Touadera lance des mandats d’arrêts internationaux contre la diaspora centrafricaine qui l’accuse à la CPI pendant que Wagner tue impunément les centrafricains

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La justice centrafricaine vient de franchir une nouvelle ligne dans l’absurde et dans l’injustice. Le Tribunal de Grande Instance de Bangui, à travers son Cabinet d’Instruction, a émis un mandat d’arrêt international contre Prudence Joseph Rodrigue Mayte, l’un des douze apôtres de la diaspora qui ont déposé plainte contre le président Touadéra auprès de la Cour Pénale Internationale.
Le document, signé par le juge d’instruction Mathieu Nana Bibi, accuse Mayte Rodrigue de sept chefs d’accusation : injures, diffamation, offense par des publications sur les réseaux sociaux, incitation à la haine contre les autorités publiques ou étatiques, diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public, et association de malfaiteurs. Les articles du Code Pénal invoqués sont les 133, 135, 136, 145, 146, 292, 295, 411 et 412.
Un mandat d’arrêt international pour des publications sur les réseaux sociaux. Voilà où en est la justice centrafricaine sous le régime Touadéra. On émet des mandats d’arrêt internationaux contre des activistes de la diaspora qui dénoncent les crimes du régime, mais on ne fait rien contre les Mercenaires russes qui massacrent quotidiennement des civils centrafricains.
Prudence Joseph Rodrigue Mayte fait partie des douze apôtres de la diaspora qui ont initié la plainte contre Touadéra à la CPI, avec leur avocat canadien Philippe Larochelle. Ces douze Centrafricains de la diaspora ont eu le courage de saisir la justice internationale pour dénoncer les crimes commis en Centrafrique avec la complicité du président. Ils ont documenté les massacres de Wagner. Ils ont rassemblé les preuves. Ils ont déposé une plainte en bonne et due forme.
Et quelle est la réponse du régime Touadéra ? Pas d’enquête sur les crimes dénoncés. Pas de poursuites contre les auteurs des massacres. Non, le régime lance des mandats d’arrêt internationaux absurdes contre ceux qui ont osé porter plainte. C’est la logique criminelle inversée : on poursuit les victimes et les témoins au lieu de poursuivre les bourreaux.
Le mandat d’arrêt contre Maître Rodrigue est révélateur de plusieurs choses. D’abord, il montre que le régime Touadéra considère les publications sur les réseaux sociaux comme une menace plus grave que les massacres de civils. Maître Rodrigue n’a tué personne. Il n’a violé personne. Il n’a pillé aucun village. Il n’a massacré aucune famille. Son seul “crime” est d’avoir utilisé les réseaux sociaux pour dénoncer ce qui se passe en Centrafrique.
Et pour cela, il mérite un mandat d’arrêt international ? Pendant ce temps, les mercenaires de Wagner qui ont massacré des milliers de Centrafricains, circulent librement dans le pays. Ils contrôlent les mines. Ils rackettent la population. Ils violent les femmes. Ils tuent les hommes. Et aucun mandat d’arrêt n’est émis contre eux.
La justice centrafricaine est aveugle. Elle ne voit pas les massacres de Wagner dans tout le pays. Elle ne voit pas les militaires centrafricains qui commettent des exactions partout. Elle ne voit pas les ministres qui détournent des millions de francs CFA. Elle ne voit pas le régime qui affame le peuple, qui vole les ressources, qui détruit le pays.
Mais elle voit parfaitement les publications sur Facebook. Elle voit les tweets. Elle voit les vidéos YouTube. Elle voit les dénonciations sur les réseaux sociaux. Et là, soudainement, la justice se réveille. Elle ouvre des dossiers. Elle mène des enquêtes. Elle émet des mandats d’arrêt internationaux.
C’est de la folie pure. C’est l’injustice portée à son paroxysme. C’est une justice manipulée par Wagner et mise au service de la répression contre toute voix dissidente.
