Il voudrait dénoncer son collègue militaire, il se retrouve piégé par son propre mensonge. Comment un ex-rebelles de 3R trahit Touadera et les mercenaires russes sur Am-Dafock

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Il voudrait dénoncer son collègue militaire, il se retrouve piégé par son propre mensonge. Comment un ex-rebelles de 3R trahit Touadera et les mercenaires russes sur Am-Dafock

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

À Am-Dafock, un sergent des Forces armées centrafricaines a dénoncé l’incorporation massive dans les forces armées centrafricaines des ex-rebelles tchadiens venus en RCA manœuvrer dans les groupes armés, en plus ils ne parlent même pas sango. Trois jours plus tard, la réponse de ses propres collègues qui sont des ex-rebelles n’a fait que confirmer ses propos.

Une ville reprise dans la précipitation

Le 30 juin dernier, une coalition de rebelles centrafricains a pris d’assaut la ville centrafricaine d’Am-Dafock, située à 65 km de Birao, à la frontière avec le Soudan. Les rebelles ont occupé la ville pendant une semaine. Pendant ce temps, les soldats des Forces armées centrafricaines et les gendarmes ont pris la fuite pour se réfugier à la base de la Minusca.

Pour mener la contre-offensive, le gouvernement s’est appuyé, comme d’habitude, sur les mercenaires russes du groupe Wagner. Comme vous le savez, ces mercenaires de Poutine aiment beaucoup utiliser des hommes comme des chairs à canon pendant qu’eux restent en retrait. Ils ont donc récupéré massivement d’anciens rebelles du 3R, de l’UPC (Union pour la paix en Centrafrique) et du MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique), et les ont amenés à Am-Dafock pour la contre-offensive.

Ils ont repris la ville le jour même. Les rebelles venus en renfort ont ensuite pris le relais des éléments des Forces armées centrafricaines qui avaient fui la ville avant leur arrivée.

Un sergent Faka dénonce des recrues qui ne parlent pas sango

Parmi les éléments envoyés sur place se trouvait un sergent de l’armée nationale, le soldat Faka. Il a constaté le comportement de ces ex-rebelles et a dénoncé la situation : selon lui, ce sont des gens qui ne savent même pas parler la langue nationale.

Le sergent a dit qu’il était incroyable qu’on ait pu incorporer des gens qui ne parlent pas sango et dont les parents, venus du Tchad, franchissaient la frontière en masse pour leur rendre visite dès qu’ils apprenaient qu’ils étaient à Am-Dafock.

Le sergent Faka a fait ces déclarations graves publiquement. Se sentant pris à la gorge, les ex-rebelles ont choisi l’un des leurs pour répondre.

Une réponse qui tourne à la confession

Ce dernier, se présentant comme sergent, matricule 2026 donc formé en 2026 a affirmé que le sergent Faka qui faisait ce discours sur les réseaux sociaux était en réalité un voleur, qu’il avait l’intention d’aller braquer du bétail à des éleveurs de brousse, et que c’est pour cette raison que les anciens auraient refusé de le suivre.

Ce type de mensonge est pathétique. Pour tenter de décrédibiliser une dénonciation réelle et courageux, il faut chercher une justification aussi grotesque que celle-là.

Mais en écoutant ce monsieur qui a répondu, on comprend vite qu’il ne sait même pas parler sango, la langue nationale. Il bricole quelques mots, comme quelqu’un qui ne serait venu que quelques jours à Bangui. Et pourtant, c’est censé être celui qui sait parfaitement parler le meilleur sango parmi ces ex-rebelles, celui qu’ils ont choisi pour porter leur parole.

Des Tchadiens dans l’armée nationale

En écoutant ce monsieur qui prétend être un ex-rebelle du 3R, on sent que ce n’est pas un Centrafricain. On dirait quelqu’un qui vient d’arriver dans le pays depuis un mois ou deux, et qui tente tant bien que mal de parler la langue nationale.

Le sergent Faka a raison. La plupart de ces éléments, comme il l’a dénoncé, ne savent pas parler sango. Et quand ils arrivent à Am-Dafock, leurs parents franchissent la frontière du Tchad en masse pour venir les rencontrer. Ce sont bien des Tchadiens.

Pour comprendre cette histoire, il faut remonter un peu en haut. En effet, dès que ces jeunes tchadiens apprennent qu’il y a une opération de désarmement en RCA, ils traversent la frontière du pays pour en profiter et intégrer l’armée nationale, comme cela se fait depuis des années. Ils savent que chez nous, le désarmement finit toujours par une intégration dans l’armée, et ils en profitent. On estime que 90% de ces éléments sont des Tchadiens.

Un démenti qui se retourne contre son auteur

Celui qui a tenté de démentir le sergent Faka s’est en réalité trahi lui-même. Il croit parler sango, mais ce n’est pas le cas. On connaît les gens qui parlent réellement sango. Prenant le cas de monsieur Issa-Be Amadou, un peul centrafricain , quand il parle, tout le monde sait que c’est un vrai centrafricain. Même le porte-parole du mouvement 3R, lui, parle correctement la langue nationale. Tout le monde sait que c’est un vrai centrafricain.

En voulant démentir son collègue et prouver qu’il parlait sango, cet homme s’est donc discrédité lui-même. Le sergent Faka avait raison : l’armée nationale a incorporé essentiellement des Tchadiens à Am-Dafock.

Par Arsène Féimonazoui

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