Gouverner, c’est faire des choix” : Martin Ziguelé plaide pour une diplomatie équilibrée en Centrafrique

L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé critique l’alignement exclusif et prône une gestion pragmatique des relations internationales centrée sur l’intérêt national.
Rédigé le 08 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président du MLPC développe sa vision d’une diplomatie centrafricaine plus nuancée et stratégique.
Martin Ziguelé pose d’emblée le principe fondamental : “Gouverner, c’est faire des choix.” Mais pour lui, ces choix ne doivent jamais être exclusifs en matière de relations internationales. L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé questionne la stratégie actuelle : “Est-ce qu’on est obligé de faire un choix unique en matière de relations internationales ?”.
Sa réponse s’appuie sur l’observation des pratiques diplomatiques mondiales. “Qu’est-ce que font les dirigeants de tous les pays ? Ils recherchent l’intérêt de leur pays. Ils cherchent à équilibrer leurs relations”, explique-t-il. Cette approche pragmatique consiste à “préserver des acquis” tout en “améliorant les marges de manœuvre”.
Pour Martin Ziguelé, la règle d’or reste simple : “On ne prend pas la décision de rééquilibrer les relations en sacrifiant les acquis”. Une leçon que la réalité semble avoir imposée au gouvernement actuel, à travers cette “feuille de route avec la France” qui témoigne d’un retour progressif vers plus d’équilibre.
L’homme politique rejette catégoriquement les accusations de parti pris. “Ce n’est pas une question de France”, insiste-t-il. “Je ne suis pas français. Je n’ai pas la nationalité française. Je n’ai jamais étudié un jour en France”. Cette précision personnelle vise à couper court à toute “manipulation politique” qui voudrait le présenter comme “pro-français”.
Son parcours parle pour lui : “Je suis centrafricain et je n’ai que la nationalité centrafricaine. J’ai fait toutes mes études en Centrafrique, puis au Cameroun”. Une biographie qui, selon lui, le met à l’abri de tout soupçon d’influence extérieure.
Martin Ziguelé recourt ensuite à une métaphore familière pour expliquer sa vision de la gouvernance. “Lorsque vous êtes un chef de famille, votre épouse doit nourrir la famille avec ce que vous lui remettez”, commence-t-il. Si les ressources ne suffisent pas, “vous vous battez ensemble pour améliorer”, mais “vous ne dites pas que je vais démissionner du travail qui me permet de lui donner 1000 francs par mois pour faire le tour de la ville en espérant gagner 5000 par jour”.
Cette comparaison domestique révèle sa philosophie politique : “La gestion d’un État, c’est la gestion d’un bon père de famille. C’est une question de bon sens”. Une approche qui privilégie la prudence et la continuité sur les paris risqués.
L’ancien Premier ministre mobilise aussi son expérience professionnelle. “Je rappelle que je suis assureur de métier”, précise-t-il. Cette formation lui a appris que “le monde n’a pas commencé avec nous” et qu’il repose sur “des rapports de force”. Dans ce contexte, chaque dirigeant doit veiller à ce que “son pays soit le moins empêtré dans des problèmes inextricables”.
La conclusion de Martin Ziguelé dessine une voie claire : “Vous ne créez pas les problèmes vous-même. Vous utilisez la géopolitique, vous utilisez les relations internationales pour résoudre les problèmes qui vous semblent prioritaires pour votre pays”.
Cette vision pragmatique tranche avec les choix diplomatiques actuels. L’ancien chef du gouvernement appelle à une diplomatie plus mature, qui sache tirer parti de tous les partenariats sans tomber dans la dépendance exclusive. Une leçon de realpolitik que sa longue expérience des affaires publiques lui permet de formuler avec autorité.
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