En Centrafrique, un peu plus de deux semaines après son adoption, la cryptomonnaie est en état de mort cérébrale

Publié le 15 mai 2022 , 8:11
Mis à jour le: 15 mai 2022 8:21

 

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le lundi 16 mai 2022

 

Bangui (CNC) – La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC),  une institution à travers laquelle la Banque centrale commune aux pays de la CEMAC (BEAC) régule les activités de banque, composée de six pays d’Afrique centrale, a envoyé, vendredi 13 mai,  un rappel sur son interdiction de l’utilisation des cryptomonnaies, un peu plus de deux semaines après que la République centrafricaine, un État membre, ait donné cours légal au bitcoin. Au même moment, la COBAC a décidé de prendre un certain nombre de mesures visant à mettre en place un système d’identification et de déclaration des opérations liées aux cryptomonnaies ». Ceci dit, la cryptomonnaie est pour le moment en état de mort cérébrale en République centrafricaine. « Un mort-né », selon des analystes financiers.

 

« Il est interdit aux établissements assujettis ainsi qu’à leurs partenaires techniques dans le cadre des services de paiements d’échanger ou de convertir, de régler ou de couvrir en devise ou FCFA, les transactions relatives aux cryptomonnaies ou ayant un lien avec celles-ci », peut-on lire dans la note de l’institution qui a circulé sur les réseaux sociaux, ce vendredi 13 mai. Ceci dit, il est quasiment impossible pour le pouvoir de Bangui de convertir, de quelques manières que ce soit, leur cryptomonnaie en francs CFA à court terme, à moins que la Centrafrique  décide de se retirer de la zone CFA en faveur de la création de sa propre monnaie. Là encore, c’est un suicide collectif. On pourrait avoir 1 franc CFA égal à 20 000 francs centrafricains. Donc pour aller au centre-ville par exemple, il faut payer le transport public à 1 million de francs centrafricains, alors qu’avant c’est 150 francs CFA.

« Avec une économie 00, un pays qui ne peut même pas fabriquer du papier, nous aurons des billets photocopiés à boy – Rabes, qui ne vaudront rien nulle part, ensuite nous allons acheter un chikwangue avec une brouette de franc centrafricain. Ça ne fait que commencer. Bonne chance », s’inquiète un cadre au ministère des Finances à Bangui.

Les autres interdictions faites par la COBAC concernent la détention à titre propre ou de garantie, ou encore la comptabilisation des cryptoactifs comme contrepartie sur le plan comptable.

Rappelons que cette réaction de la BEAC survient alors qu’on apprend un peu plus sur la manière dont se déploiera l’utilisation des cryptomonnaies en RCA. Le président se fait conseiller par MARA, une plateforme panafricaine de gestion de ces actifs, qui est contrôlée par l’américain Coinbase coté sur le New York Nasdaq.

 

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