Coup de force à l’Assemblée Nationale : Le plan de Touadéra et Ngamana pour évincer Sarandji du perchoir
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Depuis quelques semaines, le climat politique à Bangui prend une tournure inattendue. Faustin Archange Touadéra et Evariste Ngamana semblent avoir accordé leurs violons pour écarter Simplice Mathieu Sarandji de la présidence de l’Assemblée Nationale. Ce qui se joue actuellement dans les couloirs du pouvoir ressemble à un règlement de comptes mûri depuis plusieurs années. Au toile de fond de cette histoire, il y’a des secrets administratifs et manœuvres électorales de dernière minute qui se jouent.
L’origine de la discorde : l’affaire du faux diplôme de Ngamana
Pour comprendre cette hostilité, il faut remonter à l’époque où Faustin Archange Touadéra occupait le poste de Recteur de l’Université et Simplice Mathieu Sarandji celui de Secrétaire Général. À cette période, sous la présidence de François Bozizé, Evariste Ngamana avait soumis son dossier, jouant ses diplômes également au dossier pour intégrer la fonction publique parlementaire.
Alors, la commission chargée d’étudier le dossier d’intégration avait procédé à la vérification des références académiques. À l’université de Bangui, les dossiers arrivent au bureau du secrétariat de l’université. Évidemment, Simplice Mathieu Sarandji qui, après vérification, avait rédigé et signé le rapport officiel notifiant que le diplôme présenté par Ngamana était un faux. Ce document, longtemps resté confidentiel, a fini par apparaître sur les réseaux sociaux au moment où Ngamana accédait à la première vice-présidence de l’Assemblée. Alors, depuis cette fuite, Ngamana voit en Sarandji l’homme à abattre, celui qui détient la preuve de son imposture académique.
La stratégie de l’infiltration électorale
Ne parvenant pas à faire tomber Sarandji par des motions de censure classiques, Evariste Ngamana a investi le terrain technique digne des parrains mafieux. Il a réussi à placer l’une de ses maîtresses à la tête du service informatique de l’Autorité Nationale des Élections (ANE). Malgré les alertes des commissaires de l’ANE sur l’incompétence de cette responsable placée par Ngamana, ce dernier a réussi une fois de plus à convaincre le Chef de l’État Faustin-Archange Touadera et le ministre de l’Administration du Territoire de maintenir sa maîtresse en poste, prétextant des pressions de l’opposition.
Le résultat de ce maintien s’est fait sentir lors du premier tour des législatives. Des candidats ayant obtenu très peu de voix ont vu leurs scores augmenter de manière inexpliquée dans le système informatique. Cette manipulation aurait permis à Ngamana de s’assurer une base d’environ 50 députés “élus” frauduleusement dès le premier tour, prêts à voter pour lui lors de l’élection du perchoir. Parmi ces candidats élus frauduleusement, figure Fleury Pabandji de Bouar 1.
La stratégie mise en place, et un calendrier forcé pour devancer le droit
Le calcul est simple : sur 140 sièges, 50 députés ne suffisent pas pour garantir la victoire de Ngamana si l’on attend la fin complète du processus électoral. Pour sécuriser son accession à la présidence de l’Assemblée, le clan Ngamana-Touadéra a choisi de brusquer les institutions.
L’ouverture de la première session de la huitième législature ce lundi 04 mai 2026 a été lancée alors que le deuxième tour est encore en cours. Cette précipitation vise à installer les députés déjà validés et à organiser le vote du bureau de l’Assemblée avant que l’équilibre des forces ne puisse changer avec l’arrivée des élus du second tour.
Un précédent dangereux
Si ce plan arrive à son terme, la République Centrafricaine verrait, pour la première fois, un homme dont le diplôme a été officiellement déclaré faux par les autorités universitaires accéder à la deuxième personnalité de l’État. Evariste Ngamana, comme tout le monde le sait, est un chef de milice sans scrupules, utilise le mensonge et la pression pour effacer son passé et prendre la place de son ancien supérieur, Simplice Mathieu Sarandji. La tension est à son comble alors que les institutions semblent céder sous le poids de cette stratégie de conquête rapide du pouvoir.
Par Gisèle MOLOMA
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