L’administration n’est pas un comité de soutien » : la COSCIPAC interpelle les syndicalistes centrafricains, les fonctionnaires, et les forces de défense et de sécurité dans une lettre ouverte

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L’administration n’est pas un comité de soutien » : la COSCIPAC interpelle les syndicalistes centrafricains, les fonctionnaires, et les forces de défense et de sécurité dans une lettre ouverte

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC) a diffusé le 10 avril 2026 à Bangui une lettre ouverte signée par son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO.

 

Intitulée LETTRE OUVERTE À L’ATTENTION DES PRÉSIDENTS DES CENTRALES SYNDICALES, DES FONCTIONNAIRES ET AGENTS DE L’ÉTAT, DES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, cette lettre porte pour objet : « Appel à la défense de l’État de droit, à la restauration du mérite administratif et à la conditionnalité de la loyauté professionnelle au respect des principes républicains ».

 

Dans cette lettre ouverte, la COSCIPAC s’adresse directement aux présidents des centrales syndicales, aux fonctionnaires et agents de l’État ainsi qu’aux policiers, gendarmes et militaires en leur qualité de piliers de l’administration publique. La COSCIPAC indique que, au cours de la dernière décennie sous l’autorité de Faustin-Archange Touadéra et sous l’influence du Mouvement Cœurs Unis, une érosion progressive des principes fondamentaux de l’administration publique s’est produite.

 

La lettre ouverte de la COSCIPAC note que la politisation excessive des nominations administratives a substitué le critère d’allégeance politique à celui de la compétence technique. La COSCIPAC explique que cette pratique a altéré le principe de neutralité de l’administration. La COSCIPAC ajoute que le principe de mérite a été relégué au second plan, les recrutements et promotions n’étant pas suffisamment fondés sur les qualifications et les performances.

 

Selon la lettre de la COSCIPAC, les pratiques de clientélisme et de favoritisme ont instauré une logique de récompense politique, ce qui compromet l’égalité d’accès aux fonctions publiques. La COSCIPAC précise que les procédures légales et réglementaires encadrant les nominations ont été contournées dans de nombreux cas.

 

La COSCIPAC mentionne également que la concentration du pouvoir de nomination entre les mains de l’exécutif a réduit l’autonomie des institutions, tandis que l’instabilité des postes administratifs a fragilisé la continuité du service public. La COSCIPAC évoque en outre des perceptions persistantes de discrimination régionale et communautaire qui ont contribué à affaiblir la cohésion nationale.

 

Dans la deuxième partie de la lettre, la COSCIPAC détaille les conséquences de ces dysfonctionnements sur le développement national. La COSCIPAC cite notamment une baisse significative de la performance administrative, une perte de crédibilité des institutions publiques, une incapacité à concevoir et mettre en œuvre des politiques publiques efficaces, une fuite ou marginalisation des compétences nationales, ainsi qu’un ralentissement du développement économique et social. La COSCIPAC rappelle que l’administration publique constitue une institution républicaine au service exclusif de l’intérêt général.

 

Dans la troisième partie, la COSCIPAC s’adresse aux agents publics et aux forces de sécurité en leur demandant d’assumer leur responsabilité historique. La lettre ouverte de la COSCIPAC précise que la loyauté professionnelle ne saurait être entendue comme une soumission aveugle à des pratiques contraires à la légalité et à l’éthique administrative. La COSCIPAC invite donc à conditionner la loyauté professionnelle au respect des principes démocratiques, de l’État de droit, du principe de mérite et de l’exigence de compétence dans les nominations administratives. La COSCIPAC indique qu’il s’agit d’un engagement républicain en faveur de la bonne gouvernance et de la sauvegarde de l’intérêt général.

 

Dans la quatrième partie, la COSCIPAC attire l’attention sur la nécessité de valoriser le capital humain national. La COSCIPAC plaide pour une réévaluation des nominations à des postes stratégiques afin qu’elles bénéficient prioritairement aux nationaux, dans le respect des lois et des intérêts supérieurs de la Nation.

 

Dans la cinquième partie, la COSCIPAC lance un appel solennel : aux centrales syndicales afin qu’elles défendent les principes de mérite, d’équité et de transparence dans la gestion de la fonction publique ; aux fonctionnaires et agents de l’État afin qu’ils refusent toute instrumentalisation politique de leurs fonctions ; et aux forces de défense et de sécurité afin qu’elles demeurent strictement républicaines et au service exclusif de la Nation. La COSCIPAC conclut cette section en affirmant qu’il est temps de mettre un terme aux nominations partisanes et fantaisistes.

 

Dans la conclusion de la lettre ouverte, la COSCIPAC déclare que l’histoire jugera les choix de la génération actuelle. La COSCIPAC invite collectivement à restaurer une administration forte, neutre, compétente et au service du développement. La COSCIPAC demeure convaincue que seule une mobilisation responsable des acteurs publics permettra de redresser durablement le pays et de restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.

 

Par Gisèle MOLOMA

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