Regardons les chefs d’accusation contre Prudence Joseph Rodrigue Mayte. “Injures” et “diffamation” : autrement dit, il a dit des vérités désagréables sur le régime. “Offense par des publications sur les réseaux sociaux” : il a utilisé Facebook, Twitter ou YouTube pour s’exprimer. “Incitation à la haine contre les autorités publiques ou étatiques” : il a critiqué le gouvernement et le président. “Diffusion de fausses informations de nature à troubler l’ordre public” : il a dénoncé les crimes du régime et ces vérités dérangent. “Association de malfaiteurs” : il fait partie des douze apôtres qui ont porté plainte à la CPI.
Aucun de ces chefs d’accusation ne constitue un véritable crime. Ce sont tous des délits d’opinion, des crimes de parole, des infractions qui ne devraient pas exister dans une démocratie digne de ce nom. Dans un pays libre, critiquer le gouvernement, dénoncer les crimes du régime, utiliser les réseaux sociaux pour s’exprimer, tout cela fait partie des droits fondamentaux protégés par la Constitution.
Mais la Centrafrique de Touadéra n’est pas un pays libre. C’est un pays où la liberté d’expression est criminalisée. Où dénoncer les crimes du régime vous vaut un mandat d’arrêt international. Où la justice est un instrument de répression au service du pouvoir.
Le juge d’instruction Mathieu Nana Bibi qui a signé ce mandat d’arrêt porte une responsabilité personnelle dans cette injustice. Il a accepté de prêter son nom, sa fonction, son autorité judiciaire à cette farce. Il sait très bien que Maître Rodrigue n’est pas un criminel. Il sait que les vrais criminels sont ceux qui massacrent des civils, pas ceux qui dénoncent ces massacres.
Mais Mathieu Nana Bibi a choisi son camp. Il a choisi de servir le régime plutôt que de servir la justice. Il a choisi d’émettre des mandats d’arrêt contre des activistes pacifiques plutôt que de poursuivre les vrais criminels. Son nom restera dans l’histoire comme celui d’un juge qui a trahi sa mission.
Le mandat d’arrêt précise qu’il s’agit d’un “mandat d’arrêt international”. Cela signifie que le régime Touadéra demande à tous les pays du monde d’arrêter Maître Rodrigue s’il se présente sur leur territoire. C’est grotesque. Aucun pays démocratique ne donnera suite à ce mandat ridicule. Parce que les chefs d’accusation ne constituent pas des crimes dans les démocraties. Parce que tout le monde sait que c’est une persécution politique déguisée en procédure judiciaire.
Mais l’objectif du régime n’est pas vraiment d’arrêter Maître Rodrigue. L’objectif est d’intimider. De terroriser. D’envoyer un message à tous les Centrafricains de la diaspora : si vous dénoncez le régime, si vous portez plainte à la CPI, si vous utilisez les réseaux sociaux pour dire la vérité, vous aurez un mandat d’arrêt international contre vous.
C’est une stratégie de terreur. Le régime veut faire taire toutes les voix dissidentes. Il veut que les Centrafricains de la diaspora aient peur de s’exprimer, peur de dénoncer, peur de porter plainte. Il veut créer un climat où personne n’ose plus critiquer, où tout le monde se tait par peur des représailles.
Mais cette stratégie ne fonctionnera pas. Parce que les Centrafricains de la diaspora sont hors d’atteinte du régime. Ils vivent dans des pays démocratiques qui protègent la liberté d’expression. Ils peuvent continuer à dénoncer les crimes du régime sans risquer d’être physiquement arrêtés.
Le mandat d’arrêt contre Rodrigue est donc un aveu de faiblesse plutôt qu’une démonstration de force. Le régime est tellement désespéré face aux dénonciations qui viennent de la diaspora qu’il n’a d’autre recours que d’émettre des mandats d’arrêt ridicules qui ne seront jamais exécutés.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)