Le gouvernement condamne la jeunesse à la misère : chômage, pauvreté et manipulation politique

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
L’éducation abandonnée, le chômage endémique et l’absence d’opportunités maintiennent la jeunesse centrafricaine dans une impasse. Lors de l’émission Patara sur la radio Ndéké-Luka, plusieurs intervenants ont dénoncé l’irresponsabilité du gouvernement, qui non seulement laisse la jeunesse sans avenir, mais l’exploite pour se maintenir au pouvoir.
Un système éducatif détruit pour mieux contrôler
Pour Elysée Nguimalé, coordonnateur national de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC), la situation actuelle découle directement des choix du régime. « L’incivisme qui gangrène notre jeunesse est d’abord une conséquence de la destruction volontaire du système éducatif. Un État qui refuse d’éduquer ses citoyens les condamne à la soumission », a-t-il dénoncé.
L’école ne joue plus son rôle. L’éducation civique, qui inculquait les bases de la citoyenneté et du respect des règles, a disparu des programmes scolaires. Pour Espoir Ngamba Dimassé, président de l’Association des enseignants pour l’éthique chrétienne, ce n’est pas un hasard : « Un peuple instruit est difficile à manipuler. En affaiblissant l’éducation, le gouvernement s’assure une jeunesse malléable et incapable de remettre en question son autorité ».
Chômage et précarité : des armes du gouvernement
Si l’éducation est en crise, l’économie ne fait guère mieux. Il est presque impossible pour un jeune diplômé de trouver un emploi. Yannis Siopathis, directeur exécutif de l’ONG URU, dénonce une précarité entretenue : « La pauvreté et le chômage ne sont pas des accidents. Ce sont des outils de contrôle politique. Un jeune sans travail devient une proie facile pour les manipulations du pouvoir ».
Les jeunes sont contraints d’accepter des emplois précaires ou de s’engager dans des activités politiques en échange de promesses jamais tenues. Elysée Nguimalé rappelle que « la présidence elle-même est devenue le symbole de l’incivisme ». Il cite le cas de Fidèle Ngouandjika, conseillers du président qui encouragent la violence et l’intimidation. « Quand un conseiller spécial affirme publiquement qu’ils vont offrir des femmes centrafricaines aux Mercenaires russes pour les remercier, comment s’étonner que les jeunes n’aient plus aucun repère moral ? », s’indigne-t-il.
Une jeunesse sacrifiée pour maintenir le régime en place
Pour Davy Yannick Andida, membre du mouvement Soutenons Faustin-Archange Touadéra, la responsabilité revient aux parents : « Avant d’être citoyens, nous sommes d’abord des enfants élevés dans des familles. C’est là que tout commence ». Cette vision a été vivement contestée par Elysée Nguimalé, qui refuse que l’État se décharge de ses responsabilités.
« Le gouvernement doit offrir un cadre propice au développement de la jeunesse, or il fait exactement l’inverse. Il détourne les fonds destinés aux infrastructures, il ne met en place aucune politique pour soutenir les jeunes entrepreneurs, et il laisse les politiciens transformer les jeunes en mercenaires de leur propre survie politique », a-t-il lancé.
Un avenir compromis par l’inaction du gouvernement
Les récents événements à Nola et au lycée de Gbaloko montrent à quel point les jeunes sont livrés à eux-mêmes. Entre colère et résignation, ils ne voient plus d’issue. Espoir Ngamba Dimassé prévient : « Si rien n’est fait, nous aurons bientôt une génération sans repères, prête à tout pour survivre ».
Le régime n’a aucune solution à cette crise. Yannis Siopathis met en garde : « Un pays qui détruit sa jeunesse se condamne lui-même. Aujourd’hui, nous payons le prix de la politique du gouvernement : une jeunesse désorientée, sans avenir et sans espoir ».
Jusqu’à quand ce régime pourra-t-il exploiter la misère avant que la situation ne lui échappe totalement ?
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)
