Tentative de coup d’État ou incident diplomatique à Paoua ? Des soldats tchadiens lourdement armés arrivent pendant la visite de Touadéra, la préfète Benguere convoquée de toute urgence à Bangui

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un incident extrêmement grave s’est produit à Paoua lors de la visite du président Touadéra le 6 octobre dernier, venue soi-disant pour inaugurer des Centres Polyvalents de Réintégration (CPR) et lancer la nouvelle année scolaire 2025 – 2026. Cet incident implique la préfète de l’Ouham-Pendé Pierrette Benguere, la famille Mbaïkoua (dont la matriarche est maire de Paoua), et une délégation militaire tchadienne venue illégalement en territoire centrafricain.
Selon des informations exclusives obtenues par la rédaction du CNC auprès de plusieurs sources militaires, voici ce qui s’est passé : le jour de la cérémonie présidentielle, une délégation de la préfecture du Logone au Tchad est arrivée à Paoua. Cette délégation comprenait 11 véhicules, dont sept véhicules militaires lourdement armés avec des mitrailleuses montées, et quatre véhicules civils transportant le gouverneur tchadien et d’autres officiels.
Cette délégation tchadienne aurait été invitée par la préfète Pierrette Benguere elle-même, sans avertir sa hiérarchie. Le Ministère de l’Intérieur n’était pas informé. Le Ministère de la Défense n’était pas informé. Personne à Bangui ne savait qu’une délégation officielle tchadienne avec des véhicules armés allait entrer en territoire centrafricain. Cette violation de toutes les procédures diplomatiques et sécuritaires crée des interrogations sur les intentions réelles de cette visite.
Malheureusement pour la délégation tchadienne, quand elle est arrivée à Paoua, le président Baba Kongoboro avait déjà terminé les cérémonies et était déjà à l’aéroport pour repartir vers Bangui. Les Tchadiens ont alors voulu forcer pour aller à l’aéroport. Pourquoi cette insistance à rejoindre Touadéra à l’aéroport ? Quelles étaient leurs intentions réelles ? Personne ne le sait avec certitude, mais l’urgence avec laquelle ils ont tenté d’accéder à l’aéroport a éveillé les soupçons.
Selon nos sources, il semble qu’à l’aéroport, les membres de la famille Mbaïkoua : Edgar, Virginie et surtout leur grand frère Timoléon avaient rapidement exfiltré leur mère, madame Mbaïkoua, maire de Paoua. Cette exfiltration rapide, combinée à l’arrivée soudaine d’une délégation militaire tchadienne non annoncée, a déclenché l’alerte maximum chez les mercenaires russes du groupe Wagner qui assurent la sécurité du président.
Il y a eu un véritable branle-bas de combat. Les Russes ont immédiatement bloqué les Tchadiens pour les empêcher d’accéder à l’aéroport. Le président Baba Kongoboro a été précipité avec la trouille au ventre dans l’avion et évacué rapidement vers Bangui. La situation était suffisamment sérieuse pour que les gardes du corps russes de Touadéra considèrent qu’il y avait une menace potentielle contre le président.
Faustin-Archange Touadera, à son retour à Bangui, convoque immédiatement et sans délai la préfète Pierrette Benguere. En ce moment, elle est toujours à Bangui et, selon les informations du CNC, elle se trouve dans une situation très difficile. Elle risque même de se retrouver en prison pour avoir invité une délégation militaire étrangère armée sans en informer sa hiérarchie, créant ainsi une situation potentiellement dangereuse pour le président de la République.
Quant à la famille Mbaïkoua, le président Baba Kongoboro serait furieux contre eux. D’abord parce qu’il s’est rendu compte qu’ils l’ont floué sur la mobilisation populaire du 6 octobre à Paoua. La population de Paoua ne s’était pas déplacée pour accueillir le président. Les seules personnes présentes aux cérémonies étaient des Mbororo que le ministre criminel Hassan Bouba avait fait venir spécialement. Il n’y avait pas de vraie mobilisation populaire.
Touadéra s’est également rendu compte que les 8 millions de francs CFA qu’il avait donnés à Edgar Mbaïkoua pour les activités du MCU et du mouvement MTech à Paoua n’avaient pas été utilisés comme prévu. Il n’y avait rien sur le terrain qui justifiait cette somme.
Selon des indiscrétions qui circulent actuellement, Touadéra aurait dit à la famille Mbaïkoua : “Je vous ai soutenus, j’ai tout fait pour vous soutenir. Et c’est de cette manière que vous me payez ? On verra bien”. Cette menace voilée laisse penser que la famille Mbaïkoua pourrait subir des vengeance de la part du régime.
Alors, pourquoi la préfète Benguere a-t-elle invité une délégation tchadienne sans en informer Bangui ? C’est une violation grave de toutes les procédures. Une préfète ne peut pas inviter des officiels étrangers, surtout avec leurs militaires armés sur le territoire national sans autorisation de Bangui. C’est une question de souveraineté nationale et de sécurité. Le fait qu’elle l’ait fait suggère soit une incompétence totale, soit quelque chose de plus sinistre.
Pourquoi cette délégation tchadienne comprenait-elle des véhicules militaires lourdement armés ? Si c’était une simple visite de courtoisie entre préfets de régions frontalières, pourquoi fallait-il sept véhicules armés avec des mitrailleuses ? Cette force militaire déployée confirme que la visite avait un objectif qui allait au-delà d’une simple courtoisie diplomatique.
Aussi, le plus important est de savoir quel était le but de l’exfiltration de madame Mbaïkoua ? Pourquoi la famille Mbaïkoua voulait-elle faire quitter leur mère de l’aérodrome de Paoua au moment de l’arrivée de la délégation tchadienne lourdement armée? Madame Mbaïkoua, maire de Paoua, est-elle en danger ?
Y avait-il un complot contre Touadéra ? La combinaison de plusieurs éléments – délégation militaire tchadienne non annoncée, tentative d’exfiltration de la maire de Paoua, insistance pour accéder à l’aéroport où se trouvait le président – laisse penser qu’il y avait peut-être un plan contre Touadéra. Les Russes ont manifestement pensé que oui, puisqu’ils ont réagi avec une telle urgence pour évacuer le président.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)