Mgr Nzapalainga commente l’accord de cessez-le-feu en Centrafrique

Publié le 25 juillet 2014 , 7:39
Mis à jour le: 25 juillet 2014 7:42

Un fragile accord de cessez-le-feu a été trouvé mercredi pour résoudre la crise en Centrafrique. Sous la médiation congolaise, le forum de Brazzaville a accouché péniblement d’une première

Dieudonné  Nzapalainga
Dieudonné Nzapalainga

signature entre représentants de la Séléka, des anti-balakas et de l’Etat centrafricain depuis 8 mois. Tous les signataires se sont mis d’accord sur la non-partition du pays.

Pourtant, le « Forum pour la réconciliation nationale et le dialogue politique » n’est pas parvenu à atteindre l’objectif d’un accord-cadre concret pour le désarmement et la démobilisation des milices. Pas de feuille de route non plus pour un processus de normalisation politique.

Présent lors des discussions, l’archévêque de Bangui Mgr Dieudonné Nzapalainga estime qu’il faut donner une chance à cet accord. RealAudioMP3

Cet accord constitue déjà un premier pas car jusqu’à présent, le peuple Centrafricain aspire à la quiétude. Les gens sont pris en otage par les armes et les intentions de s’affronter mutuellement.
Par la signature des accords de cessation des hostilités, nous commençons une étape et je pense que nous pouvons féliciter la bonne volonté des uns et des autres. Ils ont compris que la souffrance du peuple centrafricain a trop duré et qu’il est temps de tourner la page pour donner une chance à la paix, pour que le vivre ensemble devienne une réalité et pour aller vers le dialogue et la réconciliation. Les anti-Balaka et les ex-coalitions Séléka occupent une bonne partie du pays mais maintenant, les grands responsables ont accepté de signer. Nous ne pouvons que faire confiance à leur bonne volonté suite aux échanges et aux débats. Ils ont maintenant compris l’intérêt national et nous ne pouvons qu’encourager cet accord pour que très vite, il y ait une cessation des hostilités, une démobilisation des armements et une réinsertion de tous ces combattants.

Mais est-ce que du côté des combattants, que ce soit la Séléka ou les anti-Balaka, il n’y a pas un problème de représentation ? Ont-ils du mal à parler d’une seule voix ?
Pour autant que je sache, le coordinateur des anti-Balaka était présent. Ils ont ouvertement dit qu’ils ont réalisé un travail en interne et qu’il ne forme maintenant plus qu’un seul groupe.
Les coalitions Séléka se sont retrouvées et plusieurs groupes les ont rejoints. Le représentant de l’équipe chargée de parler en leur nom a parlé ouvertement en disant « j’engage tous les mouvements, sans exception ». Je pense donc que c’est un moment fort que nous devons prendre en compte.

Vous êtes de retour à Bangui. Comment a réagi la population à la signature de ce cessez-le-feu ?
La population éprouve un certain soulagement et tout le monde attend que ce cessez-le-feu se traduise dans les faits. Maintenant, la balle est dans le camp de nos frères qui ont accepté de signer. C’est maintenant à eux de faire entendre raison à leurs éléments. Nous ne sommes pas dupes, il y aura des récalcitrants et des gens qui essayeront de faire échouer cet accord.
Ils doivent être à la hauteur de leur engagement, être responsable, parler ouvertement et s’impliquer par la sensibilisation et l’information pour que les éléments puissent déposer les armes et qu’ils soient cantonnées, démobilisées afin d’être réinsérer. Le peuple centrafricain veut tourner la page et je crois qu’il est temps de donner la chance à ces ouvertures-là.

Est-ce que vous avez senti une prise de conscience de la part des groupes armés. Est-ce qu’il y a un véritablement un changement dans l’attitude, selon vous ?
C’est ce que j’ai ressenti lors de la réunion que nous avons eu les uns avec les autres. Maintenant, s’ils ont une intention cachée, ça les engage. Moi, je travaille avec de bonnes intentions, je suis un homme de parole. Ils ont donné leur parle, je ne vais mettre en cause leur bonne foi. Bien au contraire, je dois les accueillir et je demande aux uns et aux autres d’être vigilant pour que ça ne soit pas une parole éphémère mais que ce soit une parole solide, encrée sur une réalité pour aider les uns et les autres à croire à ce que nous avons signé.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Cocagne.

 

Par: Radio Vatican

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