Les Centrafricains, pris au piège, condamné par le gouvernement à mourir de leur maladie dans le pays

Publié le 1 mai 2022 , 8:07
Mis à jour le: 1 mai 2022 1:57

 

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le lundi 2 mai 2022

 

Bangui (CNC) – C’est une décision inédite. Du jamais vu dans l’histoire de la République centrafricaine, encore moins du monde. Le pays, déjà au fond du trou, s’enfonce de plus en plus. Mais jusqu’à quel niveau? Le paiement par mois de plusieurs milliards de francs CFA à la société de mercenariat Wagner plonge le trésor public dans le chaos financier.  Mais pour le gouvernement, le problème est loin, et la solution est avant tout sur le dos du peuple centrafricain.

 

Par arrêté n°102, le ministre de la Santé et de la Population, sur proposition du directeur de cabinet de la présidence, suspend temporairement toute évacuation sanitaire à l’étranger, avec pour principale raison : la crise budgétaire.

Justement, cette crise financière plonge tout le pays dans une autre dimension sociale plus grave. Avec au moins 2,2 millions de personnes qui sont en insécurité alimentaire élevée en raison des prix élevés des denrées alimentaires, et la quasi-totalité des hôpitaux du pays sont dans des conditions alarmantes, les autorités du pays, de leur côté, trouvent mieux de suspendre temporairement toute évacuation sanitaire à l’étranger. Ceci dit, les fonctionnaires de l’État, qui ont malheureusement cotisé chaque mois pour leur santé,  ne sont plus admissibles à une évacuation sanitaire à l’étranger. Chacun pour soit, Dieu pour tous.

 

Les observateurs s’insurgent

 

Alors, pour de nombreux observateurs centrafricains, pourquoi ne pas aussi diviser les frais spéciaux dédiés à la présidence et à la primature (entre 600 millions de FCFA à 1 milliard) ? Réduire drastiquement le salaire du Président de la République et celui du chef du Parlement ? Pourquoi ne pas supprimer les « bons vendredis » accordés aux ministres et à certains chefs d’institutions publiques ? Ne serait-ce pas tout simplement justice face à la situation financière très chaotique des centrafricains, qui exige plus que jamais, une vraie politique d’austérité ?

Selon monsieur Ben Wilson NGASSAN, observateur de la vie politique , ceux qui tiennent le pouvoir en Centrafrique ne tarissent jamais d’éloges pour eux-mêmes : « visionnaire », « optimiste », « indépendantiste », « Pouvoir du peuple », sauf qu’on les voie très rarement prendre des mesures politico-économiques réelles pour abréger la souffrance du Peuple pour qui ils se réclament.

 

Disparité sociale choquante

 

« Les disparités sociales sont aujourd’hui très patentes en Centrafrique. Il y a quelques semaines, un ancien dignitaire de ce régime nous faisait entrer dans le paradis de sa villa huppée. Un vrai scénario digne de Pablo Escobar ! Toutefois, au Palais de Mandji, tous les week-ends, le vent est en poupe. Mais qu’avons-nous fait au bon Dieu pour mériter ces gens ? », s’alarme monsieur Ben Wilson.

 

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