Interview exclusive : Ibrahim Sallé, expert en or et diamant, décrypte l’arnaque qui se répète en Centrafrique depuis près de 10 ans

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Bangui, Nairobi, Dubaï. Les lieux changent, les victimes aussi, mais le scénario reste le même : promesses d’or, documents tamponnés, paiements en cascade, puis disparition. Depuis près de 10 ans, un réseau d’escroquerie à l’or et au diamant sévit en Centrafrique, laissant derrière lui des millions perdus et une traînée d’impunité. Dans cette interview exclusive, Ibrahim Sallé, expert africain en or et diamant, revient sur les mécanismes de cette arnaque structurée, ses ramifications transnationales, et pose une question dérangeante : pourquoi l’État ne parvient-il pas à couper la chaîne ?
Suivez l’intégralité de l’interview ci-dessous :
CNC : Bonjour Monsieur Ibrahim Salé.
Ibrahim Salé : Bonjour. Merci de me recevoir.
CNC : Pour que tout le monde comprenne, on va revenir sur les escroquerie en or et diamant qui se multiplient dans le pays. Reprenons depuis le début. Comment ce type d’arnaque démarre, concrètement ?
Ibrahim Salé : Ça démarre presque toujours par un rabatteur. Il approche un investisseur avec une offre très “propre” : or disponible, diamant disponible, profits rapides, sortie vers Dubaï, procédures “déjà validées”. Il parle vite, rassure, montre des photos, promet une audience, un contact “haut placé”, une coopérative, un ministère, un service technique. La victime a l’impression d’entrer dans un circuit encadré.
CNC : Ensuite, la victime reçoit des papiers, des tampons, des signatures. En août 2024, notre enquête décrivait déjà des documents fabriqués pour donner une apparence légale. Pourquoi ces papiers suffisent à tromper ?
Ibrahim Salé : Parce que beaucoup de gens confondent “papier” et “preuve”. On peut imprimer une facture, inventer une coopérative, coller des cachets. Mais ça ne prouve ni l’existence de la marchandise, ni le droit de l’exporter. Dans ces dossiers, on met la victime dans une mise en scène administrative : formulaires, analyses, bordereaux, lettres, références. Elle se dit : “Si c’est tamponné, c’est vrai.” C’est exactement le piège.
CNC : Dans l’affaire plus récente, la plainte à Bangui est datée du 26 novembre 2025, et la perte annoncée atteint 46 millions FCFA. On voit une montée progressive des demandes d’argent. C’est une technique ?
Ibrahim Salé : Oui. On commence par des montants “supportables” : frais, formalités, transport, logistique. Puis, quand la victime a déjà payé, on annonce un blocage : douane, taxes, BECDOR, fret. Le chiffre grimpe d’un coup. La victime paie pour ne pas perdre ce qu’elle a déjà payé. C’est calculé.
CNC : Vous dites que le schéma est connu. Pourtant, il se répète : 2024, puis Kenya, puis Bangui–Dubaï. Pourquoi ça ne s’arrête pas ?
Ibrahim Salé : Parce que les réseaux sentent l’impunité. Quand un nom revient dans plusieurs dossiers, quand les mêmes méthodes reviennent d’un pays à l’autre, et qu’on ne voit pas de suites claires, la conclusion est simple pour eux : “On peut continuer.” Et ce sentiment d’impunité devient un carburant.
CNC : Dans le dossier Kenya évoqué, le montage est similaire : promesse d’or, documents, paiements, puis disparition. Le fait que ça sorte des frontières change quoi ?
Ibrahim Salé : Ça montre que ce n’est pas une arnaque locale improvisée. C’est un circuit qui s’adapte : un relais recrute, un relais “administratif” produit les papiers, un relais encaisse, puis un autre relais disparaît. La victime, elle, se retrouve à courir entre Bangui, Nairobi, Yaoundé, Dubaï, avec des procédures longues et coûteuses.
CNC : Dans ces affaires, on voit aussi des emails qui ne répondent pas, des sites qui ne fonctionnent pas, des numéros inactifs, des transporteurs introuvables. C’est fait exprès ?
Ibrahim Salé : Oui. L’objectif n’est pas de livrer. L’objectif est de rendre les pistes fragiles, de casser la traçabilité, et de fatiguer la victime.
CNC : Vous êtes expert centrafricain de l’or et du diamant. Si vous deviez donner un signal d’alerte simple à un investisseur, ce serait lequel ?
Ibrahim Salé : Si on vous demande de payer des “taxes” ou des “frais de sortie” en espèces ou en crypto à des particuliers, stop. Si on vous pousse à voyager vite pour “finaliser”, stop. Si les structures changent de nom au fil des jours, stop. Et si la preuve principale, c’est un tampon, stop.
CNC : Beaucoup d’auditeurs retiennent une chose : on “vole au nom de l’État” et parfois on “rassure au nom de Dieu”. Vous maintenez ce constat ?
Ibrahim Salé : Oui, et je le répète calmement : Dieu n’a rien à voir avec ça. Ce sont des hommes qui utilisent le nom de Dieu pour endormir, exactement comme ils utilisent des cachets pour endormir. Les deux sont des outils de manipulation.
CNC : Si vous aviez une question à poser aux autorités, en lien direct avec nos enquêtes de 2024, avec le relais kenyan, et avec le dossier Bangui–Dubaï, ce serait laquelle ?
Ibrahim Salé : Où sont les procédures visibles qui cassent la chaîne ? Qui est entendu, qui est poursuivi, quels comptes sont gelés, quelles demandes d’entraide sont envoyées, quelles arrestations sont annoncées quand les faits sont établis ? Tant qu’on ne voit rien, les réseaux vont continuer, et les mêmes noms vont réapparaître.
CNC : Un dernier mot, pour boucler la boucle : de l’enquête CNC du 13 août 2024 à l’affaire Kenya, puis à la plainte de novembre 2025, qu’est-ce que ça raconte sur le pays ?
Ibrahim Salé : Ça raconte qu’un système a pris de l’avance sur l’État. Pas parce que c’est plus intelligent, mais parce que l’État laisse faire, ou n’arrive pas à frapper. Tant que cette impunité tient, l’arnaque va traverser les frontières, salir la réputation du pays, et attirer d’autres victimes. La répétition n’est pas un hasard, c’est un signal.
CNC : Monsieur Ibrahim Salé, je vous remercie.
Ibrahim Salé : Merci à vous.
Propos recueillis par Alain Nzilo, directeur de publications.
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![LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L’ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY LE MYSTÈRE DES 34 MILLIARDS DE LA COMMUNAUTÉ ISLAMIQUE : RÉVÉLATIONS SUR LE COMPLOT DE L'ANCIENNE ÉQUIPE du conseil supérieur islamique ET LE CAS MAMADOU RAMADY Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , Une confrontation électrique, une base confessionnelle en ébullition et un voile qui se déchire sur l'un des plus grands scandales financiers de l'histoire de la République Centrafricaine. Le mardi 23 juin 2026, la concertation organisée à la mosquée de Yapéré (Bangui) par l'actuel président du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), l’Imam Abdoulaye Ouassélégué, s’est muée en un face-à-face d'une violence rare. Face aux interrogations des fidèles, les langues se sont déliées. Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
