Pauvreté et inégalités : une menace pour la paix en Centrafrique

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La pauvreté et les inégalités constituent des obstacles majeurs au développement humain et à la paix en République centrafricaine. Dans un pays durement touché par des crises répétées et une gouvernance fragile, la majorité de la population lutte pour accéder aux besoins de base, tandis que les disparités entre zones urbaines et rurales, hommes et femmes, redoublent les tensions sociales. Cet article explore l’ampleur de la pauvreté en RCA, ses conséquences sur le développement humain et les pistes pour y remédier, en s’appuyant sur une analyse approfondie des indicateurs socio-économiques.
Une pauvreté généralisée aux conséquences inquiétantes
La RCA fait face à une pauvreté extrême qui touche une part écrasante de sa population. Plus de deux tiers des Centrafricains vivent en dessous du seuil national de pauvreté, avec un revenu inférieur à l’équivalent de 1 dollar par jour pour plus de 67 % d’entre eux, et 84 % subsistant avec moins de 2 dollars par jour. Cette situation est particulièrement inquiétante en milieu rural, où 72 % de la population est pauvre, contre 60 % en milieu urbain. Ces chiffres révèlent une fracture géographique profonde, les zones rurales étant souvent dépourvues d’infrastructures de base comme l’accès à l’eau potable ou à l’électricité.
L’insécurité alimentaire aggrave encore cette crise. Plus de la moitié des ménages centrafricains souffrent d’un accès insuffisant à une alimentation adéquate, ce qui compromet la santé et le bien-être des populations, en particulier des enfants. La malnutrition touche près de 28,5 % des enfants de moins de 5 ans en termes de poids pour âge, et 37,9 % en termes de taille pour âge, des indicateurs qui reflètent une crise sanitaire chronique. Ces conditions de vie précaires limitent les opportunités d’éducation et d’emploi, perpetuant un cycle de pauvreté intergénérationnel.
Des inégalités qui fragilisent la cohésion sociale
Les inégalités en RCA ne se limitent pas à la répartition géographique. Les disparités de genre sont particulièrement marquantes. Les femmes ont un accès plus restreint à l’éducation, avec un taux d’analphabétisme de 68 % chez les femmes âgées de 10 ans et plus, contre 46,2 % chez les hommes. Au primaire, le taux net de scolarisation des filles est de 47,1 %, bien inférieur à celui des garçons (63,9 %). Ces écarts se traduisent par une marginalisation économique et sociale des femmes, limitant leur participation à la vie publique et leur autonomie.
Sur le plan sanitaire, les inégalités sont tout aussi criantes. Le taux de mortalité maternelle reste extrêmement élevé, avec 1 102 décès pour 100 000 naissances vivantes, un chiffre qui reflète les lacunes dans l’accès aux soins obstétricaux, particulièrement pour les femmes pauvres en milieu rural. Seulement 14 % des naissances parmi les 20 % les plus pauvres sont assistées par du personnel qualifié, contre 44 % au niveau national. De plus, l’accès à l’eau potable, essentiel pour la santé, est limité : environ 7 Centrafricains sur 10 n’y ont pas accès, avec des taux encore plus faibles en zones rurales (74 %) et dans les périphéries urbaines (68,5 %).
Ces inégalités, qu’elles soient de genre, géographiques ou économiques, alimentent un sentiment de frustration et de marginalisation. Dans un contexte où le capital social – la confiance entre les citoyens et vis-à-vis de l’État – est déjà faible, ces disparités risquent d’attiser les tensions sociales et de compromettre la stabilité du pays.
Les impacts sur le développement humain
La pauvreté et les inégalités en RCA ont un impact direct sur les indicateurs de développement humain, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du niveau de vie. L’espérance de vie à la naissance est d’environ 43 ans, avec une légère différence entre hommes (40 ans) et femmes (45 ans), bien en deçà des moyennes régionales. Le taux de mortalité infanto-juvénile, qui atteint 176 pour 1 000 naissances vivantes, est particulièrement élevé en milieu rural (228 ‰) comparé aux zones urbaines (188 ‰). Ces chiffres traduisent un système de santé sous-financé, avec seulement 8 médecins pour 100 000 habitants.
L’éducation, un pilier du développement humain, est également en crise. Le taux brut de scolarisation au primaire est de 75 %, mais seulement 31 % des élèves achèvent ce cycle, avec une disparité marquée entre garçons (40 %) et filles (20 %). Au secondaire, la situation est encore plus alarmante, avec un taux brut de scolarisation de 16 %, tombant à 3 % pour le deuxième cycle. Ces faibles niveaux d’éducation limitent les perspectives d’emploi et perpetuent la précarité économique.
Enfin, le sous-emploi touche trois quarts des travailleurs urbains, qui gagnent souvent moins que le salaire minimum. Cette insécurité économique, combinée à la pauvreté généralisée, entrave la capacité des ménages à investir dans leur avenir, qu’il s’agisse de santé, d’éducation ou d’activités productives.
La pauvreté et les inégalités en RCA ne sont pas seulement des défis économiques, mais des menaces directes au développement humain et à la stabilité du pays. En s’attaquant aux causes profondes de ces problèmes – accès limité aux services de base, disparités de genre et géographiques, faiblesse de la gouvernance – la RCA peut poser les bases d’un avenir plus équitable. Cela exige une mobilisation collective, impliquant l’État, les partenaires internationaux et la société civile, pour transformer les défis en opportunités et permettre à chaque Centrafricain de réaliser son potentiel….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)