Formalités” à 1000 francs et mendicité forcée : Le racket pathétique des FACA sur les barrières et les marchés à Ouadda – Maïkaga
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Ouadda – Maïkaga, une sous-préfecture de la Haute-Kotto, située à environ 204 kilomètres de Bria, la circulation sur les axes routiers et la fréquentation des espaces marchands s’accompagnent depuis plusieurs années d’une taxe invisible et illégale imposée par les éléments de forces du désordre communément appelés soldats FACA. Le représentant de l’État dans cette localité refuse de fermer les yeux sur cette réalité et valide publiquement les réclamations de ses administrés devant les agissements des soldats. Ces abus routiniers transforment la mission de sécurisation en une pression financière permanente exercée sur une population déjà grandement précarisée.
Le sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba refuse d’adopter la langue de bois et avoue sans détour l’existence de ces dérives. Selon l’autorité locale, les militaires déployés désobéissent ouvertement aux instructions fournies par leur hiérarchie. Au niveau des barrières de contrôle, le passage des conducteurs de taxi-motos donne lieu à des exigences financières arbitraires. Les soldats imposent le versement de sommes de 1000 à 2000 francs sous le prétexte de prétendues « formalités » administratives totalement inventées.
Cette prédication économique s’étend de plus jusqu’au cœur de l’activité commerciale de la commune. Les militaires s’invitent régulièrement sur les étals des marchés pour réclamer directement des marchandises aux commerçants et aux éleveurs. Prétextant la faim ou le manque de moyens, ils exigent gratuitement des cigarettes, de la nourriture ou des morceaux de savon. Ce comportement, proche d’une mendicité forcée, fragilise l’économie locale et installe un climat de méfiance entre les civils et l’armée.
Face à ces exactions, l’administration civile tente d’agir mais se heurte à des limites concrètes. Si le sous-préfet saisit le chef de détachement dès qu’une réclamation officielle est déposée pour décanter la situation, de nombreux abus échappent encore à son contrôle direct. Ce système de prélèvement sauvage commis par des agents en uniforme ternit gravement l’image des forces de défense, transformant la libération de la ville en un fardeau financier quotidien pour les habitants.
Par Moïse Banafio
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