Vive tension à Bangui : les mercenaires russes du groupe Wagner sont en colère et réclament 900 milliards à Touadéra avant de quitter le pays

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Vive tension à Bangui : les mercenaires russes du groupe Wagner sont en colère et réclament 900 milliards à Touadéra avant de quitter le pays

Vive tension à Bangui : les mercenaires russes du groupe Wagner sont en colère et réclament 900 milliards à Touadéra avant de quitter le pays
Les mercenaires russes du groupe Wagner ici au camp de Roux à Bangui. CopyrightCNC

 

 

Rédigé le 12 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Le groupe Wagner et le président Touadéra sont au bord de l’affrontement. Les mercenaires russes, très en colère contre le dictateur de Bangui,  se sont eux-mêmes regroupés dans leur base à M’Poko pour exiger officiellement  le paiement de 900 milliards de francs CFA, leur dû, avant tout départ du pays.

 

En effet, pour comprendre cette histoire, il faut remonter au début. Tout commence en 2017 par un accord conclu dans la discrétion entre Faustin-Archange Touadéra et le groupe Wagner, dont la durée exacte n’a jamais été rendue publique. Mais pour mettre en exécution ce contrat, Wagner a déployé sur le territoire centrafricain des chars, des avions de combat et des équipements lourds, assurant ainsi son implantation durable dans le pays.

 

Au fil du temps, le groupe a étendu ses tentacules bien au-delà du seul domaine sécuritaire. Wagner a obtenu des concessions pour l’exploitation aurifère et diamantifère, pris le contrôle partiel de la douane, créé des entreprises privées actives dans le forage, la production d’alcool, de bière et d’eau minérale. Le groupe a également érigé des prisons de haute sécurité au camp de Roux, au camp Mpoko, et ce, dans le seul objectif : la détention, la torture et l’élimination de Centrafricains.

 

Ce fragile équilibre a volé en éclats le 23 août 2023, quand un avion privé s’est écrasé en Russie, tuant Evgueni Viktorovitch Prigojine, cofondateur du groupe Wagner, ainsi que son adjoint Dmitri Outkine. Vladimir Poutine a aussitôt engagé la dissolution du groupe et ordonné la création d’une nouvelle structure, l’Africa Corps, placée directement sous l’autorité du ministère russe de la Défense.

 

Le président russe a alors entrepris de remplacer Wagner dans tous ses théâtres d’opération africains,  Mali, Burkina Faso, Niger,  et a fixé son regard sur la RCA, cœur historique du dispositif Wagner sur le continent. Mais Poutine, très gourmant financièrement,  a exigé de Touadéra un paiement en cash de dix milliards de francs CFA par mois pour toute poursuite de la coopération avec sa milice armée Africorp, une somme que le chef de l’État centrafricain n’était pas en mesure d’honorer.

 

Sous pression de Poutine, Touadera a tenté de fuir, mais la pression est énorme sur lui. Finalement, il s’est rendu à Moscou il y’a près de deux semaines et a signé un nouvel accord avec l’Africa Corps pour son déploiement en RCA. Publiquement, il a continué d’affirmer que Wagner resterait dans le pays. Mais les mercenaires sur le terrain ont vite cerné la réalité : ils étaient en train d’être mis dehors, en dépit d’un contrat de trente ans signé avec Touadéra.

 

C’est ce point précis qui a mis le feu aux poudres. Wagner estime que la rupture unilatérale de cet engagement trentenaire oblige l’État centrafricain à rembourser l’intégralité de leurs dépenses engagées sur le sol national. Le montant réclamé est colossal : 900 milliards de francs CFA, payables en cash, avant le moindre mouvement de départ.

 

À ce contentieux financier s’ajoute un litige sur les équipements. Wagner revendique la pleine propriété de tous les matériels déployés en RCA,  chars, aéronefs et autres engins,  et refuse que l’Africa Corps en hérite sans contrepartie. Selon les mercenaires, si l’État centrafricain acquitte les 900 milliards, ces équipements deviendront propriété nationale. L’Africa Corps pourra ensuite en négocier l’usage avec Bangui, mais pas autrement.

 

Poutine, de son côté, entend récupérer ces matériels pour les réaffecter à l’Africa Corps sans débourser le moindre franc. Les deux camps sont donc à couteaux tirés, et c’est Touadéra qui se retrouve coincé entre les deux.

 

Depuis une semaine, les mercenaires russes,  qu’ils soient conseillers à la présidence, gardes du corps de Touadéra ou éléments disséminés dans la capitale,  ont tous quitté leurs postes et se sont volontairement regroupés dans leur base de l’aéroport international de Bangui M’Poko. C’est depuis ce point de ralliement qu’ils font pression sur le président.

 

Touadéra, lui, est actuellement en Russie depuis deux semaines. Son entourage lui déconseille formellement de rentrer à Bangui dans l’immédiat, Wagner l’attendant de pied ferme à M’Poko. Paniqué, le président cherche à obtenir de Poutine un appui pour organiser son retour en sécurité, mais le maître du Kremlin tarde à se prononcer.

 

On ignore si l’Africa Corps sera déployé avant le retour de Touadéra, ou si Poutine attendra que la situation se décante. L’État centrafricain, aux finances exsangues, est dans l’incapacité manifeste de réunir 900 milliards de francs CFA.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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