Opération Hibou sur le site de déplacés de Ngouli à Obo : tortures, tabassages et incendies d’habitations

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Opération Hibou sur le site de déplacés de Ngouli à Obo : tortures, tabassages et incendies d’habitations

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-habitations-incendies-a-obo-par-les-forces-de-l-ordre-sur-decision-du-commandant-de-compagnie-de-la-gendarmerie.webp” data-wpel-link=”internal”>Opération Hibou sur le site de déplacés de Ngouli à Obo : tortures, tabassages et incendies d’habitations
Les habitations incendiés à Obo par les forces de l’ordre sur décision du commandant de compagnie de la gendarmerie

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Une force mixte dirigée par le commandant de compagnie de la gendarmerie a semé la terreur à Obo, sur le site des déplacés de Ngouli mardi soir, brûlant des habitations et tabassant femmes, enfants et vieillards.

 

Pour comprendre l’histoire, il faut remonter un peu en arrière. À Obo, le site des déplacés de Ngouli porte le nom du village Ngouli, dont sont originaires ses occupants. Dans le village Ngouli, il y’a quelques années, les habitants avaient fui les rebelles de la LRA il y a plusieurs années pour trouver refuge au centre d’Obo. Mais une fois à Obo, ils se sont regroupés sur un site qu’ils baptisent: Ngouli. Plusieurs années, plus tard, Ce lieu de refuge allait devenir le théâtre d’une violence qu’ils n’auraient jamais imaginée venir de leurs propres forces de sécurité.

 

Ainsi, dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 juin, vers 23 heures, une opération d’envergure s’est abattue sur le camp. Des gendarmes, des policiers et des soldats centrafricains ont mené une opération hibou sur le site. Ils investi les lieux sous les ordres du commandant de compagnie de la gendarmerie de Obo. Cet officier avait déjà fait parler de lui deux semaines auparavant en menaçant publiquement sur les réseaux sociaux de “finir avec la race” des miliciens azandés. C’est un véritable au génocide des Zandé.

 

Les éléments armés ont procédé méthodiquement, fouillant chaque habitation l’une après l’autre. Dès leur arrivée, ils ont commencé à frapper tout le monde sans distinction : hommes, femmes, personnes âgées et même les enfants. La violence déployée cette nuit-là dépassait tout ce que le camp avait connu depuis des jours.

 

Des habitations ont été incendiées par ces criminels. Une femme avec ses enfants a vu sa maison partir en fumée après le passage des militaires. Les soldats ont d’abord fouillé son logement, puis y ont mis le feu sans lui laisser le temps de récupérer quoi que ce soit. Elle n’avait même pas de tente pour se réfugier après l’incendie, se retrouvant à la rue avec sa progéniture en pleine nuit.

 

Le dentiste de la ville d’Obo, qui se trouvait sur le site avec son épouse et ses enfants, a particulièrement souffert. Toute sa famille a été violemment battue sans ménagement. Lui-même a reçu un coup violent à la tête avec un objet contondant qui l’a grièvement blessé, nécessitant son transfert d’urgence à l’hôpital où il se trouve toujours.

 

Même un bébé d’un an n’a pas été épargné par la fureur des assaillants. L’enfant pleurait après avoir été frappé. Au contraire, ils ont continué leurs exactions comme s’ils étaient devenus sourds aux cris de détresse, agissant avec une froideur qui a choqué tous les témoins de la scène.

 

Ces hommes censés protéger la population se sont transformés en véritables bandits de grand chemin. Leur comportement cette nuit-là n’avait plus rien à voir avec une opération de maintien de l’ordre. Ils répétaient ouvertement qu’ils voulaient “finir avec la race Zandé”, reprenant les mots de leur commandant diffusés sur les réseaux sociaux.

 

Plutôt que d’affronter les miliciens azandés retranchés dans la brousse à Bambouti, les forces de sécurité préfèrent s’en prendre aux civils sans défense à Obo. Ils craignent visiblement les combattants armés et reportent leur frustration sur la population du camp. Cette lâcheté explique pourquoi des femmes, des vieillards et des enfants deviennent les cibles d’une violence aussi disproportionnée.

 

Le chef du village de Ngouli, également chef du site de déplacés, a dû prendre la fuite avant l’opération. Les forces de l’ordre l’accusent de soutenir les miliciens azandés, ce qui a fait de lui un homme recherché. Il a traversé le fleuve Mbomou pour se réfugier en République démocratique du Congo, abandonnant malgré lui la population restée sur place.

 

Son départ n’explique pourtant en rien la violence exercée contre les autres habitants du camp. Si les forces de sécurité pensent vraiment que ce chef soutient la milice, pourquoi punir des femmes, des enfants et des personnes âgées qui n’ont aucun lien avec les combattants? Cette logique collective de punition vise manifestement toute une communauté pour les actions supposées de quelques-uns.

 

Les miliciens azandés en question se trouvent à plus de mille kilomètres de Bangui, dans des zones reculées. Ils ont pris les armes en réaction aux exactions commises par les rebelles et les Mercenaires russes contre les populations locales. Leur mouvement d’autodéfense s’oppose certes aux autorités, mais cela ne justifie en rien de massacrer des civils innocents installés dans un camp de réfugiés.

 

Les propos tenus il y a deux ans par Fidèle Gouandjika , ministre conseiller du président, résonnent aujourd’hui d’une manière glaçante. Il avait déclaré sur Facebook être prêt à armer pour commettre un génocide en cas de tentative de coup d’État. Ces mots, largement diffusés et documentés par les organisations de défense des droits humains, semblent trouver un écho dans ce qui se passe actuellement à Obo.

 

La situation dans la préfecture du Haut-Mbomou empire de jour en jour sans que personne ne réagisse. Les casques bleus de la Minusca, pourtant présents dans la zone, observent sans intervenir. Leur passivité rappelle celle qui avait précédé le génocide rwandais, quand les signes avant-coureurs étaient déjà visibles mais ignorés par la communauté internationale.

 

Aucun média n’a jusqu’ici relayé ces événements qui se déroulent pourtant sous les yeux de tous. Les organisations humanitaires gardent le silence face à ce qui ressemble de plus en plus à une préparation de nettoyage ethnique. Les habitants de Ngouli, déjà déplacés une première fois par la violence de la LRA, subissent aujourd’hui celle de leur propre armée dans une indifférence presque complète. Ils se préparent désormais à quitter le site pour un autre, pourvu qu’ils trouvent la paix.

 

La population de Obo est en colère. Elle demande aux autorités si elle doit quitter la ville pour laisser que les forces des voyous sur place ?

 

Par Éric Nzapa

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