Touadera, regarde tes soldats à Zemio : des malades du sida bloqués à la frontière avec leurs médicaments

Rédigé le 12 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le samedi 10 janvier dernier, une Congolaise venue de Zapay en RDC pour récupérer les antirétroviraux de son groupe communautaire a été interceptée par les soldats FACA, policiers et gendarmes au poste frontalier de Mbomou lors de son retour. Les agents lui ont réclamé de l’argent pour les paquets médicaux du Sida destinés aux malades de son collectif.
Pourtant, ces groupes d’approvisionnement ont été mis en place par MSF-Hollande en 2015 afin de faciliter le transport des traitements aux patients. Le ministère de la Santé reconnaît ce dispositif, mais les militaires et gendarmes déployés à Zemio ignorent les cartes de soins présentées par les porteurs de médicaments. Chaque membre de ces groupes suit un traitement à vie contre le VIH/SIDA, une maladie qui exige une prise régulière sans interruption.
L’assistante de pharmacie accompagnant la patiente a elle aussi été arrêtée par les gendarmes. Elle a dû payer 10 000 francs CFA à la gendarmerie pour être relâchée, malgré ses documents professionnels en règle. Cette taxation crapuleuse inquiète l’ensemble des malades qui dépendent de ce circuit d’approvisionnement.
Ce groupe des bandits qu’on appelle forces de l’ordre intervient désormais dans plusieurs aspects du fonctionnement sanitaire à Zemio. Leurs barrages compliquent l’accès aux soins pour des centaines de personnes atteintes du VIH. Si ces entraves persistent, les stocks de médicaments vont diminuer et certains patients risquent de manquer leurs doses pendant plusieurs jours ou semaines.
Une rupture de traitement affaiblit le système immunitaire et peut entraîner des complications graves, voire mortelles. À Zemio et dans les villages alentour, les malades craignent déjà de ne plus pouvoir se soigner correctement. L’hôpital secondaire de la ville fonctionne lui-même dans des conditions difficiles, et le personnel médical subit également des pressions de la part des autorités armées.
Les patients se demandent maintenant comment ils pourront continuer à recevoir leurs antirétroviraux sans subir de nouvelles taxes ou arrestations. Cette situation laisse planer une menace directe sur la vie de centaines de personnes qui comptent sur ce programme pour rester en vie. En ce début d’année 2026, l’angoisse grandit chez les malades et leurs familles, tandis que les soignants tentent de maintenir tant bien que mal la continuité des soins
Par Cédric Nzapa
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