RCA : Pactiser avec le diable et ses diablotins

Publié le 14 juillet 2022 , 8:05
Mis à jour le: 13 juillet 2022 7:16

 

Rédigé par LHCRD

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le vendredi 15 juillet 2022

 

Bangui (CNC) – Les rumeurs couvent la ville de Bangui. On annonce de partout un imminent soutien du gouvernement rwandais au processus du référendum constitutionnel que le régime de Bangui souhaite de tout vœu. La diaspora s’en mêle. La société civile aussi. Jusque-là, silence radio du coté du gouvernement et de la représentation rwandaise auprès de la République centrafricaine.

Touadera

 

Ce qui est sûr, l’actualité politique en Centrafrique, connait, depuis quelques jours, un important développement. Il ne s’agit plus de la France dressée contre le Centrafrique et son Peuple. Il s’agit là d’un acteur majeur, qui a contribué au maintien de la sécurité lors des violents affrontements militaires et contestations politiques nées des élections de 2020 : le Rwanda de l’intrigant Paul Kagamé, accusé de toutes parts, d’ingérence dans les affaires intérieures de la République centrafricaine. La configuration dans l’analyse de la situation géopolitique de la RCA a donc changé. Le diable se trouvant dans les détails.

 

Pour le moment, de l’avis de tous les observateurs lucides, aucune initiative parlementaire, dans le format actuel des choses, ne saurait en aucun cas offrir à Touadéra la révision du nombre des mandats tant voulue. Une raison de plus pour son Conseiller spécial, le Ministre Gouandjika, de le dire à qui voulait l’entendre, sur RFI, que le schéma actuel est d’aller vers le *« changement de la constitution ».* En langage simple, profaner l’actuelle constitution, et imposer une nouvelle, à la taille de Touadéra, pour marcher sur la démocratie et l’Etat de droit, puisque pour le camp du régime en place, il s’agit de se donner une présidence à vie, un empire.

 

Le problème ? Plus qu’isolé sur la scène diplomatique, le régime de Bangui n’a de salut que dans un pacte conclu avec le diable et ses diablotins. Et si ce diable était le généreux Kagamé ?

 

Nous le savons tous, aujourd’hui, que le problème du grand Peuple, n’est pas ces calculs politiques mesquins de modification-révision de la Constitution. Pour ces 2.5 millions d’âmes qui manquent à manger, la priorité est sans cesse le pain, la paix, la sécurité, la résolution de la crise d’hydrocarbure ainsi que le retour de la rationalité dans la gestion des choses de l’Etat. Nouer des alliances avec des acteurs non-conscients de ces réalités, c’est comme pactiser avec le diable et ses diablotins. Les conséquences, on les connait, le Peuple centrafricain, aussi débonnaire qu’il ne puisse paraitre, saura, au moment opportun, prendre ses responsabilités. Lui qui défit l’empire de Bokassa, saura se donner la chance d’espérer enfin en un lendemain meilleur. La météo politique de ce pays meurtri ne trompe jamais.

 

 

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