Où est passée la Mercedes 300 SL du président fondateur Barthélémy Boganda ?
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La Mercedes 300 SL du président fondateur Barthélémy Boganda demeure introuvable depuis 1959. On se demande où se trouve cette voiture de luxe emblématique pour le moment.
Une voiture d’exception au cœur de l’histoire centrafricaine
La Mercedes-Benz 300 SL représente l’un des modèles automobiles les plus prestigieux des années 1950. Reconnaissable à ses portes papillon, cette voiture de sport a conquis des célébrités internationales comme Clark Gable, Alain Delon et Frank Sinatra. En République centrafricaine, l’histoire retient qu’une seule 300 SL a foulé le sol national : celle de Barthélémy Boganda.
Selon les archives de Mercedes-Benz consultées par le journaliste automobile français Laurent Quemener, cette voiture constituait un exemplaire unique sur le continent africain. Boganda, Premier ministre de la République centrafricaine et architecte de l’indépendance, avait acquis ce véhicule directement auprès du constructeur allemand. La valeur actuelle de cette automobile avoisine les 2 millions d’euros sur le marché des collectionneurs.
Un patrimoine volatilisé après 1959
L’accident d’avion qui coûta la vie à Boganda le 29 mars 1959 marque le début de l’énigme. Aucun document officiel ne précise ce qu’est devenue la Mercedes 300 SL après la disparition de son propriétaire. Les indices expliquent que le véhicule circulait encore sous la présidence de Jean-Bédel Bokassa, cousin de Boganda qui accéda au pouvoir par un coup d’État en 1966.
Bokassa, réputé pour son goût du luxe, aurait pu récupérer cette automobile emblématique. Toutefois, son renversement en 1979 lors de l’opération Barracuda n’a fourni aucune information sur le sort de la voiture. Les hypothèses incluent un possible transfert lors de l’exil de Bokassa en Côte d’Ivoire puis en France, une vente discrète ou un abandon pur et simple.
Des recherches entravées par l’absence d’archives
Laurent Quemener, qui mène des investigations sur cette disparition, souligne les difficultés rencontrées. Les archives administratives et douanières centrafricaines, qui pourraient contenir des informations indispensable, restent largement inaccessibles ou non numérisées. Les troubles politiques récurrents ont compromis la conservation de nombreux documents historiques.
Le musée Barthélémy Boganda à Bangui, inauguré en 1966 sous l’impulsion de Bokassa, ne dispose d’aucune information sur cette Mercedes. Cette situation illustre les lacunes dans la préservation du patrimoine national centrafricain.
Un symbole national égaré
La disparition de cette Mercedes 300 SL dépasse le cadre d’une simple perte matérielle. Ce véhicule incarne un fragment de l’histoire centrafricaine, lié à la figure tutélaire de Boganda. Son absence des collections nationales pousse à s’interroger sur la gestion du patrimoine historique du pays.
Les recherches de Laurent Quemener, documentées sur le site voitures-de-collection.e-monsite.com, appellent à une mobilisation pour retrouver des traces de cette automobile. Il explique que des témoignages ici ou ailleurs ainsi que des archives administratives pourraient éclairer cette énigme.
Une quête patrimoniale à poursuivre
Cette Mercedes devrait logiquement figurer parmi les biens patrimoniaux de la République centrafricaine. Sa valeur historique et financière en fait un élément du patrimoine national qui mérite d’être localisé et préservé….
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