Pour la première fois, la panique s’empare de Sani Yalo. L’homme multiplie les folles contradictions, mais la justice décide de poursuivre ses investigations pour faire tomber le sultan

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Pour la première fois, la panique s’empare de Sani Yalo. L’homme multiplie les folles contradictions, mais la justice décide de poursuivre ses investigations pour faire tomber le sultan  

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

L’affaire du présumé putsch à Bangui plonge le ministre conseiller de l’empereur Sani Yalo dans une panique totale, l’amenant à multiplier les déclarations contradictoires pour tenter de blanchir son nom.

 

La scène politique centrafricaine s’enflamme autour d’un projet de coup d’État qui viserait le dictateur Faustin-Archange Touadéra. Au cœur de cette tempête, le puissant ministre conseiller à la présidence, Sani Yalo, donne l’image d’un homme aux abois. Ses dernières interventions publiques se heurtent les unes aux autres, traduisant une fébrilité évidente face au travail des magistrats.

 

D’un côté, Sani Yalo a choisi les réseaux sociaux pour diffuser un démenti catégorique. Dans ce texte, il affirme que son audition par le procureur de la République s’est déroulée dans le calme et dans le respect le plus strict des procédures républicaines. Il y dément vigoureusement avoir tenté d’agresser physiquement le magistrat, une altercation pourtant rapportée par plusieurs observateurs de la vie politique locale. Par cet écrit, il reconnaît donc explicitement que l’entretien judiciaire a bel et bien eu lieu.

 

De l’autre côté, le même homme change radicalement de version lorsqu’il s’exprime au micro de la radio de Keloua. Devant les auditeurs, Sani Yalo soutient fermement que cette audition n’a pas eu lieu et n’aura plus lieu. Il qualifie l’ensemble du dossier de mensonge inventé de toutes pièces par ses adversaires politiques. Pour se dédouaner, il prétend que les professionnels du droit ont déjà analysé les éléments et ont décidé de classer l’affaire sans suite.

 

Cette version est pourtant démentie par les autorités judiciaires elles-mêmes. Interrogé par le magazine Jeune Afrique, le procureur de la République a rappelé une règle simple : la procédure judiciaire est en cours et la justice ne communique pas pendant les investigations. L’affirmation de Sani Yalo sur un prétendu classement sans suite est donc contredite par la position officielle du parquet, qui maintient ses investigations.

 

Dans son discours radiophonique, l’homme d’affaires a lourdement insisté sur la nécessité de préserver la paix et la réconciliation nationale. Derrière ce message officiel se cache un avertissement à peine voilé destiné au dictateur Touadéra et à son entourage. Sani Yalo, connu pour son rôle de grand financier du régime, rappelle implicitement son influence. Il tente de faire comprendre que s’attaquer à sa personne revient à briser l’équilibre précaire du pouvoir.

 

La rupture est désormais visible entre Sani Yalo et une partie du clan de l’empereur, qu’il traite ouvertement d’ingrats. Ce groupe restreint, estimé à quelques milliers de personnes, tente de l’écarter alors qu’il figurait parmi les favoris pour le futur poste de vice-président de la République. Rattrapé par son passé et sous la menace d’un mandat d’arrêt international en provenance de Guinée équatoriale pour une autre affaire de coup d’État, le ministre conseiller se retrouve bloqué à Bangui, prêt à tout pour sa survie politique.

 

Par Alain Nzilo

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