TOUADERA, L’AVEU DE FAILLITE : DIX ANS DE POUVOIR, ZERO REPONSE A UNE QUESTION SIMPLE

0
2

TOUADERA, L’AVEU DE FAILLITE : DIX ANS DE POUVOIR, ZERO REPONSE A UNE QUESTION SIMPLE

 

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de ,  

Invité à répondre à une question simple sur la manière d’attirer des capitaux de long terme en République centrafricaine, Touadéra a offert une démonstration saisissante de vide intellectuel et politique. Après dix ans de présidence, cinq ans de primature et malgré les titres universitaires qu’on lui prête, il s’est montré incapable de formuler la moindre stratégie cohérente ni même de saisir l’essence de la question posée. Au lieu de parler mécanismes, réformes et garanties à offrir aux investisseurs, il a récité un catalogue de projets subventionnés, remercié la BAD et demandé des décaissements plus rapides.

 

La question pourtant était claire: comment passer de l’assistance et des programmes à court terme à des engagements d’investissement durables, structurés et productifs ? Une réponse sérieuse supposait au minimum quatre éléments : distinguer capitaux de long terme et financements conditionnés à court terme, présenter des instruments concrets comme les PPP, les garanties juridiques ou un cadre réglementaire stable, expliquer comment réduire le risque-pays, et articuler les ressources naturelles avec une stratégie de développement durable. Touadéra n’a parlé ni de capitaux privés, ni de gouvernance, ni de climat des affaires, ni de sécurité juridique, ni de lutte contre la corruption. Il a répondu à une question sur la stratégie de financement par un hors-sujet complet.

 

Cette réponse révèle une posture de demandeur assisté, non de stratège. Au lieu de présenter la RCA comme un État souverain capable d’offrir un cadre crédible aux investisseurs, il la montre comme un « parent pauvre du financement », dépendant d’une institution multilatérale qu’il sollicite presque comme une tutelle financière. Il confond aide-projet et investissement direct étranger, renforce l’image d’un État incapable de mobiliser ses propres ressources et ne dit rien sur les réformes nécessaires pour rassurer des partenaires de long terme.

 

Plus grave encore, celui que l’on présente comme un « double docteur » n’articule ni économie ni science politique. On attendrait d’un professeur d’université qu’il sache définir un problème, structurer une réponse, distinguer les niveaux d’analyse et proposer des mécanismes concrets. Au lieu de cela, il enchaîne les généralités sur un Plan national de développement, sans chiffres, sans calendrier, sans indicateurs, sans cadre de suivi. Ce flou trahit soit une absence de maîtrise des enjeux économiques de long terme, soit un refus délibéré d’aborder les vrais leviers structurels.

 

Sa réponse accumule aussi les incohérences. Il se dit « parent pauvre du financement » tout en affirmant avoir suscité l’intérêt de plusieurs partenaires ; il insiste sur des projets lourds et urgents sans proposer la moindre réforme pour accélérer leur maturation ; il évoque des kits solaires sans les intégrer à une stratégie énergétique nationale ; il réclame des décaissements rapides sans dire un mot sur l’absorption des fonds, la gouvernance des projets ou l’efficacité de la dépense publique. En somme, il mélange auto-congratulation, mendicité institutionnelle et bricolage énergétique.

 

Les signes d’incompréhension sont flagrants. La journaliste parle de capitaux assortis d’engagements à long terme ; lui répond par le nombre de projets financés par la BAD. Elle oppose engagements durables et conditionnalités à court terme ; lui n’aborde jamais la question des conditionnalités ni la manière de les dépasser. Elle rappelle que la RCA est riche en ressources naturelles mais peu financée ; lui reste muet sur la transparence des contrats miniers, la fiscalité extractive, la gestion de la rente et la transformation de cette richesse en investissement productif. Ce n’est plus de la prudence : c’est un aveu d’impuissance ou de fuite.

 

Une réponse solide aurait reposé sur quatre axes : gouvernance et État de droit, crédibilité macroéconomique, instruments concrets pour attirer des capitaux de long terme, et stratégie sectorielle claire dans l’énergie, l’agriculture et la transformation locale. Il fallait parler sécurité juridique des contrats, transparence minière, lutte contre la corruption, mobilisation des ressources internes, diversification des partenaires, PPP bien encadrés, garanties contre le risque politique et vision industrielle. Rien de cela n’est venu.

 

Au bout du compte, le vrai déficit de la RCA n’apparaît pas seulement financier ; il se situe au sommet même de l’État. Après dix ans de pouvoir, Touadéra reste incapable d’expliquer comment transformer les ressources naturelles du pays en capitaux de long terme, comment réduire la dépendance extérieure et comment bâtir un cadre crédible pour l’investissement. L’argent existe, les partenaires existent, les capitaux existent ; ce qui manque, c’est la crédibilité. Et cette crédibilité ne se mendie pas : elle se construit par des réformes, des actes et des réponses claires.

 

A T BENGUEWE DAMARAS

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube :

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

Email :

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org