France : A Angers, l’hommage de ses confrères à la photoreporter Camille Lepage

Publié le 15 juin 2014 , 6:09
Mis à jour le: 15 juin 2014 6:09

Par: AFP

ANGERS (AFP) – Maryvonne Lepage (d), la mère de Camille Lepage représentée sur une photo géante, la jeune photoreporter française tuée la semaine dernière en Centrafrique, à Angers le 19 mai 2014.

Près de 200 personnes, dont bon nombre de ses consœurs et confrères journalistes, ont rendu hommage en présence de ses proches lundi midi à Angers, sa ville natale, à Camille Lepage, la jeune photoreporter française tuée la semaine dernière en Centrafrique.

“Camille a payé le prix fort pour sa passion. Pour nous, il n’était pas pensable qu’on ne lui rende pas un hommage à hauteur de son engagement et de son talent”, a justifié Anthony Bellanger, secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ), à l’origine de cette cérémonie avec la Fédération internationale des journalistes.
“Il est très compliqué aujourd’hui de vivre du photojournalisme. C’est encore plus compliqué de vendre ses photos quand on travaille dans des zones auxquelles les médias ne s’intéressent pas”, a souligné Anthony Bellanger.

Après une minute de silence, en présence de la famille de Camille Lepage et d’élus locaux, ses confrères et consoeurs qui l’ont côtoyée ces derniers mois sur le terrain ont salué sa mémoire, à l’image de William Daniels qui a travaillé avec elle en Centrafrique.
“C’était une personnalité très attachante avec une super énergie. Quand j’étais fatigué, elle était là pour me remonter et, avec le recul et en dépit de la différence d’âge, je pense qu’elle m’a apporté beaucoup plus, par sa persévérance, sa motivation, que je ne lui ai apporté. C’est très triste parce qu’elle avait beaucoup d’avenir.”
Photographe à l’Agence France-Presse, Fred Dufour, qui a travaillé à ses côtés à Bangui, a évoqué, très ému, “son courage, son envie d’informer”, sa décontraction même dans les moments de grande tension à Bangui.
“Je la vois avec quatre-cinq personnes, des garçons, des filles, s’amusant, les prenant en photo, leurs montrant les images sur son boîtier. Je la voyais décontractée, sourire et discuter avec eux. Elle prenait son temps, le temps qu’il faut pour parler aux gens. Camille, c’est notre petit Capa à nous. Qu’elle soit en commande, en CDD, en CDI, elle aurait fait la même chose. Elle aurait pris les mêmes risques pour raconter ce qui ne se voit pas.”

Maryvonne Lepage, la maman de la photoreporter, a pris la parole en dernier, rappelant les deux facettes de la personnalité de sa fille, sa “joie de vivre” et, “sous un aspect beaucoup plus sérieux”, “son engagement, sa force et sa passion pour son métier”.

La cérémonie s’est déroulée en extérieur dans une petite impasse, la promenade du Bout du monde, dominant la Maine, face au château d’Angers.
Les obsèques de Camille Lepage seront célébrées mardi matin en la cathédrale d’Angers.

© 2014 AFP

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