Touadéra vient d’acheter une colonne d’immeubles au centre-ville de Bangui: 400 millions cash pendant que le pays crie famine

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Pendant que le gouvernement centrafricain pleure la crise financière et l’absence de moyens pour payer les fonctionnaires de certaines institutions de l’État, le président Faustin Archange Touadéra continue tranquillement de bâtir son empire immobilier dans la capitale. Sa dernière acquisition : une colonne d’immeubles sur l’avenue Barthélemy-Boganda, au cœur de Bangui, payée cash 400 millions de francs CFA.
L’immeuble en question se trouve au centre-ville, non loin de l’ancien supermarché Bamag, à proximité de la station-service Total. Il s’agit d’une propriété qui appartenait au défunt homme d’affaires Alhadji Biri, le propriétaire du célèbre empire commercial Africa Auto, décédé au début de cette année 2025.
Depuis la mort de ce riche commerçant d’origine nigériane, ses héritiers se livrent une bataille acharnée pour le partage de l’héritage colossal qu’il a laissé derrière lui. C’est précisément dans ce contexte de tensions familiales que le président Touadéra s’est incrusté, avec l’aisance d’un prédateur qui flaire une opportunité.
Le chef de l’État n’a pas perdu de temps. Il a sorti 400 millions de francs CFA cash pour s’offrir cette colonne de bâtiments où le défunt Alhadji Biri avait installé l’un de ses magasins. Mais comme à son habitude, Touadéra n’a pas acheté à son nom. Pour brouiller les pistes, il a utilisé le nom du frère de sa première épouse, Brigitte Touadéra. Une technique désormais classique dans le manuel de l’enrichissement présidentiel.
Cette acquisition vient s’ajouter à une liste déjà longue. Après avoir raflé des étendues immenses de terrains à Boy-Rabe, son quartier d’enfance où il rêve de construire un complexe résidentiel pharaonique baptisé “Touadéra”, après avoir acquis des parcelles gigantesques dans la cité Golf au quartier PK11 à la sortie nord de Bangui, après avoir bâti des immeubles au centre-ville et acheté des villas dans le 7ème arrondissement à la cité de Bellevue, le président poursuit méthodiquement son projet de transformer la capitale centrafricaine en propriété privée.
L’ironie de la situation est glaçante. Alors que le régime multiplie les discours sur la crise financière qui frappe le pays, alors que les hôpitaux manquent de tout et que les écoles tombent en ruine, le président, lui, dispose de centaines de millions de francs CFA à débourser cash pour des achats immobiliers personnels.
Touadéra, qui était déjà le “premier milliardaire centrafricain” à l’époque où il était Premier ministre, a visiblement franchi un cap depuis qu’il occupe le fauteuil présidentiel. Sa fortune a atteint des proportions qui dépassent l’entendement. Si le mot “milliardaire” existait encore pour le qualifier à l’époque, il faudrait aujourd’hui inventer un nouveau terme pour décrire l’ampleur de son enrichissement.
En République centrafricaine, la fonction d’État est devenue synonyme de richesse illimitée. Contrairement aux autres pays où ce sont les hommes d’affaires qui deviennent milliardaires grâce à leur travail et leur entreprise, ici, chez nous, ce sont ceux qui travaillent pour l’État qui accumulent des fortunes colossales. Le monde à l’envers.
Les héritiers d’Alhadji Biri, qui se déchirent pour quelques miettes de l’héritage paternel, ont dû se frotter les mains en voyant arriver l’argent présidentiel. Quatre cents millions cash, sans négociation, sans discussion. Le genre de transaction qui fait taire les querelles familiales, au moins temporairement.
Pendant ce temps, dans les rues de Bangui, les citoyens ordinaires se demandent comment joindre les deux bouts. Les marchés sont vides, les prix flambent, et le gouvernement continue de répéter que le pays traverse une période difficile. Mais visiblement, cette difficulté ne concerne pas tout le monde.
L’ambition de Touadéra ne se limite pas à rester au pouvoir jusqu’à sa mort, comme il l’a clairement montré en préparant son hold-up constitutionnel pour un troisième mandat. Il veut aussi posséder physiquement la capitale, bâtiment par bâtiment, quartier par quartier. Une monarchie moderne où le roi ne se contente pas de régner, mais possède aussi tout le royaume.
L’affaire de Boy-Rabe, où un vieux retraité résiste toujours à céder sa concession malgré toutes les pressions, montre bien la détermination du président. Mais elle montre aussi qu’il reste encore des Centrafricains qui refusent de tout vendre, même face au pouvoir absolu.
Combien d’autres immeubles, combien d’autres terrains, combien d’autres propriétés Touadéra compte-t-il encore acquérir avant les Élections de décembre 2025 ? La question reste ouverte. Ce qui est certain, c’est que pendant que le pays s’enfonce dans la misère, le président, lui, continue de s’enrichir comme jamais.
Quatre cents millions de francs CFA cash. Pendant que le peuple attend ses salaires.
Par Alain Nzilo….
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