Touadéra et le grand spectacle du Ramadan : Bangui se prépare -t-elle à une guerre ?

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Touadéra et le grand spectacle du Ramadan : Bangui se prépare à une guerre ?

Touadéra et le grand spectacle du Ramadan : Bangui se prépare à une guerre ?
Un hélicoptère russe MI-17 avec à son bord des paramilitaires russes

 

 

Rédigé le 22 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

En cette période sacrée du Ramadan, le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadéra, a une fois de plus offert aux Centrafricains un spectacle inédit, digne des plus grandes mises en scène. Mais derrière les images d’un chef d’État « qui annonce sur tous les toits que la paix est revenu», se dessine un tout autre tableau : celui d’un homme qui semble craindre son propre pays plus que quiconque.

 

En effet, ce vendredi 20 mars 2026, à l’occasion de la fête de ramadan, le dictateur de Bangui offre à nouveau un spectacle digne d’un pays en guerre. Pour un simple trajet de quatre ou cinq kilomètres vers la mosquée Oumar de Kina , située avenue Koudoukou au PK5 (communément appelé KM5, 3e arrondissement de Bangui), le cortège du dictateur de Bangui s’est transformé en véritable opération militaire. Pick-up Nissan blindé flambant neuf,  estimé à plus de 200 millions de FCFA, escorte terrestre composée de véhicules blindés, mercenaires russes omniprésents, et cerise sur le gâteau : des hélicoptères survolant en permanence le convoi, accompagnant le dictateur de Bangui à l’aller comme au retour. Même l’empereur Bokassa, dans ses années les plus fastueuses, n’avait jamais déployé un tel arsenal pour une prière de fête.

 

Pendant que le dictateur de Bangui multiplie les déclarations triomphales dans les médias,  « la paix est revenue, le calme règne », la réalité frappe de plein fouet : pour parcourir une poignée de kilomètres dans sa propre capitale, il lui faut une escorte aérienne et blindée. Pourquoi une telle paranoïa dans un pays où, selon ses propres mots, la sécurité est rétablie ? Le quartier KM5, jadis théâtre de tensions communautaires, reste-t-il une zone de non-droit pour le dictateur de Bangui ? Ou bien est-ce la peur d’un peuple qui, malgré les discours, n’a toujours pas pardonné ?

 

Mais regardez juste en face, au Tchad voisin : malgré les tensions permanentes, les attaques rebelles et un contexte de guerre larvée depuis des décennies, le président Mahamat Idriss Déby Itno descend souvent à pied, va au contact direct des gens, rencontre la population sans blindage massif, sans hélicoptères qui tournent au-dessus. Il se montre accessible, même dans un pays qui n’est pas en paix totale. Ici, à Bangui, le dictateur de Bangui proclame la paix partout, mais lui-même ne sort jamais sans son armada : véhicule blindé, escorte russe, hélicoptères en l’air. Il ne va jamais au contact des gens, jamais dans un véhicule banalisé pour regarder les Centrafricains dans les yeux, discuter avec eux tranquillement. Du palais à la mosquée, et retour, point barre. Pas de balade, pas de poignée de main libre, rien.

 

Sur les réseaux sociaux, les voix s’élèvent déjà : « La sécurité est pour lui seul et pour ses proches, pas pour nous tous », lance un internaute. D’autres rappellent que les diasporas centrafricaines hésitent toujours à rentrer, malgré les promesses répétées de stabilité. Si la paix était vraiment revenue, pourquoi le premier des Centrafricains doit-il se déplacer comme un chef en zone de guerre ?

 

Ce déploiement massif chaque Ramadan en dit long. Le dictateur de Bangui dispose-t-il d’informations que les Centrafricains ignorent ? Ou bien ce show blindé n’est-il qu’une façon de justifier la présence continue des mercenaires russes et l’achat d’équipements hors de prix ?

 

Par Alain Nzilo

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