« Monsieur le Président, vous avez vous-même listé pourquoi personne ne rentre : incompétence, injustice, peur et champagne pour quelques-uns ». La réponse cinglante d’un Centrafricain qui ose dire la vérité à Touadéra depuis Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Moscou, Faustin-Archange Touadéra a répété son refrain habituel devant étudiants et militaires en formation : rentrez, soyez patriotes, développez le pays. Mais un Centrafricain resté à Bangui, bravant la peur quotidienne, a répondu en direct sur les réseaux. Il retourne chaque mot du président contre lui et montre que Touadéra a décrit, sans le vouloir, tous les poisons qui vident le pays : entourage incompétent, sécurité réservée aux proches, justice aux abonnés absents, souffrance pour le peuple et luxe pour les privilégiés.
Un Centrafricain de la capitale centrafricaine, encore sur place à Bangui, a écouté le discours de Faustin-Archange Touadéra à Moscou devant la diaspora centrafricaine, et n’a pas mâché ses mots. Il a posté une réponse longue, ferme, sans détour. Il explique que le président, en cinq minutes, a lui-même exposé pourquoi personne ne rentre au pays. Point par point, il démonte le mensonge patriotique.
Touadéra parle de patriotisme : rentrez si vous aimez votre pays. Le répondant acquiesce : oui, rentrer pour aider, pour travailler, pour ne pas rester inutile. Mais il ajoute : « Dès qu’on revient avec des diplômes et des compétences, on nous bloque. » Ceux qui sont déjà là, grâce à des magouilles et des lois tordues, refusent la place aux nouveaux. Preuve : « Depuis dix ans, c’est les mêmes personnes, les mêmes visages. Ils foutent rien, et on ne les chasse pas. » Touadéra appelle au retour, mais son système protège les incompétents et repousse les vrais capables.
Le président dit que ceux qui sont restés font des efforts, que c’est difficile pour eux. Le Banguien répond cash : « Non, ce n’est pas difficile. C’est que vous choisissez mal. » Vos ministres, vos conseillers, vos proches – beaucoup issus de la diaspora – transforment les ministères en sièges du MCU. Ils ne font rien d’utile. « Vous les gardez 20 ans, 30 ans, 40 ans malgré le désordre total, la catastrophe dans l’administration. » Au lieu de virer les nuls et d’essayer d’autres gens, Touadéra recycle les mêmes. Résultat : administration fantôme, pays bloqué.
Sur la sécurité, Touadéra sous-entend que les gens hésitent à rentrer par manque de courage. Le répondant explose : « Même moi, à Bangui, je ne suis pas rassuré. » Sécurité garantie seulement pour vous et vos suiveurs. Exemples concrets : Elisin Guimali, de la société civile, tabassé par des miliciens proches du pouvoir – et la justice ? Rien. L’opposant Nissé attend toujours son passeport – pourquoi on le bloque ? « Ceux qui disent la vérité deviennent des victimes. Même moi qui parle, je sais qu’un matin on peut me tabasser jusqu’à la mort. » La diaspora l’appelle pour lui dire : fais attention. Peur partout. Et Touadéra pousse les gens à rentrer dans ce climat ? « Pousser à revenir pour être tués, c’est quoi ça ? »
Sur la souffrance, Touadéra accepte qu’on souffre pour le pays, qu’on se douche dehors, qu’on s’organise comme on peut. Le Centrafricain rétorque : oui, on peut souffrir tous ensemble, mais pas pendant que certains s’abreuvent de champagne, prennent des villas, des hôtels, des jets, pendant que le peuple crève. « Tout le monde se lave dehors ? Mensonge. Vos privilégiés se lavent dedans, s’habillent dedans, vivent dedans. Nous, on doit accepter la misère pendant qu’eux profitent. Où est l’équité ? » Injustice totale : les uns triment, les autres pillent.
Enfin, le répondant conclut par l’aveu inconscient du président : « Vous avez listé vous-même les raisons qui bloquent le pays. » Incompétence autour de vous, peur généralisée, injustice criante, absence de garanties. « Créez le climat pour qu’on revienne, pour qu’on fasse des enfants, pour atteindre 10 millions d’habitants. Garantissez-nous ça. » Pas de chanson creuse MCU, pas de « mungu no mungu » pour faire semblant. Vérité nue : « Si on pouvait tous sortir, vous vous retrouveriez seul. Moi, si j’ai la possibilité, je pars. Tout le monde partira. Malheureusement, on n’a pas cette possibilité. »
Ce Centrafricain de Bangui a fait ce que la diaspora n’ose pas toujours : dire la vérité en face, depuis le terrain. Touadéra a décrit les blocages sans s’en rendre compte. Son appel au retour reste un piège vide. Le peuple sait. Et il n’oublie pas.
Par Justine Saragba
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