
Après deux mandats calamiteux à la magistrature suprême de l’État caractérisés par la sous-traitance entière de notre souveraineté aux mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner, la constitution du 30 mars 2016 a été injustement présentée comme un bouc emissaire pour éviter d’affronter les véritables causes ou de désigner les vrais responsables de la descente aux enfers du peuple centrafricain.
Ainsi la constitution du 30 mars 2016 qui est la seule loi fondamentale derivée d’une large consultation populaire à la base a été présentée comme l’émanation du neocolonialisme, que la nouvelle constitution permettrait de corriger certaines insuffisances, d’adapter la constitution aux réalités socio-économiques centrafricaines, de favoriser la croissance et l’émergence économique surtout de donner une nouvelle impulsion au développement socio-économique du pays.

Ces manœuvres dolosives conjuguées avec le concours de l’autorité Nationale des Élections et du Conseil constitutionnel ont permis de travestir la volonté souveraine du peuple pour favoriser l’avènement de la septième République.
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Ainsi, la problématique qui constitue l’essence de notre analyse consiste à scruter de façon chronologique les actes politiques posés par la dictature de Bangui depuis le passage en force du nouveau mandat illégal jusqu’à ce jour pour essayer de comprendre le processus de l’effondrement de la structure étatique et la résurgence brutale de la crise des hydrocarbures qui fragilise non seulement le tissu économique du pays mais également un peuple déjà agonisant et sous perfusion.
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Ainsi en ordre chronologique, on a assisté le 30 mars 2026 à l’installation du nouveau pouvoir de Bangui c’est-à-dire la prestation du serment ou l’investiture du Président de la République qui marque l’avènement de la fameuse septième République.
Malgré un bilan où tout le tableau synoptique est au rouge, le premier ministre a été reconduit ainsi que la quasi-totalité des membres du gouvernement.
Le premier gouvernement de la septième République s’est ainsi attelé à l’organisation du deuxième tour des élections législatives et à l’installation des députés de la huitième législature de l’assemblée nationale.
Animé par le sentiment de bien faire, le gouvernement a organisé du 5 au 8 juin 2026 un séminaire gouvernemental d’où sont ressorties 107 recommandations pour clarifier la vision du Président de la République et d’en faire un plan d’action gouvernemental.
De ce séminaire, le chef du gouvernement a instauré le lundi patriotique qui consiste à la montée de drapeau tous les lundi de la semaine suivie d’une campagne de sensibilisation dans tous les départements ministériels.
Quelques semaines plus tard c’est à dire le 2 juillet 2026, l’on a assisté à la déclaration de politique générale qui engage le gouvernement devant l’assemblée nationale.
Compte tenu du caractère monocolore de l’assemblée nationale, la déclaration de politique générale a été votée à un score soviétique par 103 députés contre 3 et avec 2 abstentions, ce qui constitue selon eux une légitimation parlementaire de la feuille de route gouvernementale.
Au delà de la perte de temps consacré par le gouvernement pour s’acharner sur le Président de l’URCA sur la question de la binationalité, il apparaît important de souligner que l’inaudibilité du pouvoir de Bangui ne résulte pas seulement de la crise des hydrocarbures mais d’une accumulation de frustration et de déficit entre les autorités et le peuple.
En conséquence de ce qui précède, la revendication citoyenne ne se limite plus à la hausse du prix du carburant mais elle devient institutionnelle car le pouvoir de Bangui a prouvé qu’il n’était plus à la hauteur de sa mission et des attentes de la population.
Lassé par les discours mensongers et manipulateurs des différents acteurs de la septième République, le citoyen lambda s’interroge :
1- Comment la faillite de la septième République a t-elle conduit à la hausse brutale et disproportionnée du prix des produits pétroliers ?
2- La hausse du prix du carburant traduit-elle une rupture du contrat social au point de rendre le discours du pouvoir inaudible ?
3- À défaut d’un mensonge d’Etat, comment la crise des hydrocarbures peut-elle surprendre un gouvernement qui est dirigé par un expert du ministère du plan qui a vocation à concevoir, à programmer, à coordonner et à suivre les politiques et les programmes de développement socio-économique du pays ?
4- Cette période au delà des cent jours du gouvernement n’est-elle pas suffisante pour offrir au peuple un cimetière, un stade, des écoles, des hôpitaux, des routes, de l’eau et l’électricité ?
En tout état de cause, il y’a un décalage entre le discours officiel du pouvoir et la réalité quotidienne de la population au point d’affaiblir l’autorité de la parole publique.
On ne peut pas essorer tout un peuple à travers la hausse du prix des hydrocarbures pendant que l’Etat mène une vie de prince au frais du contribuable.
Au delà de tout, le peuple a pris acte d’une table ronde interactive du gouvernement sur le bilan des cent jours qui vraisemblablement devrait être un devoir de redevabilité envers le peuple s’est brusquement érigée en un lynchage, un réquisitoire agressif et violent contre un professionnel de media qui n’a pour mission que de collecter, de traiter, de vérifier et de diffuser des informations au public.
Nous tenons à rappeler à cette tribune que dans les grandes démocraties à travers le monde, le droit de manifester est garanti par la constitution et face au refus du gouvernement devenu endémique, nous soutenons la journée “ville morte” du 12 octobre 2026 organisée par une partie de la société civile centrafricaine.
Cette journée ville morte est une forme de protestation démocratique qui consiste à rester tranquillement chez soi en paralysant la vie économique et sociale du pays.
En attendant que le peuple de Boganda se réveille de son sommeil onirique pour siffler la fin de la récréation,
La mise en place de la septième République par le gouvernement a entraîné des répercussions directes sur l’approvisionnement en carburant à travers tout le pays.
les paisibles habitants de Limassa qui ne se lassent dans leur combat soutenus par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car le seuil de tolérance est atteint.
Il faut savoir à titre de rappel que la démission n’est pas une faiblesse, un désaveu ni une fuite en avant mais un acte de noblesse, de responsabilité et de maturité politique.
Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de larmes, de remord et de la désolation…
Si je savais serait trop tard Monsieur le Président.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Limassa le 10 Octobre 2026.
Bernard SELEMBY DOUDOU.
Juriste, Environnementaliste.
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