Gouvernement Dondra, quand la présidence donne les raisons du limogeage du ministre Kazagui, les Centrafricains s’interrogent

Publié le 27 avril 2022 , 8:11
Mis à jour le: 27 avril 2022 4:23

 

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le lundi 25 avril 2022

 

Bangui (CNC) – Cest du moins pour la première fois que la présidence, à travers les conseillers du chef de l’État Faustin Archange Touadera, tente de justifier, ou du moins, donner des raisons qui auraient poussé le Président de la République à  ne pas reconduire Monsieur Ange-Maxime Kazagui, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement Ngrebada dans le gouvernement Dondra. Pour la présidence, la raison est simple : vol aggravé. Cest aussi la même raison pour Marie-Noëlle Koyara, selon eux. Mais les raisons évoquées par la présidence poussent les Centrafricains à se questionner.

 

Réélu en décembre 2020 lors d’une élection très controversée et bâclée, le chef de l’État Faustin Archange Touadera a formé le premier gouvernement de son deuxième mandat le 24 juin 2021, c’est-à-dire six mois après sa « réélection ». Mais dans ce nouveau gouvernement, certains ministres poids lourds et grand défenseur du gouvernement NGRÉBADA n’ont pas été reconduits. Parmi eux, Monsieur Ange Maxime Kazagui, ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, mais aussi Marie-Noëlle Koyara, ministre de la Défense et de la Reconstruction de l’armée.

Dix mois plus tard, la présidence, à travers les conseillers du chef de l’État, tente de donner les raisons de la non-reconduction de ces ministres dans le gouvernement Dondra.

 

Ange-Maxime Kazagui, un voleur pris en flagrant délit

 

Selon les proches du pouvoir, si la présidence se doute trop de relation du ministre, porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui avec la France et qui peut lui coûter son poste, c’est avant tout son profil de voleur qui l’a rattrapé si vite.

En 2020, d’après la Présidence, le ministre Ange-Maxime Kazagui aurait été pris en flagrant délit du vol d’un grand générateur qu’il aurait vendu à un Libanais à Bangui. D’après elle, c’est un générateur tout neuf, destiné à l’alimentation d’une radio rurale, et entreposé dans un local au ministère de la Communication à Bangui.  Selon ces proches du chef de l’État, c’est un groupe électrogène qui a une valeur de plusieurs centaines de millions de francs CFA. Mais le ministre Kazagui, à travers ses deux collaborateurs, est allé le récupéré en cachette avant de le vendre à un Libanais à Bangui.  Or, le Président de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, informé de la nouvelle, est allé avec les éléments de la garde présidentielle, récupérer ledit groupe électrogène chez le Libanais et aller le déposer à la présidence de la République comme preuve palpable. Et c’est aussi le même cas pour la ministre de la Défense, madame Marie-Noëlle Koyara.

 

Marie-Noëlle Koyara, une autre ministre voleuse du gouvernement NGRÉBADA?

 

Si tout le monde ou presque sait que l’ancienne ministre de la Défense et de la Reconstruction de l’Armée, madame Marie-Noëlle Koyara fut l’un des ministres les plus proches du chef de l’État, nombreux sont ceux qui ignorent qu’elle faisait partie du clan mafieux du gouvernement Ngrebada.

Épinglée dans un rapport de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, Marie-Noëlle Koyara avait été cité dans un scandale du détournement des fonds au ministère de la Défense. Selon la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, elle aurait participé à un vaste détournement des fonds dont le montant pourrait s’élever à environ Rn milliard deux cent trente-sept millions neuf cent soixante-dix-neuf mille deux cent quatre-vingt-douze francs (1.237.979.292 F).

Selon la présidence de la république, le chef de l’État, vu le rapport de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, avait jugé mieux de ne pas la reconduire dans le gouvernement Dondra, le premier de son deuxième quinquennat.

 

À quoi joue la présidence de la république ?

 

Pour les proches du chef de l’État Faustin Archange Touadera, ceci n’est ni moins mi plus une sanction sévère liée à l’impunité promue par le Président de la République lors de son investiture. Or, les Centrafricains pensent que Touadera ne fait que protéger ses amis présumés auteurs du détournement avec lui, des deniers publics. Deux poids deux mesures selon les membres de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance.

Prenant le cas de l’ancien ministre Régis Lionel Dounda, proche de l’opposition, qui a été épinglée dans un simple rapport de l’inspection générale d’État, a été placé en détention depuis plus d’un an alors que d’autres ministres, proche du régime que la présidence, épinglés dans plusieurs rapports de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance et qui reconnaissent, en plus, formellement leur inculpation dans des actes de vol et de grave détournement des deniers publics, sont totalement en liberté.

Affaire à suivre…

 

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