vague de crimes et assassinats, les porteurs de tenue deviennent braqueurs dans l’anarchie sociale, selon Fari Tahéruka Shabazz

Rédigé le 28 février 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les forces de sécurité centrafricaines, censées protéger la population, se muent aujourd’hui en prédateurs qui terrorisent les travailleurs les plus vulnérables de la capitale.
Le politologue Fari Tahéruka Shabazz pointe du doigt les porteurs de tenue eux-mêmes, soldats FACA, gendarmes et policiers, devenus auteurs des crimes qui ensanglantent Bangui. Privés de soldes, de primes PJA, de ravitaillement et de conditions de vie décentes, ces agents de l’État basculent dans le braquage pour nourrir leurs propres familles. Cette mutation découle directement de la gestion catastrophique du régime Touadéra, qui a gonflé les effectifs des FACA à plus de 30 000 hommes au lieu des 10 000 recommandés.
Le pouvoir n’a jamais eu les moyens de payer, équiper ni nourrir correctement ces militaires surnuméraires, ce qui les contraint inexorablement à la criminalité pour subsister. L’analyste précise que cette situation ne découle pas d’actes dispersés mais de réseaux organisés avec leurs chefs, sous-chefs et hommes de main. Les vrais responsables ne sont pas forcément ceux qui opèrent sur le terrain, ils siègent parfois dans les bureaux de commandement.
Cette architecture criminelle traduit une décomposition avancée de l’appareil sécuritaire, où la hiérarchie militaire et policière couvre ou participe directement à l’économie du crime. Fari Tahéruka Shabazz constate que cette anarchie sociale que Touadéra ne peut plus masquer marque l’effondrement complet de l’autorité étatique sur son propre appareil répressif. Les agents censés maintenir l’ordre basculent de la protection vers la prédation des citoyens qu’ils sont censés défendre.
Les conducteurs de moto-taxi paient de leur vie les conséquences de cette débâcle dans la gestion des forces armées et de sécurité. Les attaques surviennent presque quotidiennement, avec des travailleurs agressés, dépouillés, blessés ou assassinés pendant qu’ils exercent honnêtement leur activité. Cette insécurité fragilise la paix sociale et expose Bangui à des tensions incontrôlées qui menacent d’exploser à tout moment.
Les familles des victimes enterrent leurs morts pendant que les braqueurs en uniforme continuent d’opérer en toute impunité, parfois même protégés par leur hiérarchie. Le régime se retrouve incapable de contrôler ses propres agents, plongeant le pays dans une spirale de violence où ceux qui devraient garantir la sécurité en deviennent la principale menace. Louis-Marie Congrebaud, secrétaire général de l’Organisation démocratique des syndicats des travailleurs de Centrafrique, a publié un communiqué exprimant sa vive indignation devant cette recrudescence des crimes visant les taxis-motos, ces acteurs incontournables du transport urbain.
Le syndicat exige le démantèlement sans complaisance des réseaux criminels et avertit que le silence ou les demi-mesures ne sauraient être tolérés plus longtemps
Par Anselme Mbata
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