Haut-Mbomou : un interprète de Wagner tué à Kadjéma

Rédigé le 11 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Ce mardi 10 mars 2026, la localité de Kadjéma a été agitée par des tirs nourris pendant de longues heures, avant que les mercenaires russes n’annoncent la mort de leur interprète, un centrafricain originaire de Batangafo.
La mort des interprètes des Wagner en RCA n’est plus une nouvelle qui surprend grand monde en République centrafricaine. Tous les deux ou trois mois, une annonce de ce genre tombe quelque part sur le territoire national, comme si ces mercenaires cherchaient méthodiquement à effacer ceux qui ont trop vu, trop entendu. C’est devenu une sorte de rituel silencieux, presque attendu.
C’est dans ce contexte que Kadjéma, petite localité située sur l’axe Mboki-Obo dans la sous-préfecture d’Obo, a vécu une matinée hors du commun ce mardi. Peu avant midi, des détonations d’une rare densité ont éclaté dans la zone, semant la stupeur parmi les habitants. Les tirs, dit-on, venaient d’une seule direction.
Ce détail n’a pas échappé à la population locale. Dans un échange de tirs entre deux camps, les détonations viennent de part et d’autre. Là, tout indiquait une seule source. Quelques minutes après ce vacarme, les mercenaires russes ont annoncé qu’ils venaient de subir une attaque de miliciens Azandés, au cours de laquelle leur interprète avait perdu la vie.
Mais à Kadjéma, personne n’a avalé cette version. Les habitants connaissent leur village, ils savent qui circule, qui est présent, qui ne l’est pas. L’idée d’une attaque surprise de miliciens Azandés dans ce secteur ce jour-là ne tient pas debout pour ceux qui vivent là. Le doute s’est installé rapidement, et il est lourd.
Ce qui renforce la méfiance, c’est que ce scénario a déjà été joué ailleurs. À Zémio, il y a quelques mois, un interprète de Wagner, originaire de Bocaranga avait été tué dans des conditions tout aussi nébuleuses. Les mercenaires avaient alors avancé que l’homme avait malencontreusement déclenché son propre fusil en montant sur un véhicule blindé, et que la balle l’avait atteint. Une explication que beaucoup avaient jugée cousue de fil blanc. Dans la région de Bouar, un autre interprète avait connu le même sort l’année précédente.
Le corps de l’interprète tué à Kadjéma a déjà été rapatrié vers Bangui dans la journée de ce mardi. La précipitation avec laquelle ce transfert a été organisé n’a pas non plus manqué d’être remarquée par les populations du coin. Les interprètes de Wagner sont des hommes du terrain, ils parlent les langues locales, ils entendent ce que les mercenaires russes ne peuvent pas entendre directement.
Par Éric Nzapa
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