Fraudes électorales : le parti Kwa Na Kwa réclame l’annulation du scrutin

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Kwa Na Kwa refuse de reconnaître les résultats du scrutin du 28 décembre 2025. Le parti créé par l’ancien Président François Bozizé dénonce des fraudes massives et réclame la dissolution de l’Autorité Nationale des Elections.
Dans sa déclaration officielle publiée le 9 janvier, le parti Kwa Na Kwa rappelle d’abord le contexte qui a conduit à cette situation. Depuis treize ans, la Centrafrique traverse une crise sans précédent qui a ébranlé toutes les bases de sa société. Malgré les multiples stratégies mises en œuvre durant cette période, aucune n’a permis d’apporter une solution favorable à une réconciliation véritable.
Fort de son expérience de la gestion du pouvoir, le parti affirme dans son communiqué avoir toujours plaidé pour un dialogue ouvert. L’objectif était de rassembler tous les Centrafricains sous l’arbre à palabre afin de tourner cette page sombre. Le Kwa Na Kwa voulait utiliser tous les leviers propices au retour d’une paix durable et à l’expression d’une réelle démocratie au bénéfice du peuple entier.
La déclaration revient ensuite sur les alertes lancées bien avant le scrutin. Cette position du parti s’est affirmée lors de la journée de réflexion organisée le 2 août 2025 à Bangui et dans les autres grandes villes du pays. Le Kwa Na Kwa avait également pris position lors de la visite du Sous-Secrétaire Général de l’ONU, Monsieur Jean Pierre Lacroix, sur la nécessaire implication des organisations de la société civile et des partis politiques.
Selon le parti, ces avertissements n’ont ému ni le gouvernement centrafricain ni la Minusca. Pourtant, ces deux acteurs auraient dû apporter un plaidoyer pour une meilleure organisation des Élections ainsi qu’une totale transparence électorale. Les inquiétudes et préoccupations du Kwa Na Kwa se sont multipliées à quelques mois du scrutin, alors que plusieurs soupçons de fraudes et d’irrégularités compromettaient déjà la crédibilité de l’Autorité Nationale des Elections.
Dans son texte, le parti énumère les anomalies constatées pendant le processus électoral. Des listes électorales contenaient des noms de personnes décédées ou déjà inscrites plusieurs fois dans différents bureaux de vote. Des cartes d’électeurs ont circulé avant même la fin de l’enregistrement officiel, ce qui laisse planer de sérieux doutes sur la régularité des opérations.
Le Kwa Na Kwa dénonce également l’absence de transparence dans la gestion du fichier électoral. L’opposition et certains observateurs indépendants n’ont pas eu accès aux informations essentielles sur le déroulement des opérations. Cette opacité a empêché tout contrôle réel du processus par les acteurs politiques et la société civile, rendant impossible toute validation crédible des résultats.
Face à ces manquements graves, le parti formule plusieurs exigences dans sa déclaration. Le Kwa Na Kwa demande le report immédiat de toute proclamation de résultats définitifs et exige la dissolution de l’Autorité Nationale des Elections. Il réclame également la mise en place d’une nouvelle structure composée de membres reconnus pour leur intégrité et leur impartialité.
Le parti insiste aussi sur la nécessité d’un audit indépendant du fichier électoral. Cet audit devrait être mené par des experts internationaux et ses résultats rendus publics avant toute nouvelle tentative d’organisation de scrutin. Pour le Kwa Na Kwa, cette étape est indispensable pour restaurer la confiance des Centrafricains dans le processus démocratique.
Dans sa déclaration, le parti appelle les nouvelles équipes qui émergeront du redressement à s’atteler à une tâche précise. Ces dirigeants devront organiser rapidement un dialogue inclusif permettant de définir des directions claires et précises à imprimer au pays. Ce dialogue devra rassembler toutes les composantes de la nation sans exclusive ni discrimination.
Le Kwa Na Kwa interpelle également la communauté internationale dans son communiqué. Le parti s’adresse particulièrement au Conseil de Sécurité qui a renouvelé le 13 novembre 2025 le mandat de la Minusca jusqu’en novembre 2026. Cette mission a reçu pour tâche d’apporter un appui technique, logistique, opérationnel et sécuritaire au processus électoral.
Selon la déclaration, la Minusca doit garantir en toute impartialité la transparence du processus. Le parti invite l’organisation onusienne à s’impliquer pleinement pour répondre aux attentes profondes et légitimes du peuple centrafricain. Le Kwa Na Kwa déplore les déclarations hâtives de certains responsables de la Minusca, contraires aux réalités du terrain et susceptibles de porter du discrédit à l’ONU.
En conclusion de son texte, le parti salue l’attitude des Centrafricains malgré la tension ambiante. Le Kwa Na Kwa encourage ses compatriotes à plus de persévérance et de vigilance face à cette situation préoccupante. Il réitère son engagement pour un dialogue inclusif et son attachement aux valeurs de la démocratie, de l’unité et de la justice pour tous les Centrafricains.
Par Gisèle MOLOMA
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)