certaines routes soient terminées, mais en réalité, il n’y a pas de vision. »
Les déclarations creuses, les annonces tonitruantes, les promesses en l’air : les Centrafricains en ont assez. « Nous sommes fatigués d’entendre ce genre de choses, des déclarations qui ne sont pas suivies des faits, » assène Adouma. Dix ans de pouvoir, et qu’ont-ils à montrer ? « En 10 ans, on fait des progrès sensibles, perceptibles, » ironise-t-il, avant de marteler : « Mais dans ce domaine, il n’y a pas de progrès. » La route, symbole du développement le plus basique, est devenue le symbole d’un État incapable, lent, et indifférent.
Face à ces accusations, le pouvoir tente de se défendre, ou plutôt de noyer le poisson. Dimele Nakwe, représentant du régime, sort une comparaison hasardeuse : « À votre époque, c’était pas fait. À notre époque, je quittais Bangui à 14 heures, j’arrivais le lendemain à Bangassou à 5 heures du matin. » Bel exploit, en effet. Sauf que personne ne parle de Bangassou. Personne ne parle de trajets interurbains. On parle de 500 mètres. 500 mètres en deux mois. Un record de lenteur, une performance en inertie, une preuve accablante que le pouvoir préfère les discours aux actes.
Et pendant ce temps, les routes se dégradent, les échanges économiques s’étouffent, et les agriculteurs, désespérés, voient leurs produits pourrir sur place. « La forte dégradation des routes limite les échanges économiques entre les régions, » rappelle l’animateur. Voilà le bilan. Un pays à l’arrêt, une capitale asphyxiée, et un gouvernement qui, plutôt que d’agir, s’enlise dans des justifications pitoyables.
500 mètres en deux mois. Voici, résumée en une phrase, toute la tragédie centrafricaine. Une tragédie qui n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un choix : celui de l’improvisation, de l’amateurisme, et d’un mépris affiché pour le peuple. Quand cessera-t-on de compter les mètres pour enfin mesurer l’urgence ?
Par Anselme Mbata
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