Touadéra, voici ce qu’un Rwandais dit de ton Bangui après quatre séjours dans la capitale

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Quand on dirige un pays, on doit se préoccuper de l’image qu’il renvoie au monde. Cette image ne se fabrique pas dans les discours officiels ou les communiqués du gouvernement. Elle se construit dans les conversations entre étrangers qui ont séjourné sur place, qui ont vu la réalité, qui comparent. Récemment, aux États-Unis, trois Africains se sont croisés : notre directeur de publication Alain Nzilo, un Rwandais et un Ougandais. Le Rwandais a raconté ses quatre séjours à Bangui, où travaille son épouse à l’UNICEF. Son témoignage est terrible pour Touadéra.
La scène s’est déroulée il y a quelques jours à Buffalo, une ville qui est dans l’État de New York aux États-Unis. Notre directeur de publication, Alain Nzilo, croise deux Africains. L’un est rwandais, l’autre ougandais. Le Rwandais, qu’Alain Nzilo connaissait déjà, lui lance une phrase en lingala pour plaisanter. Alain répond dans la même langue, mais d’une manière ironique, car il ne connait pas Lingala. Les trois hommes se saluent.
L’Ougandais, curieux, demande à Alain s’il est Congolais. Le Rwandais coupe court : “Non, il est Centrafricain”.
Le mot est lâché. Centrafricain. L’Ougandais enchaîne aussitôt avec une question polie : “Ça va votre pays ? C’est tranquille maintenant ?”
Alain Nzilo n’a pas eu le temps de répondre. Le Rwandais a pris la parole, et ce qu’il a dit pendant les minutes suivantes résume l’échec total du régime Touadéra.
“Moi, j’étais parti quatre fois à Bangui”, commence le Rwandais. L’Ougandais lève la tête “. Ah bon ?”
“Oui, ma femme travaille à l’UNICEF là-bas. J’ai visité Bangui deux fois, trois fois.”
Puis vient le coup de massue : “Mais Bangui, ce n’est pas une capitale d’un pays”.
L’Ougandais ne comprend pas. “Comment ça ?”
Le Rwandais n’hésite pas d’enfoncer le clou. “Quand tu vois Bangui, c’est très très sale. C’est comme un village. Un très gros village. On ne comprend pas”.
L’Ougandais, peut-être pour avoir une comparaison claire, demande au rwandais si Kampala, sa capitale, est vraiment mieux. La réponse du rwandais tombe comme un couperet : “Même 100 fois plus. Le rwandais exagère. Et il n’hésite plus à foncer le pays : Bangui, c’est zéro. Quand tu vois Bangui, c’est zéro”.
Le Rwandais continue. Il raconte ce qu’il a vu lors de ses passages dans la capitale centrafricaine. “Tu vois les autorités rouler avec leurs grosses voitures, dans la poussière, dans le désordre. Ils sont escortés, lourdement armés. Et ils sont contents. Ils roulent comme ça, contents”.
Il explique avoir interrogé son épouse sur cette situation incompréhensible. “Je lui ai demandé : le pays est vraiment comme ça ? Elle m’a dit oui, le pays est comme ça. Les autorités sont contentes”.
Puis vient le passage le plus dur. “Mon épouse m’a dit : quand tu les écoutes, ils mentent. Ils mentent, ils mentent tout le temps. Ils disent que le pays avance. Mais moi, je suis là depuis avant la crise et après la crise. Quand tu regardes bien, le pays n’avance même pas. Il recule. Et les exactions, il y a beaucoup d’exactions”.
À ce moment précis, notre directeur de publication a senti qu’il fallait partir. Il a prétexté une course urgente, salué les deux hommes et s’est éclipsé. Mais le mal était fait. Les mots du Rwandais tournaient dans sa tête.
Ce Rwandais n’est pas un opposant politique. Il n’est pas un journaliste cherchant le scandale. C’est juste un homme dont l’épouse travaille pour les Nations unies, qui a séjourné quatre fois dans notre capitale, qui compare ce qu’il voit avec d’autres villes africaines.
Pendant que Baba Kongoboro multiplie les discours sur le développement, pendant que ses ministres parlent de progrès et de transformation, voilà ce que racontent les étrangers qui vivent à Bangui. Voilà l’image que notre pays renvoie dans les conversations informelles entre Africains à l’étranger.
Touadéra, es-tu content de cela ? Es-tu satisfait que ton Bangui soit décrit ainsi par quelqu’un qui y a séjourné quatre fois ? Penses-tu vraiment que les Centrafricains vont continuer à avaler tes mensonges pendant que les étrangers parlent ainsi de notre capitale ?
C’est grave. Vraiment grave.
Par Gisèle MOLOMA….
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