Transféré à Bangui le 17 janvier dernier par les Mercenaires russes depuis Obo, il a été enlevé à sa descente d’avion à l’aéroport et porté disparu

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les quatre suspects arrêtés à Obo et transférés le 17 janvier sont arrivés à Bangui. Trois ont rejoint la gendarmerie. Le quatrième a été enlevé par les miliciens russes du groupe Wagner dès la descente d’avion. Depuis, plus aucune trace de lui, aucune nouvelle, et c’est le silence total.
L’hélicoptère qui transportait les quatre détenus depuis la ville de Obo s’est posé à l’aéroport international de Bangui Mpoko en fin d’après-midi le même jour. Les familles des soi-disant suspects attendaient des nouvelles de leurs proches depuis plusieurs heures sans savoir exactement quand ils arriveraient dans la capitale. Personne ne pouvait imaginer ce qui allait se passer à la sortie de l’appareil.
Ce qui s’est passé ensuite ressemble étrangement à une autre affaire récente. Quelques jours auparavant, dix personnes arrêtées à Zémio avaient emprunté le même chemin vers Bangui. Leur histoire allait connaître une fin tragique que personne n’a oubliée dans le pays.
Ces dix personnes avaient été raflées sur le site des déplacés de l’église catholique à Zémio sans raison apparente. Les mercenaires russes les avaient embarquées dans leur hélicoptère direction la capitale. L’un d’eux s’appelait Irogodja et tenait un commerce de viande au marché de Zemio.
À l’atterrissage de cet hélicoptère, neuf détenus ont pris la direction de la section de recherche et d’investigation. Le dixième, justement Irogodja le boucher, a été séparé du groupe par les mercenaires qui l’ont emmené ailleurs. Ses compagnons ne comprenaient pas pourquoi on le traitait différemment puisqu’ils étaient tous accusés des mêmes faits supposés.
Le boucher n’est jamais réapparu vivant après cette séparation. Sa famille a cherché partout pendant des jours en multipliant les démarches auprès des autorités sans obtenir la moindre information.
Les parents de la victime à Bangui ont visité différents lieux de détention avant de se rendre à la morgue de l’hôpital général. C’est là qu’ils ont découvert le corps d’Irogodja portant les marques de violences terribles. Les mercenaires l’avaient conduit dans leur base secrète de l’aéroport où ils l’ont interrogé jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Cette découverte sinistre a jeté l’effroi parmi les familles qui avaient des proches arrêtés par Wagner. Chacun redoutait maintenant que son parent ne subisse le même sort si jamais les mercenaires décidaient de le séparer des autres détenus. Les craintes se sont malheureusement confirmées avec l’arrivée des quatre suspects d’Obo.
Dès la descente d’avion à Bangui, les mercenaires ont répété exactement le même scénario. Trois détenus ont été conduits vers la gendarmerie tandis que le quatrième montait dans un véhicule russe qui filait dans une autre direction. Les trois compagnons ne pouvaient rien voir ni rien faire car ils avaient tous des cagoules sur la tête.
Cet homme qui a disparu faisait partie des anciens combattants azandé désarmés puis formés par Wagner à Obo en 2024. Après sa formation, il avait intégré l’armée nationale comme des dizaines d’autres miliciens démobilisés dans la préfecture du Haut-Mbomou. Son statut officiel d’élément des forces armées restait valable malgré son désarmement récent.
Rien ne justifiait son arrestation à Obo où il vivait paisiblement dans son quartier. Les gendarmes sont venus le chercher avec trois autres civils sans leur expliquer les motifs de leur interpellation.
À Obo, sept autres personnes arrêtées en même temps croupissent toujours en prison. Le commandant de compagnie de la gendarmerie qui a ordonné ces rafles continue d’envoyer des messages vengeurs sur WhatsApp. Il menace les miliciens de Bambouti tout en restant bien à l’abri dans son bureau.
Les combats avaient éclaté à Bambouti fin décembre quand des miliciens azandé ont pris d’assaut cette localité située à plus de cent kilomètres d’Obo. Ils ont capturé la sous-préfète et son garde du corps gendarme lors de cette attaque. Les deux otages restent aux mains de leurs ravisseurs depuis bientôt un mois.
Au lieu d’organiser une opération pour libérer ces otages, le commandant a préféré arrêter des cultivateurs paisibles à Obo. Ces personnes vivaient tranquillement sur le site des déplacés de Nguili Nguili quand les forces de l’ordre ont débarqué. Aucune d’elles ne portait d’arme ni ne présentait le moindre signe de participation aux combats lointains.
Le lien entre ces arrestations à Obo et les affrontements de Bambouti reste impossible à établir. Comment un combattant pourrait-il mener un assaut armé à plus de cent kilomètres puis rentrer tranquillement chez lui le lendemain comme si de rien n’était. Cette version défie toute logique élémentaire.
Par Éric Nzapa
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