Exclusivité : Dans les coulisses de la nomination de maxime Balalou au gouvernement Moloua 3. Pourquoi a-t-on appelé le ministre maxime Balalou madame maxime Balalou lors de sa nomination ?

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Exclusivité : Dans les coulisses de la nomination de maxime Balalou  au gouvernement Moloua 3.  Pourquoi a-t-on appelé le ministre maxime Balalou  madame maxime Balalou  lors de sa nomination ?

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 La lecture du décret de nomination des nouveaux membres du gouvernement Moloua 3 à la radio a provoqué une confusion inattendue pour les centrafricains. Que s’est-il réellement passé ?Retour sur les coulisses de la nomination de Maxime Balalou au ministère du Commerce après un changement rapide.

 

Comme dans tous les pays du monde, la vie politique reste dictée par les grands changements au sommet de l’administration publique, où chaque décret redéfinit les équilibres du pouvoir. Les nominations au sein de l’exécutif attirent toujours l’attention de toute la population, car le choix des visages ministériels détermine la direction économique et sociale que prend le pays pour les années à venir. Dans ce contexte, l’histoire des institutions se construit à travers des étapes successives bien distinctes, à commencer par le premier gouvernement Moloua qui avait posé les bases de l’équipe ministérielle. Par la suite, le décret du 4 janvier 2024 avait officiellement mis en place le gouvernement Moloua 2, modifiant une première fois les responsabilités de chacun. Enfin, c’est la date récente du 21 mai 2026 qui a vu naître le gouvernement Moloua 3, une formation attendue de pied ferme par la classe politique et l’opinion publique.

 

Le récent remaniement pour la mise en place du gouvernement Félix Moloua 3 a plongé le palais présidentiel dans une agitation totale. Avec le début de ce troisième mandat, la situation économique difficile du pays a provoqué une bousculade immense dans les couloirs du pouvoir. Des dizaines de cadres, de politiciens et d’alliés de gauche à droite ont joué des coudes de toutes les manières possibles pour obtenir une place avantageuse dans l’administration ou décrocher un portefeuille ministériel. Les demandes de récompense politique étaient tellement nombreuses que l’équipe du dictateur Touadéra s’est retrouvée complètement embourbée, incapable de satisfaire tout le monde avec le nombre limité de ministères disponibles dans la nouvelle équipe.

 

Dans ce chaos de dernière minute, les arbitrages les plus importants ont été modifiés jusqu’au tout dernier instant avant la publication. À l’origine, la liste officielle rédigée sur papier attribuait le ministère du Commerce à Madame Jennifer Saraiva Yanzere, qui avait occupé les fonctions de ministre de la Culture sous le premier gouvernement Moloua. Tout était validé et verrouillé pour son grand retour. Madame Jennifer Saraiva Yanzere avait même reçu la confirmation directe et officielle de la part des plus proches collaborateurs du président de la République. Ravie de ce retour aux affaires de l’État, elle avait déjà commencé à faire la fête avec ses proches, sa famille et ses soutiens politiques, certaine de réintégrer l’équipe gouvernementale.

 

C’est alors que le dictateur est intervenu personnellement pour imposer ses choix. Maxime Balalou, qui occupait le poste stratégique de ministre de la Communication et de porte-parole du gouvernement au sein de l’équipe Moloua 2, s’était battu corps et âme pour défendre le régime en place. Touadéra refusait catégoriquement de perdre un tel serviteur et tenait absolument à le maintenir dans l’exécutif. Face à l’absence de portefeuille disponible pour lui sur la liste finale, le chef de l’État a ordonné à ses équipes de lui trouver une place à tout prix. C’est ainsi que Maxime Balalou  a été ramassé en urgence pour être parachuté au ministère du Commerce, une décision de dernière minute destinée à récompenser sa fidélité politique.

 

Ce choix tardif imposait d’écarter et de sacrifier Madame Jennifer Saraiva Yanzere au tout dernier moment. Moins de quarante-cinq minutes avant la lecture du décret officiel sur les ondes de la radio nationale, le dictateur Touadéra a dû appeler personnellement Madame Jennifer Saraiva Yanzere au téléphone pour lui annoncer sa mise à l’écart soudaine. Il lui a demandé de rester calme, de digérer la nouvelle et d’attendre une prochaine opportunité lors d’un futur décret. Cette dernière a accepté la décision présidentielle, ouvrant la voie à une modification ultra-rapide et totalement improvisée du document officiel.

 

Dans la panique générale et la précipitation, les secrétaires de la présidence ont effacé le nom de Jennifer Saraiva Yanzere pour écrire à la place celui de Maxime Balalou. Cependant, l’équipe technique a commis une erreur grossière en oubliant d’effacer le titre de civilité qui précédait le nom initial. Le mot Madame est resté intact sur le papier officiel. Lors de la proclamation officielle du décret à la population centrafricaine, le lecteur de la radio a lu fidèlement et textuellement ce qui était écrit sous ses yeux, nommant officiellement et publiquement un homme au poste de ministre sous l’identité de Madame Maxime Balalou.

 

Il y’a lieu de rappeler que madame Maxime Balalou fait partie de l’équipe gouvernementale de Faustin-Archange Touadéra depuis 2016. Lors de la mise en place du premier gouvernement Moloua en juin 2021, sa position avait été reconduite par le chef de l’État. Cependant, son parcours au sein de l’exécutif a été marqué par de multiples sauvetages de dernière minute, le ministre ne brillant pas par ses résultats politiques, jugés quasiment nuls.

 

Lors de la formation du gouvernement Moloua 2 le 4 janvier 2024, la présidence avait décidé de ne pas retenir son nom, l’éjectant ainsi de la liste officielle. Mais au moment de la signature finale du décret, Faustin-Archange Touadéra a constaté son absence et est entré dans une vive colère. Le chef de l’État a pris son stylo pour rayer personnellement le nom de Monsieur Ghislain Diori, qui était déjà désigné, afin de réintégrer Maxime Balalou en urgence comme ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

 

Cette situation s’est répétée lors du remaniement pour le gouvernement Moloua 3 le 21 mai 2026. Écarté une nouvelle fois de la liste initiale au profit d’un autre nom, Maxime Balalou a dû son salut à l’intervention directe de Faustin-Archange Touadéra, qui a exigé son retour immédiat dans l’équipe. Sauvé de justesse à deux reprises, en janvier 2024 puis en mai 2026, il a cette fois été parachuté directement au ministère du Commerce.

 

Par Alain Nzilo

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