URGENCE : Un cadre suisse de MSF-RDC arrêté à Zémio par des mercenaires de la milice russe Wagner

Rédigé le 04 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Des expatriés humanitaires continuent de tomber dans le collimateur des mercenaires du groupe Wagner déployés à Zémio, dans le Haut-Mbomou, au point que la sous-préfecture est en train de devenir une zone de non-droit pour les acteurs de l’aide internationale. Pourtant, la Minusca continue de produire des faux rapports aux nations-unies, vantant le retour de la paix, comme si la paix est synonyme d’absence des groupes armés.
En effet, depuis plusieurs semaines, l’ONG internationale MSF-suisse, dont le siège opérationnel est rattaché à la section suisse de l’organisation à Kinshasa, cherche à prendre en charge les milliers de déplacés centrafricains qui ont quitté le territoire national pour se réfugier dans le village de Nzapay, en République démocratique du Congo, de l’autre côté de la rivière Mbomou. Rejoindre Nzapay depuis Kinshasa ou depuis n’importe quelle grande ville congolaise représente des milliers de kilomètres de route, ce qui rend tout acheminement de matériel depuis le sol congolais extrêmement difficile, voire impraticable.
C’est pourquoi MSF-RDC a engagé des négociations avec les autorités centrafricaines pour faire transiter son équipement par Bangui, puis directement par voie terrestre vers Zémio, d’où il suffit de franchir la rivière Mbomou pour atteindre Nzapay. Ce couloir logistique, plus court et plus viable, permettrait à l’organisation d’approvisionner régulièrement le site où les réfugiés centrafricains sont estimés à plusieurs milliers. Dans ce même cadre, MSF-RDC étudie également la possibilité de reprendre une partie de la gestion de l’hôpital de Zémio pour en faire un établissement de référence, capable de recevoir les cas graves évacués depuis Nzapay.
C’est dans ce contexte que le cadre suisse de MSF-RDC effectuait deux fois une mission à Zémio. Lors de sa troisième visite dans la même ville, il a été interpellé au sein même de l’hôpital par des éléments du groupe Wagner et conduit de force dans leur base, où il se trouve retenu à l’heure où nous publions ces lignes.
Il est à noter que ce n’est pas la première fois que les mercenaires de la milice russe Wagner s’en prennent à un expatrié travaillant dans la région. Le 25 mai 2024, Martin Joseph Figueira, ressortissant belgo-portugais et consultant pour l’ONG américaine FHI 360, avait été arrêté dans les mêmes circonstances à Zémio. Accusé de complot contre l’État, de contacts avec des groupes armés et d’incitation à la haine, il avait été transféré à Bangui avant d’être incarcéré. Dix-huit mois après cette arrestation, il a finalement été condamné à dix ans de prison ferme pour espionnage et atteinte à la sûreté de l’État. Il reste à ce jour derrière les barreaux.
Le cadre suisse de MSF-RDC est donc le deuxième expatrié à subir ce type d’arrestation à Zémio en moins de deux ans. Sa situation exige une réaction rapide des autorités centrafricaines compétentes et de la communauté internationale, d’autant que son organisation menait une mission strictement humanitaire au bénéfice de populations déplacées particulièrement
Par Éric Nzapa
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