Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité

Rédigé le 08 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Une armée qui fuit le danger qu’elle est censée combattre, cela peut paraître impossible. Pourtant, en République Centrafricaine, c’est une réalité que vivent les populations au quotidien, et la ville de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, en est l’’exemple parfait.
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Si dans tous les pays du monde l’armée est là pour protéger la population et combattre l’insécurité, en Centrafrique, les FACA sont perçus davantage comme des racketteurs que comme des protecteurs.
Rappelons qu’à Ouanda-Djallé, le lieutenant Denis commande le détachement des Forces Armées Centrafricaines. Mais ce qui s’est passé il y’a quelques semaines laisse les habitants sans vois.
Ce jour, un exploitant minier venu de Tiringoulou, une ville centrafricaine dans la Vakaga, a fait une halte dans cette ville avant de poursuivre sa route vers Sam-Ouandja. Conscient des dangers qui guettent les voyageurs sur cet axe, il a sollicité une escorte militaire auprès du lieutenant.
La réponse qu’il a reçue a de quoi laisser sans voix. Le lieutenant Denis lui a expliqué que la route était trop dangereuse et qu’il ne pouvait pas exposer ses hommes à un tel risque. Un chef militaire qui reconnaît lui-même que son unité ne peut pas opérer là où l’insécurité règne, c’est-à-dire là où elle devrait justement intervenir, est incroyable.
Devant ce refus, l’exploitant n’a pas baissé les bras. Il a contacté la commune d’Ouandja par téléphone pour demander du renfort. Six soldats des Forces Armées Centrafricaines, dont un sous-officier au grade d’adjudant-chef, ont alors fait le déplacement jusqu’à Ouanda-Djallé pour le rejoindre et l’accompagner jusqu’à Sam-Ouandja.
Ce qui interpelle ici, c’est l’absurdité de la situation. Des soldats déployés à Ouanda-Djallé précisément pour lutter contre l’insécurité, et qui déclarent ne pas pouvoir bouger à cause de cette même insécurité. Pendant ce temps, six militaires venus d’une autre commune ont dû parcourir des kilomètres pour accomplir le travail que ceux sur place ont refusé de faire.
Et pendant ce temps, sur la route entre Ouanda-Djallé et Sam-Ouandja, les bandits, eux, n’ont aucune raison de rester immobiles.
Par Moïse Banafio
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