Ndélé : interpellation de six demandeurs d’asile soudanais par des policiers qui demandent 500 000 francs CFA pour les libérer

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le racket est devenu une activité courante pour certains éléments des forces de sécurité en Centrafrique. Les populations ne savent plus à quel saint se vouer quand les protecteurs se transforment en grands bandits et criminels. Les événements survenus à Ndélé ce jeudi 11 décembre en apportent une preuve supplémentaire.
Les menaces qui pèsent sur les Centrafricains ne viennent plus uniquement des groupes armés. Une autre forme de danger s’est installée dans le quotidien des citoyens. Elle porte l’uniforme et détient l’autorité légale pour contrôler, arrêter et détenir. Ce jeudi 11 décembre 2025, six ressortissants soudanais ont vécu cette réalité à Ndélé lors d’un banal contrôle routier.
Les agents de police ont intercepté ces hommes et leur ont réclamé leurs documents d’identité. Les six personnes ont aussitôt sorti leurs attestations délivrées par le Haut-Commissariat aux Réfugiés. Ces papiers prouvent leur statut de demandeurs d’asile et leur donnent le droit de circuler librement sur le territoire centrafricain en attendant le traitement final de leur dossier. Tout semblait en règle.
Mais les policiers ont examiné les documents et ont décrété qu’ils n’avaient plus de valeur. Selon eux, la date de validité était dépassée et ces attestations ne pouvaient plus servir de justificatif. Les Soudanais ont tenté d’expliquer que seul le HCR possède la compétence pour renouveler ces titres. L’agence onusienne ne laisse jamais ses bénéficiaires sans papiers valides et procède aux actualisations nécessaires quand le moment arrive.
Les explications n’ont servi à rien. Les forces de l’ordre ont refusé d’écouter les arguments et ont embarqué les six hommes direction le commissariat. Une fois au poste, les Soudanais ont été jetés en cellule. Depuis jeudi, ils croupissent derrière les barreaux sans possibilité de contacter leurs proches ou l’organisation qui les protège. Leur libération dépend maintenant d’une condition précise.
Les policiers réclament 500 000 francs CFA pour ouvrir les portes de la prison. Cette somme dépasse largement les capacités financières de la plupart des réfugiés qui vivent grâce à l’aide humanitaire. Les familles cherchent désespérément comment rassembler cet argent pendant que leurs parents restent enfermés dans des conditions déplorables. Le temps passe et personne ne sait combien de jours durera cette détention arbitraire.
Cette pratique ne touche pas seulement les étrangers. Les Centrafricains subissent le même traitement lorsque les patrouilles leur demandent leur carte d’identité nationale. Beaucoup n’en possèdent pas car l’obtenir à Ndélé relève du parcours du combattant. Les bureaux administratifs fonctionnent mal, les déplacements coûtent cher et les délais s’allongent indéfiniment. Chaque personne sans carte devient une cible potentielle pour les contrôles payants.
Les policiers touchent pourtant leur salaire régulièrement. La banque verse leurs émoluments chaque mois sans retard particulier. Mais ces revenus officiels ne suffisent apparemment pas à certains éléments qui ont choisi une voie plus rapide vers l’enrichissement. Le racket de la population rapporte bien plus que le traitement mensuel et permet d’accumuler rapidement de l’argent sans effort. Chaque interpellation devient une transaction commerciale où la liberté se négocie en billets de banque.
Les contrôles d’identité se sont transformés en occasions lucratives. Les barrages routiers ne servent plus à vérifier les documents mais à trouver des prétextes pour exiger de l’argent. Peu importe que les papiers soient en ordre ou non, il y aura toujours un motif pour emmener quelqu’un au poste et négocier sa sortie. Cette méthode fonctionne particulièrement bien avec les réfugiés qui ne connaissent pas bien leurs droits et craignent les représailles.
Les groupes armés qui terrorisaient jadis les routes de Ndélé ont perdu leur emprise sur la région. Mais une nouvelle forme d’insécurité a pris leur place. Elle ne porte pas de treillis militaire ni de cache-visage. Elle arbore l’uniforme de la police nationale et utilise l’appareil d’État pour dépouiller les gens. Les habitants ne savent plus vers qui se tourner quand ceux qui incarnent la loi la violent ouvertement pour leur profit personnel. Les six Soudanais attendent toujours qu’on paie leur rançon
Par Barthelemy Kosset….
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