
après près de trois mois bloqué à Bangui, un Cubain expulsé des États-Unis vient de quitter en catastrophe le pays pour rejoindre la Bolivie en Amérique Latine via Éthiopie où il a apprécié contrairement à Bangui où les gens vivent dans un tel pays comme des carpes
Arístides Fernández García, un ressortissant cubain de 37 ans expulsé des États-Unis vers la République centrafricaine, a finalement quitté Bangui après près de trois mois passés dans la capitale. Affaibli par des problèmes de santé et confronté à de nombreuses difficultés administratives, il a pris un vol à destination de l’Éthiopie, première étape de son voyage vers la Bolivie. D’autres Cubains expulsés restent toujours à Bangui.

Le départ d’Arístides Fernández García met fin à plusieurs semaines d’attente pour ce ressortissant cubain envoyé en République centrafricaine à la fin du mois de juillet 2026. Selon les informations publiées par le média cubain CiberCuba, il a quitté Bangui le lundi 19 octobre, après avoir passé près de trois mois dans un pays où il ne possédait aucune attache familiale ou personnelle.
Avant de quitter la capitale centrafricaine, le Cubain a enregistré une vidéo d’adieu, diffusée sur Facebook par Yasmany Moreno, un autre ressortissant cubain expulsé des États-Unis et toujours présent à Bangui.
« Ma gente, maintenant je m’en vais vraiment. Santé et bénédictions à tous. Merci pour tout le soutien que vous m’avez apporté jusqu’à ce jour », a-t-il déclaré, visiblement ému.
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Les images diffusées montrent le ressortissant cubain faisant ses adieux depuis un établissement hôtelier de Bangui, où plusieurs migrants expulsés auraient été hébergés.
De Bangui à Addis-Abeba, première étape vers la Bolivie
Après son départ de l’aéroport international Bangui-Mpoko, Arístides Fernández García a rejoint Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.
Depuis cette ville, il a publié une nouvelle vidéo pour annoncer son arrivée et remercier les personnes qui l’avaient accompagné dans ses démarches.
Selon son témoignage, des représentants des Nations unies l’attendaient à sa descente de l’avion.
« Lorsque je suis arrivé ici, les gens de l’ONU m’attendaient en descendant de l’avion. Ils ont été plutôt bienveillants avec moi », a-t-il expliqué.
Le Cubain a également décrit son impression en découvrant l’aéroport et la capitale éthiopienne, après plusieurs mois difficiles passés à Bangui.
« Ici, tout change. C’est une ville plutôt jolie, elle a l’air assez moderne, l’aéroport est assez grand et à partir de maintenant, on peut déjà voir que la vie commence à changer un peu », a-t-il raconté.
Son itinéraire prévoit ensuite un passage par Istanbul, en Turquie, puis par la Colombie, avant de rejoindre la Bolivie, sa destination finale.
Au moment de la publication des informations par CiberCuba, son arrivée en Bolivie n’était pas encore confirmée.
Arrêté à Miami malgré une demande d’asile en cours
Le parcours d’Arístides Fernández García avait commencé plusieurs mois auparavant aux États-Unis.
Le 6 janvier 2026, il avait été interpellé par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), le service américain chargé du contrôle de l’immigration, alors qu’il s’était présenté à une audience concernant sa situation migratoire à Miami, en Floride.
Selon son témoignage, il disposait pourtant d’une demande d’asile en cours d’examen et d’une autorisation de travail valable jusqu’en 2030.
Après son arrestation, il avait été transféré dans plusieurs centres de détention américains.
Il affirme notamment avoir passé 96 jours dans le centre surnommé « Alligator Alcatraz », en Floride, où ses conditions de détention auraient gravement affecté son état de santé.
Durant cette période, il dit avoir perdu environ 27 kilogrammes.
À la fin du mois de juillet, les autorités américaines l’ont transféré vers la République centrafricaine, dans le cadre de leur politique d’expulsion de migrants vers des pays tiers.
Le ressortissant cubain affirme être arrivé à Bangui sans documents lui permettant d’organiser facilement son départ et sans informations précises sur sa situation administrative.
Près de trois mois de difficultés à Bangui
Pendant son séjour dans la capitale centrafricaine, Arístides Fernández García a rencontré plusieurs difficultés pour obtenir les documents et les autorisations nécessaires à son voyage.
Son état de santé avait également suscité des inquiétudes parmi les autres migrants cubains présents dans la ville.
Quelques jours avant son départ, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux le montraient particulièrement affaibli, alors qu’il attendait une prise en charge médicale.
D’autres ressortissants cubains expulsés vers Bangui ont également signalé des problèmes de santé, notamment des cas de paludisme.
Ces témoignages ont attiré l’attention sur les conditions de séjour des migrants transférés en République centrafricaine, loin de leur pays d’origine et sans perspective immédiate de retour aux États-Unis.
Au moment de quitter Bangui, Arístides Fernández García est revenu sur les mois passés en détention et sur son séjour en Afrique.
« Cela a été une longue aventure. J’avais passé sept mois en prison, presque trois mois ici en Afrique. Et tout cela a été très difficile », a-t-il confié.
D’autres Cubains attendent toujours leur départ de Bangui
Si Arístides Fernández García a finalement pu quitter la République centrafricaine, plusieurs de ses compatriotes se trouvent encore dans la capitale.
Arrivé en République centrafricaine après son expulsion des États-Unis, le ressortissant cubain a pris un vol depuis Bangui pour entamer son long voyage vers la Bolivie.
Parmi eux figure Yasmany Moreno, qui continue de publier des témoignages sur les difficultés rencontrées par les migrants cubains envoyés dans le pays.
Avant son départ, Arístides a exprimé sa tristesse de laisser derrière lui des personnes avec lesquelles il avait partagé plusieurs semaines d’incertitude.
« Je ressens de la peine pour tous mes amis qui sont à la traîne, mais je sais qu’ils pourront également résoudre leurs problèmes, si Dieu le veut », a-t-il déclaré.
Le nombre exact de ressortissants cubains encore présents à Bangui n’est pas précisé dans les informations publiées par CiberCuba.
Leur situation administrative, les possibilités de départ vers d’autres pays et les conditions de leur prise en charge restent également peu documentées.
La Centrafrique parmi les pays accueillant des migrants expulsés par Washington
Le transfert d’Arístides Fernández García vers Bangui s’inscrit dans la politique migratoire menée par l’administration du président américain Donald Trump.
Cette politique prévoit notamment l’expulsion de certains étrangers vers des pays tiers, y compris lorsque les personnes concernées ne possèdent aucune nationalité, aucun lien familial ou aucun historique de résidence dans ces États.
Le cas du ressortissant cubain montre les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les personnes envoyées vers des destinations éloignées de leur pays d’origine.
Dans son témoignage, Arístides Fernández García affirme n’avoir jamais eu de relation particulière avec la République centrafricaine avant son expulsion.
Son séjour à Bangui s’est prolongé pendant près de trois mois, le temps de rechercher une solution lui permettant de quitter le territoire centrafricain.
Malgré son départ vers la Bolivie, il n’a pas abandonné l’idée de retourner un jour aux États-Unis, où il avait vécu pendant plusieurs années.
« Nous ne sommes pas des délinquants, nous avons fait toutes les choses correctement dans ce pays et je pense que nous méritons cette chance de nouveau dans la vie », a-t-il affirmé.
Pour les autres Cubains encore présents à Bangui, le départ d’Arístides Fernández García constitue désormais un précédent. Ils attendent à leur tour de trouver une destination et de réunir les conditions administratives nécessaires pour quitter la République centrafricaine.
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