Pris la main dans le sac, Mamadou Anselme, en intérim à l’Inspection académique de la Vakaga, détourne les frais de formation des enseignants de la Vakaga

0
7

Pris la main dans le sac, Mamadou Anselme, en intérim à l’Inspection académique de la Vakaga, détourne les frais de formation des enseignants de la Vakaga

 

 

Pris la main dans le sac, Mamadou Anselme, en intérim à l’Inspection académique de la Vakaga, détourne les frais de formation des enseignants de la Vakaga
Les enseignants après leur formation par l’inspection académique de la Vakaga

Rédigé le 16 avril 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Alors que la Banque mondiale injecte des fonds colossaux via le projet PARE pour sauver un système éducatif en déliquescence dans la préfecture de la Vakaga, un homme sabote méthodiquement ces efforts : Mamadou Anselme, secrétaire général de l’Inspection académique. Sous couvert d’intérim,  qu’il occupe depuis des années,  l’homme a transformé les formations pédagogiques en machine à spolier les enseignants et à asphyxier l’éducation dans ladite préfecture.

 

Une formation sabotée dès le départ

Du 4 au 13 avril 2026, une session de formation sur la « pédagogie explicite », financée par la Banque mondiale, devait permettre à des dizaines d’enseignants de Birao, Tiringoulou et Ouanda-Djallé de se former. Sur le papier. En réalité, Mamadou Anselme en a fait un cauchemar administratif et financier :

Pris la main dans le sac, Mamadou Anselme, en intérim à l’Inspection académique de la Vakaga, détourne les frais de formation des enseignants de la VakagaMonsieur Mamadou Anselme, Inspecteur académique par intérim dans la Vakaga
Monsieur Mamadou Anselme, Inspecteur académique par intérim dans la Vakaga

 

 

Dès le départ, le ministère de l’éducation avait envoyé comme chef de mission l’inspecteur d’académie Justin Guy Evarist Kouzou. Ce dernier s’est vu rapidement mis dans la poche par Mamadou Anselme, secrétaire général de l’Inspection académique de la Vakaga qui assure l’intérim de l’inspecteur d’académie de la préfecture depuis plusieurs mois, et qui occupe cette fonction d’intérim depuis des années.

 

Pour cette formation de dix jours qui se déroulait de 7h30 à 15h30, les organisateurs avaient prévu le petit-déjeuner, de l’eau potable et le déjeuner communautaire à midi. Mamadou Anselme et son entourage ont suspendu le petit-déjeuner et l’eau, laissant les participants sans ces prestations.

Les participants ont été sélectionnés à partir d’une vieille liste établie il y a deux ans. Plusieurs enseignants figurant sur cette liste ont déjà quitté la préfecture, tandis que des enseignants présents sur place ont été mis à l’écart simplement parce que leur nom ne figurait pas sur cette liste obsolète présentée par monsieur Mamadou. Seule une cinquantaine d’enseignants de Birao ont suivi la formation, alors qu’à  Birao, on  peut compter environ une centaine d’enseignants et que d’autres viennent des sous-préfectures de Tiringoulou et Ouanda-Djallé.

 

Le système de racket massif des indemnités

À la clôture de la formation, le lundi 13 avril 2026, les frais de participation et les frais de transport pour les enseignants venus de loin devaient être versés. Dans d’autres préfectures, ces frais s’élèvent à 5 000 francs par jour, soit 50 000 francs pour dix jours, plus les indemnités de transport selon la distance. À Birao, Mamadou Anselme a fait ramener le montant journalier à 3 000 francs.

 

Les enseignants venus de l’extérieur (au-delà de 15 km) ont reçu 50 000 francs au total. Ceux de la ville qui ont accepté les conditions ont perçu publiquement 100 000 francs, avant de remettre une partie en cachette à Mamadou Anselme. Au final, certains enseignants ont touché seulement 25 000 ou 30 000 francs, tandis que d’autres ont perçu 100 000 francs selon qu’ils résident ou non à Birao.

 

Ces pratiques ne datent pas d’hier. Lors d’une formation précédente organisée par l’ONG Triangle pour la même durée de dix jours, les montants versés variaient fortement : certains enseignants ont reçu 90 000 francs, d’autres 25 000 francs et d’autres encore seulement 9 000 francs. Ceux qui ont perçu 100 000 francs ont dû partager la somme avec Mamadou Anselme. Cette répartition inégale avait déjà provoqué le limogeage de certains employés de l’ONG, alors que le secrétaire général reste en poste.

 

Mamadou Anselme choisit les enseignants qui acceptent ses propositions pour participer aux formations et écarte ceux qui refusent. Cette manière de faire prive de nombreux enseignants de la possibilité de se former sur les nouvelles méthodes pédagogiques et réduit les moyens destinés à améliorer la qualité de l’enseignement dans la Vakaga.

 

Les efforts des partenaires et de la Banque mondiale pour relever le niveau de l’éducation dans cette zone se heurtent ainsi à des détournements répétés au sein même de l’Inspection académique. Les enseignants et les populations locales attendent des mesures concrètes pour que ces fonds servent réellement à la formation et à l’encadrement des enfants.

 

 

Par Ibrahim Moussa

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC