“La MINUSCA doit lever le voile sur l’attaque de Kisangani” :  Fari Tahéruka Shabazz appelle à la transparence dans une interview accordée à CNC

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“La MINUSCA doit lever le voile sur l’attaque de Kisangani” :  Fari Tahéruka Shabazz appelle à la transparence dans une interview accordée à CNC

“La MINUSCA doit lever le voile sur l’attaque de Kisangani” :  Fari Tahéruka Shabazz appelle à la transparence dans une interview accordée à CNC
Monsieur Fari Tahéruka Shabazz

 

 

Rédigé le 19 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Alors que les tensions diplomatiques s’intensifient après l’attaque de drones à Kisangani, République démocratique du Congo, Fari Tahéruka Shabazz, président de l’ICMA, exige une enquête transparente de la MINUSCA. Il redoute une escalade régionale similaire à l’incident Wagner-Tchad de mai 2021.

Voici l’interview intégrale ci-dessous :

 

Corbeau News Centrafrique (CNC) : Monsieur Shabazz, pouvez-vous nous expliquer les raisons pour lesquelles l’ICMA a décidé d’écrire à la cheffe de la MINUSCA concernant l’attaque de drones à Kisangani ?

 

Fari Tahéruka Shabazz (FTS) : La situation sécuritaire en République centrafricaine et, plus généralement, dans la sous-région, se caractérise par une extrême tension, susceptible de dégénérer en un conflit global à la moindre étincelle. Il est donc impératif que les dirigeants fassent preuve d’une grande prudence et que les citoyens exercent une vigilance accrue dans le contrôle de l’action gouvernementale. C’est dans cet esprit de tempérance, voire de précaution, que nous avons abordé cette question, au-delà de l’inquiétude que nous partageons.

Par ailleurs, il convient de rappeler que les événements du 30 mai 2021 à la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine ont failli plonger ces deux pays frères dans un conflit armé. En effet, une force étrangère, en l’occurrence les mercenaires russes de Wagner, a franchi la frontière pour, comme l’a dénoncé le ministre tchadien des Affaires étrangères, Chérif Mahamat Zene, dans un communiqué, où il est expliqué que ces mercenaires russes de Wagner avaient “attaqué le poste avancé de Sourou, en territoire tchadien (…) tué un soldat tchadien, en a blessé cinq (…); cinq autres ayant été enlevés pour être ensuite exécutés à Mbang, du côté centrafricain”. Le risque que ce qui s’est produit avec les Wagner puisse également se produire avec des troupes rwandaises stationnées en Centrafrique sous l’égide de la MINUSCA, à la frontière avec la RDC, constitue une réelle source d’inquiétude pour notre organisation.

 

CNC : Selon votre lettre, le contingent rwandais de la MINUSCA serait impliqué dans l’attaque de drones à Kisangani. Quels sont les éléments qui vous ont amenés à cette conclusion ?

 

FTS : Tout d’abord, précisons que nous avons pris connaissance d’informations parues dans la presse congolaise qui suggèrent une possible implication du contingent rwandais de la MINUSCA dans l’attaque de drones à Kisangani. Nous souhaitons obtenir plus d’informations pour comprendre les circonstances exactes de cette attaque et les éventuelles responsabilités. L’ICMA est préoccupée par ces allégations et souhaite que la vérité soit établie sur cette affaire, dans le but de garantir la stabilité et la sécurité dans la région. Nous appelons donc à une enquête approfondie et transparente pour faire toute la lumière sur ces événements et déterminer les responsabilités, le cas échéant. La transparence et la coopération internationale sont essentielles pour prévenir de tels incidents et renforcer la confiance entre les pays de la sous-région.

 

CNC : Quelles sont les conséquences potentielles de cette attaque de drones sur la sécurité et la stabilité dans la sous-région, selon l’ICMA ?

 

FTS : Rappelons que jusqu’à présent, la MINUSCA n’a pas encore apporté de clarifications sur la situation qui exige des certitudes, des données fiables. Mais évidemment, si les accusations proférées contre le contingent rwandais de la MINUSCA et, par ricochet, contre Mme Valentine Rugwabiza, par une partie de la presse congolaise et une forte et significative partie de leur opinion publique, étaient avérées, les conséquences seraient désastreuses pour l’image de la MINUSCA et pourraient amener à la révocation du mandat du contingent rwandais de la MINUSCA.

 

Par ailleurs, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union Africaine, s’est exprimé sur la question le 6 février dernier en argumentant qu’”au regard des instruments pertinents de l’Union africaine, en particulier la Convention de l’OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et son Protocole de 2004, il considère que, cette attaque est susceptible de relever de la qualification d’acte terroriste (…) de nature à engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et commanditaires, conformément au droit international applicable”. Le président Mahmoud Ali Youssouf de souligner que “cette attaque, dirigée contre une infrastructure aéroportuaire située dans un centre urbain majeur et exposant gravement les populations civiles, constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution”. C’est dire que cette question est diplomatiquement épineuse.

 

CNC : Quelles mesures l’ICMA exige-t-elle de la MINUSCA pour faire toute la lumière sur cette situation et garantir la paix et la stabilité dans la région ?

 

FTS : Nous appelons la MINUSCA à mener une enquête approfondie et transparente pour établir les faits et les responsabilités dans cette affaire. Il est important que la MINUSCA prenne des mesures pour rassurer la communauté nationale et internationale sur l’impartialité des troupes constituant les casques bleus, précisément les contingents rwandais, afin de prévenir tout risque de rupture de confiance et donc de défiance à l’égard de la cheffe de la MINUSCA, Mme Valentine Rugwabiza, des contingents rwandais et des contingents rwandais. L’ICMA souhaite que la MINUSCA travaille en collaboration avec les autorités locales et l’ambassade de la République Démocratique du Congo en Centrafrique pour rétablir la confiance et la stabilité dans la région.

 

CNC : Comment envisagez-vous les retombées de cette affaire sur la crédibilité et la souveraineté de la République Centrafricaine, ainsi que sur les relations entre la MINUSCA et les pays de la sous-région ?

 

FTS : L’ICMA est consciente des risques potentiels que cette affaire pourrait avoir sur la crédibilité et la souveraineté de la République Centrafricaine, ainsi que sur les relations entre la MINUSCA et les populations centrafricaines qui pourraient se sentir trahies. Il est essentiel que les parties prenantes travaillent ensemble pour rétablir la confiance et la stabilité dans la région. Nous sommes convaincus que la transparence et la coopération internationale sont essentielles pour prévenir de tels incidents et renforcer la confiance entre les pays de la sous-région. L’ICMA est profondément préoccupée par les conséquences potentielles de cette attaque de drones sur la sécurité et la stabilité dans la sous-région. Une telle attaque pourrait exacerber les tensions existantes et compromettre les efforts de paix et de réconciliation en cours. Il est essentiel que les parties prenantes prennent des mesures pour prévenir toute escalade et garantir la sécurité des populations civiles.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Propos recueillis par Anselme Mbata

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