Hugues Francis Mongombé : « Une campagne de chicote électorale contre les opposants »

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Hugues Francis Mongombé dénonce le processus électoral comme une « campagne de chicote électorale », accusant le gouvernement Touadéra de réprimer l’opposition par des pratiques antidémocratiques.
Dans l’émission Débat Patara sur la radio Ndèkè -Luka, animée par Armando Yanguendji, Hugues Francis Mongombé, vice-président du parti ITA, a livré une critique cinglante du processus électoral centrafricain, qualifiant les Élections prévues pour le 28 décembre 2025 de « campagne de chicote électorale ». Face à Davy Yama, commissaire à l’Autorité Nationale des Élections (ANE), Mongombé a dénoncé un système conçu pour punir et marginaliser l’opposition, accusant le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra de manipuler les règles électorales pour consolider son pouvoir. Ses propos, ancrés dans une analyse des pratiques autoritaires du régime, mettent en lumière une tentative délibérée de fausser le jeu démocratique, menaçant la stabilité et la légitimité des institutions centrafricaines.
Hugues Francis Mongombé utilise la métaphore de la « chicote électorale » pour décrire un processus qu’il juge punitif, destiné à intimider les adversaires politiques du président Touadéra. « Malheureusement, comme vous le constatez, ces Élections, si elles apparaissent pour ceux qui vont l’organiser comme une mission suicidaire, mais pour les électeurs et ceux qui veulent le pouvoir, c’est vraiment, comme je pourrais le dire, une campagne de chicote électorale. Allez-y, allez-y, allez-y, tant pis, si ça va ou ça va pas, allez-y », déclare-t-il. Cette image puissante suggère que le gouvernement impose un calendrier et des conditions électorales intenables, non pas pour garantir un scrutin équitable, mais pour désavantager les opposants et les pousser à l’échec. Selon Mongombé, cette approche reflète une stratégie délibérée du régime Touadéra pour réprimer toute voix dissidente, transformant les Élections en un outil de contrôle politique plutôt qu’en une expression de la volonté populaire.
Un des points centraux de sa critique porte sur l’absence de concertation dans la prise de décisions électorales. La constitution et le code électoral exigent un cadre de concertation permanent, réunissant le gouvernement, les partis politiques et la société civile, pour garantir un processus transparent et inclusif. Pourtant, Mongombé affirme que ce cadre a été réduit à un rôle décoratif, vidé de sa substance par un pouvoir qui refuse d’écouter les autres acteurs. « Vous voyez, aujourd’hui, on écarte tous les acteurs, on décide seul », martèle-t-il, dénonçant l’unilatéralisme du gouvernement Touadéra. Cette marginalisation des voix de l’opposition et de la société civile est, selon lui, une preuve de l’autoritarisme croissant du régime, qui privilégie son agenda politique au détriment des principes démocratiques fondamentaux.
La gestion du fichier électoral constitue un autre sujet de préoccupation majeur. Mongombé s’insurge contre la décision de permettre à environ 8 000 électeurs de voter sans carte biométrique, en s’appuyant sur des pièces d’état civil. Il qualifie cette mesure de « nid à la fraude », arguant qu’elle viole l’article 29 du code électoral, qui exige des garanties de fiabilité pour toute modification des règles d’identification des électeurs. Cette décision, validée par le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapande, sans consensus préalable, est perçue comme une tentative claire de manipuler le scrutin. Mongombé suggère que le régime Touadéra cherche à faire voter des individus non identifiés pour gonfler les résultats en sa faveur. « Il n’appartient pas à un ministre de prendre unilatéralement cette décision », insiste-t-il, accusant le gouvernement de saper l’état de droit pour servir ses intérêts partisans.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)