Le Consortium panafricain pour la paix annonce une initiative internationale destinée à renouer les liens historiques, culturels et généalogiques entre l’Afrique et sa diaspora.
Le Dr Nounga Djomo Ernest, coordonnateur général du Consortium panafricain pour la paix (CPP), vient de publier sa deuxième déclaration officielle consacrée à la Première Conférence internationale sur la généalogie des Noirs, organisée à Salvador de Bahia, au Brésil. Il annonce le lancement d'une Caravane de Restitution qui doit relier les communautés afro-descendantes à plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale.

Cette nouvelle déclaration, adoptée sous l'autorité du Conseil exécutif du CPP, précise les ambitions de l'organisation. Le Consortium souhaite transformer les travaux scientifiques et historiques de la conférence de Bahia en initiatives concrètes pour les populations issues de la diaspora africaine.
Pour le Dr Nounga Djomo Ernest, la recherche généalogique dépasse le cadre universitaire. Elle constitue un moyen de retrouver les origines familiales des descendants d'Africains déportés pendant la traite esclavagiste.
« Nous ne saluons pas simplement un événement académique ; nous soutenons un acte de libération historique majeur et de souveraineté », affirme le coordonnateur général du CPP.
L'organisation considère que la connaissance des origines constitue une étape importante dans la reconstruction des liens entre les populations africaines et leurs descendants installés dans les Amériques.
Une Caravane de Restitution entre le Brésil et six pays africains
La principale annonce de cette deuxième déclaration concerne le déploiement d'une Caravane de Restitution. Le projet prévoit deux pôles géographiques destinés à faciliter les échanges entre les communautés afro-descendantes et les populations africaines.
Le premier pôle sera établi en Afrique de l'Ouest, avec le Bénin comme principal point d'ancrage, aux côtés du Togo et de la Côte d'Ivoire.
Le choix du Bénin repose notamment sur l'importance historique de Ouidah, ancien port de départ de nombreux Africains déportés vers les Amériques. Le CPP entend également valoriser les liens culturels qui unissent cette région à Salvador de Bahia.
Le deuxième pôle sera installé en Afrique centrale, autour du Cameroun, avec la participation envisagée du Congo et de l'Angola.
Dans sa déclaration, le Dr Nounga Djomo Ernest accorde une attention particulière aux peuples Tikar, Bamoun et Bamiléké du Cameroun. Il affirme que des correspondances génétiques permettent d'établir des liens entre ces communautés et des populations afro-descendantes.
Ces affirmations scientifiques, présentées par le Consortium, nécessitent néanmoins des données génétiques documentées pour déterminer précisément les filiations concernées.
La Caravane de Restitution doit ainsi associer les recherches généalogiques, les échanges culturels et les rencontres entre les communautés des deux continents.
Salvador de Bahia au centre du rapprochement avec la diaspora
Le Consortium accorde une place importante à Salvador de Bahia dans cette initiative internationale.
Cette ville brésilienne possède un héritage africain particulièrement présent dans ses traditions religieuses, musicales et culturelles. Le CPP souhaite s'appuyer sur cette histoire pour développer ses relations avec les organisations représentant les Afro-descendants.
Le Dr Nounga Djomo Ernest rend hommage aux organisateurs de la Première Conférence internationale sur la généalogie des Noirs pour leur engagement scientifique.
Il salue également les communautés afro-descendantes du Brésil qui ont préservé une partie de leurs traditions africaines malgré plusieurs siècles de séparation avec le continent.
Pour le coordonnateur général, Bahia constitue un point de rencontre entre les recherches historiques, les identités culturelles et les initiatives de rapprochement avec l'Afrique.
Le CPP sollicite un partenariat avec les institutions de Bahia
La deuxième déclaration comporte également une demande adressée aux autorités et aux institutions brésiliennes.
Le Dr Nounga Djomo Ernest interpelle directement l'État de Bahia, la SEPROMI, la Casa da Igualdade Racial et les responsables des organisations de la diaspora.
Il leur propose de mettre en place un partenariat structuré autour de la Caravane de Restitution.
« Nous vous appelons à sortir de la neutralité passive pour sceller un partenariat structurel concret », déclare-t-il.
Ce partenariat doit permettre, selon le CPP, de coordonner les réseaux associatifs, scientifiques et institutionnels engagés dans la recherche des origines africaines.
Le Dr Nounga Djomo coordonne le déploiement de la Caravane de Restitution pour relier la diaspora africaine et les communautés du continent.
L'organisation souhaite également que cette coopération contribue à la lutte contre les discriminations et à une meilleure reconnaissance des populations afro-descendantes.
À ce stade, la déclaration ne précise ni le calendrier de déploiement de la caravane, ni son financement, ni les modalités pratiques de participation des six pays africains mentionnés.
Une neutralité politique revendiquée
Le Consortium panafricain pour la paix insiste sur son indépendance politique et institutionnelle.
Son coordonnateur général affirme que cette neutralité doit permettre à l'organisation de travailler avec différents partenaires sans dépendre des intérêts d'un gouvernement ou d'une formation politique.
Le CPP entend concentrer ses activités sur la reconnaissance historique, la protection des droits et le rapprochement entre les communautés africaines et afro-descendantes.
« Il ne peut y avoir de paix durable sans justice historique », soutient le Dr Nounga Djomo Ernest.
Pour l'organisation, la restitution des liens généalogiques constitue également un enjeu de coopération internationale. Elle souhaite que les recherches sur les origines africaines débouchent sur des échanges humains, culturels et scientifiques durables.
Le Consortium appelle ainsi les institutions de Bahia et les représentants de la diaspora à participer à la mise en œuvre de la Caravane de Restitution.
Le projet doit notamment favoriser les rencontres entre les Afro-descendants du Brésil et les communautés du Bénin, du Togo, de la Côte d'Ivoire, du Cameroun, du Congo et de l'Angola. Le CPP attend désormais des engagements institutionnels pour définir les prochaines étapes de cette initiative.
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