Ndachima : un jeune ouvrier centrafricain grièvement blessé par balle par un gendarme centrafricain

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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ce mercredi 21 janvier 2026 vers 12 heures, un ouvrier minier centrafricain a été blessé par balle à Ndachima pour avoir tenté de récupérer de minuscules pépites dans les tas de sable jetés par les Russes de la milice Wagner.
L’incident s’est déroulé à Ndachima, localité située à 60 kilomètres de Bambari dans la préfecture de la Ouaka, sur un site minier exploité par le groupe Wagner. Le jeune ouvrier faisait partie d’un groupe qui fouillait les résidus d’exploitation aurifère abandonnés par les mercenaires russes.
Ces résidus constituent ce que la population appelle les “poubelles minières”. Lorsque les Russes exploitent les gisements d’or, ils extraient d’abord plusieurs couches de sable et de terre avant d’atteindre le gravier contenant le précieux métal. Les premières couches retirées sont ensuite déversées dans des zones d’évacuation autour du site, généralement à 5 kilomètres de l’endroit où les gisements sont extraits.
Malgré ce rejet, ces tas contiennent encore parfois de minuscules morceaux d’or. Les ouvriers centrafricains viennent laver ces débris dans l’espoir de trouver de petites pépites qu’ils peuvent revendre entre 2 000 et 3 000 francs CFA. Cette somme leur permet d’assurer leur survie quotidienne dans une région frappée par l’extrême pauvreté.
Mais les mercenaires russes interdisent formellement à quiconque de toucher à ces déchets miniers. Pour faire respecter cette interdiction, ils donnent des ordres stricts aux gendarmes et aux soldats des Forces armées centrafricaines déployés sur place. Ces militaires centrafricains reçoivent la mission de surveiller les sites et d’empêcher toute récupération.
C’est ainsi que ce mercredi 21 janvier, les gendarmes sont arrivés pendant que plusieurs jeunes fouillaient justement ces tas de résidus. Face à l’arrivée des forces de l’ordre, la plupart des ouvriers ont immédiatement pris la fuite pour échapper aux attaques. Le jeune homme blessé n’a pas réagi assez rapidement.
Alors qu’il tentait de se relever pour s’enfuir à son tour, un gendarme a ouvert le feu. La balle l’a atteint à la jambe et il s’est effondré au sol, incapable de poursuivre sa course. Les gendarmes l’ont ensuite récupéré sur place.
Des habitants sont venus questionner les forces de l’ordre sur les raisons de cette violence gratuite. Les gendarmes ont répondu qu’ils ne faisaient qu’appliquer les consignes transmises par les mercenaires russes. Selon eux, personne n’a le droit d’approcher ces zones de déversement.
Cette obéissance stricte aux ordres russes s’explique par un système de sanctions particulièrement dur. Quand un soldat ou un gendarme centrafricain refuse d’exécuter une directive donnée par Wagner, les mercenaires confisquent son arme et l’enferment dans un conteneur métallique. Durant deux ou trois jours, le militaire sanctionné ne reçoit que de l’eau, sans aucune nourriture.
Cette méthode pousse les soldats FACA à obéir sans discuter aux instructions des Russes. Au lieu de tirer en l’air pour disperser la foule, comme le recommanderait une intervention mesurée, les gendarmes tirent directement sur les personnes. Le jeune ouvrier a eu la chance que le projectile n’atteigne que sa jambe.
L’exploitation de Ndachima par Wagner dure depuis plusieurs années maintenant. Cette présence résulte de l’accord signé entre le groupe de mercenaires et le président Faustin-Archange Touadéra qui les a fait venir en République centrafricaine. Les habitants de la zone vivent sous cette pression permanente, pris entre leur besoin de survivre et l’interdiction de toucher aux restes d’une richesse extraite de leur propre terre
Par Alain Nzilo
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