Route nationale Bangui-Sibut : l’effondrement d’un pont à 10 km de Sibut paralyse les circulations

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un pont s’est effondré vendredi dernier sur la route nationale reliant Bangui à Sibut, dans la localité de Kangamoté située à 10 kilomètres de Sibut. Cette infrastructure coupée en deux paralyse totalement la circulation sur cet axe vital qui relie la capitale aux provinces du nord et du nord-est du pays.
Cette route nationale, que certaines sources identifient comme la RN2, constitue l’artère principale vers Bambari, Bria, Birao, Obo, et les localités frontalières avec le Tchad et le Soudan. Des centaines de véhicules, camions de transport, véhicules légers, des Woroworo, ainsi que des bus de passagers se retrouvent bloqués des deux côtés du pont effondré.
Les petites voitures et les camions ne peuvent absolument pas franchir la brèche. Seuls quelques véhicules 4×4 parviennent à contourner l’obstacle en empruntant des pistes de fortune dans la brousse. Mais cette option reste inaccessible à la majorité des usagers.
La situation affecte toutes les localités du nord et du nord-est : Kaga-Bandoro, Batangafo, Bouca, Bambari, Bria, Yalinga, Sam-Ouandja, Ouanda-Djallé, Alindao, Kembé, Bangassou, Obo, Birao. Les voyageurs venus de ces villes se retrouvent coincés à Kangamoté sans possibilité d’atteindre Bangui. Inversement, ceux qui partent de la capitale vers ces destinations sont bloqués à 75 kilomètres de Bangui, contraints de faire demi-tour ou de chercher un hébergement à Damara en attendant une hypothétique réparation.
Ce blocage a créé une concentration inhabituelle de personnes dans la zone. Les jeunes de Damara et des villages environnants ont immédiatement saisi cette opportunité commerciale. Des jeunes filles se sont rendues au marché abattoir de Bouboui, situé à 45 kilomètres de Bangui sur la route de Boali, pour acheter de la viande de bœufs qu’elles préparent sur place et vendent aux passagers bloqués. Des restaurants improvisés ont ainsi surgi le long de la route, transformant temporairement la zone en lieu de commerce juteux pour les jeunes de Damara.
Si cette situation profite à certains jeunes commerçants de Sibut et de Damara, elle représente un désastre pour l’économie nationale et pour les milliers de voyageurs et transporteurs immobilisés. Les marchandises ne circulent plus, les passagers perdent leur temps et leur argent, les activités économiques sont gelées.
Face à cette coupure, une seule voie principale reste praticable pour sortir de Bangui vers le nord : l’axe Boali-Yaloké-Bossemptélé -Bouar-Béloko vers le Cameroun. L’autre alternative passerait par Mbaïki, mais cette route ne mène pas loin, soit vers Mongoumba au Congo par une piste difficile, soit vers Berbérati en direction du Cameroun, itinéraire également compliqué.
Cet effondrement de pont n’est pas une surprise. Il témoigne de l’état catastrophique des infrastructures routières centrafricaines après près de dix ans de négligence totale. Pendant que le régime Touadéra verse 10 milliards de francs CFA par mois aux Président russe Vladimir Poutine pour ses mercenaires , les ponts s’effondrent, les routes se dégradent, le pays se délite.
Pas d’eau potable dans les villes, pas d’électricité régulière, pas d’écoles fonctionnelles, pas d’hôpitaux équipés, mais des cérémonies pompeuses pour inaugurer des projets fantômes et 10 milliards mensuels pour Wagner. Les priorités du régime apparaissent clairement : maintenir le pouvoir par la force étrangère plutôt qu’investir dans les infrastructures de base.
Ce pont effondré symbolise l’effondrement général d’un pays abandonné par ses dirigeants. Pendant que Touadéra prépare son troisième mandat inconstitutionnel, les citoyens centrafricains se demandent ce qu’ils ont fait pour mériter une telle punition de la part de Dieu.
La réparation de ce pont nécessitera probablement des semaines, voire des mois, dans un pays où les travaux publics avancent au ralenti faute de moyens et de volonté politique. En attendant, des milliers de personnes resteront bloquées, l’économie continuera de suffoquer, et le pays s’enfoncera un peu plus dans le chaos infrastructurel.
Cette coupure de la route nationale vers le nord intervient au pire moment, en pleine période pré-électorale où la circulation des personnes et des biens devrait être facilitée. Mais en République centrafricaine de 2025, même les infrastructures les plus vitales s’effondrent pendant que le régime dépense des milliards pour des mercenaires étrangers.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)