Les ouvriers du chantier de Yongoro crient leur colère contre la vente de leurs terres aux Chinois

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Les ouvriers du chantier de Yongoro crient leur colère contre la vente de leurs terres aux Chinois

 

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

L’expulsion des ouvriers du chantier minier de Yongoro par l’armée et les Russes provoque une colère noire contre le pouvoir de Bangui, accusé de brader le pays aux étrangers.

 

Une révolte populaire de grande ampleur agite actuellement la commune rurale d’Hermann Brousse, située au nord-est de Bouar. Le point de départ de cette crise se trouve sur le chantier de Yongoro, une zone minière locale cruciale installée le long de l’axe routier reliant directement la ville de Bouar à la localité de Bocaranga. Dimanche dernier, en pleine journée, des détachements des forces armées centrafricaines ont fait irruption sur ce site d’exploitation artisanale. Les militaires centrafricains opéraient en coordination étroite avec leurs alliés russes appartenant à l’organisation privée Wagner. Sans aucun préavis, les soldats et les mercenaires russes ont ordonné le déguerpissement immédiat, global et sans condition de l’intégralité des ouvriers locaux qui travaillaient sur ce gisement. Les forces de sécurité ont exigé que chaque travailleur abandonne ses outils et quitte définitivement les lieux.

 

Le motif réel de cette descente militaire est la réattribution exclusive de ce périmètre aurifère à des entreprises privées et des exploitants d’origine chinoise. Pour les habitants de la préfecture de la Nana-Mambéré, cette décision gouvernementale représente une spoliation économique pure et simple. Le chantier de Yongoro constitue l’unique moteur économique de la zone, permettant à des centaines de jeunes ouvriers de subvenir aux besoins essentiels de leurs familles, de nourrir leurs enfants et de payer les frais de scolarité. L’expulsion forcée prive instantanément ces populations de leurs seuls revenus légitimes. Dans les vidéos enregistrées sur le terrain par les témoins de l’attaque, la détresse collective s’exprime par des cris de révolte. Les ouvriers dénoncent une politique officielle qui les condamne au chômage forcé ou à la délinquance, faute d’alternatives viables pour gagner leur vie.

 

La cible principale des protestations est le sommet de l’État centrafricain. Face aux caméras des téléphones portables, les ouvriers en colère interpellent directement Faustin-Archange Touadéra. Ils accusent ouvertement le président de délaisser la population centrafricaine et de brader les ressources minières nationales aux intérêts financiers étrangers, notamment aux acheteurs chinois et aux partenaires russes. Les slogans captés dans la commune montrent un niveau d’exaspération extrême. Plusieurs groupes de jeunes ouvriers rappellent publiquement qu’ils ont grandi au milieu des conflits armés et qu’ils maîtrisent parfaitement l’usage des armes. Ils avertissent le pouvoir de Bangui qu’ils préféreront rejoindre les mouvements de rébellion active plutôt que de se laisser affamer par la confiscation de leurs terres de subsistance. Des tirs de sommation effectués par les militaires pour vider le périmètre ont provoqué une confusion totale dans toute la localité de Yongoro

 

Par Martial Passi

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