RCA : Au cœur d’une guerre par procuration entre la France et la Russie !

Publié le 28 juillet 2022 , 8:11
Mis à jour le: 28 juillet 2022 2:38

 

Rédigé par Ben Wilson Ngassan

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le vendredi 29 juillet 2022

 

Bangui (CNC) – Cette semaine, une bataille diplomatique inédite a eu lieu en plein coeur du continent. Macron se rend à Yaoundé rencontrer Paul Biya, d’un côté. Sergueï Lavrov, le « monsieur diplomatie » de Poutine, est à Oyo pour parler avec Sassou, de l’autre. Quoique programmé séparément, les deux visites d’État traduisent on ne peut être plus clair la guerre froide qui se déroule entre Paris et Moscou en plein milieu du 21e siècle.

Le Président français Emmanuel Macron à droite, et Vladimi Poutine à gauche
Le Président français Emmanuel Macron à droite, et Vladimi Poutine à gauche

 

Guerre d’influence de plus en plus claire

 

A Yaoundé, Macron vient renforcer les liens diplomatiques et historiques déjà très tordus ces dernières années avec l’Afrique. Entre la France et le continent, c’est un passé qui ne veut pas passer », a ainsi lâché le numéro un français, faisant allusion au lourd bilan de la colonisation française, mais surtout à la nouvelle dynamique que déploie Paris dans le but de reconquérir l’Afrique.

De son côté, Sergueï Lavrov, à défaut d’être Poutine, a taillé sa visite sur mesure. L’homme semble avoir priorisé l’aide agroalimentaire que peut apporter la Russie au continent. Mais pour les esprits avertis, il s’est passé, cette semaine, une guerre d’influence de plus en plus claire entre Paris et Moscou. Et au cœur  de cette guerre d’influence, comme l’a dit le Président Macron, la Centrafrique et ses Wagner. Bien sûr que Paris en a encore à la gorge quant au déploiement militaire russe en Centrafrique, lequel est qualifié de recours au mercenariat international, punit par les lois internationales.

Durant son séjour à Yaoundé, Macron a surtout réitéré les accusations d’ingérence politico-militaire et économique de la Russie sur le continent, en citant notamment le cas du Mali et de la Centrafrique. Bangui qui avait déjà recouru à l’aide militaire russe avant le Mali, est depuis dans l’oeil du cyclone. Pourtant, le régime centrafricain ne veut reculer devant aucune adversité. Tous les analystes internationaux s’accordent aujourd’hui à dire que la capitale centrafricaine est bien pour Moscou le « Soft power » pour son ambition hégémonique.

 

À Bangui, la soif de l’indépendance et la diplomatie de brutalité 

 

Les autorités en place se font-elles violence pour comprendre qu’en plein cœur d’une guerre d’influence, le pays peut-il jouer tactiquement en prenant la voie du rétablissement définitif de la sécurité, qui plus est, s’inscrivant définitivement sur la voie de l’émancipation ?

Pour une Nation meurtrie après tant d’années de crises, la soif de l’indépendance politique et économique est plus que pressante. Seulement, il faut des dirigeants visionnaires, encore plus, fins tacticiens pour éviter au pays d’être la victime gratuite des bras de fer entre les puissances. Cette vision qu’il faut aux dirigeants centrafricains, c’est d’abord de savoir ce que désire ce Peuple : bien être social, réconciliation nationale, accès aux systèmes sociaux de base (éducation, santé, rétablissement de la sécurité). Ensuite, faire preuve d’une diplomatie agissante afin que tel ou tel accord avec les puissances qui se bousculent au portillon, puissent garantir à la Nation, le progrès.

 

Les gouvernants  centrafricains  toujours dans le flou

 

Mais comment cela pourrait-il devenir réalité lorsqu’en face les gouvernants ne disposent pas de projet de société ? Les louanges de redynamisation de la diplomatie centrafricaine ne sont qu’en fait du chœur des anges pour consoler les veuves. Puisqu’au demeurant, et comme l’a dit bien dit un leader politique centrafricain, la diplomatie du pays, depuis ses six dernières années, n’est qu’une diplomatie de brutalité. Et on le sait, les alliances constructives ne se nouent pas dans le vacarme. D’ailleurs, le gangstérisme qui a caractérisé notre approche diplomatique ne nous a guère permis de traverser la mer. Encore que nous patôgeons dans les eaux troubles du fleuve Oubangui.

Les temps évoluent. Et le pas en avant, c’est cette poussée du pays vers d’autres partenaires comme la Russie (pourvu que cela soit encadré), ce qui existait bien avant. Mais puisque les temps évoluent, il faut que les dirigeants centrafricains soient amenés à comprendre que seules les coopérations qui respectent le principe de souveraineté des peuples peuvent être considérées comme des coopérations constructives. En partant de ce principe, ni la diplomatie agressive de la France depuis la nuit des temps, ni le sauvetage russe à travers ses stipendiés syriens et tchétchènes ne sauraient garantir à cette Nation un lendemain meilleur.

Ceci étant dit, aujourd’hui et plus que jamais au cœur  de cette guerre d’influence, la Centrafrique doit louvoyer entre les pôles d’influence afin de tailler la part nécessaire pour ses rejetons. La politique n’a pas d’amis. Ce ne sera pas la Russie ni la France qui seraient très préoccupées par nos problèmes si nous ne prenons pas conscience de les résoudre nous-mêmes.

 

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